EN
SAVOIR +
Budget estimé: environ 150 000 euros
Scénario de Mylène Farmer
Clip tourné en Roumanie début février
2005.
L'équipe qui logeait à
l'Athénée Palace Hilton de Bucarest est
restée une semaine sur place.
François Hanss était présent pour le
tournage du making of du clip et Claude Gassian pour des photos du
tournage.
Le clip est diffusé à partir du 09 mars 2005
d'abord dès 08 heures sur M6 puis sur toutes les
chaînes musicales.
Histoire:
Après
California
et
L'Âme-Stram-Gram,
Fuck them all est
le troisième
clip dans lequel on retrouve "deux Mylène".
Une Mylène aux cheveux courts est enfermée dans
une cage qui deviendra son tombeau.
En parallèle, une seconde Mylène, cheveux longs,
entièrement vêtue de noir arrive à
cheval dans une usine désaffectée dans laquelle
elle découvre la cage vide puis le corps sans vie de son
"double". Elle suivra alors des corbeaux qui la mèneront
à des épouvantails qu'elle détruira
avec un sabre trouvé planté dans le corps de la
morte.
On retrouve dans ce clip de nombreux éléments si
caractérstiques de l'univers de Mylène:
les espacess enneigés (
Tristana,
Giorgino),
les
chevauchées à cheval (
Pourvu qu'elles soient
douces), les chevaux noirs (
Pourvu qu'elle soient douces,
Pardonne-moi), la présence de deux
Mylène
(
California,
L'Âme-Stram-Gram), les corbeaux
(Libertine, Sans
logique).
Il s'agit d'un clip assez court mais probablement l'un des plus
complexes et riches en symboles de toute la carrière de
Mylène et qui soulève de nombreuses
interrogations.
Le personnage aux cheveux longs
que l'on voit dès le début du clip est
probablement
l'âme vengeresse qui revient sur les lieux
de souffrance et de mort. Toutes les
séquences avec le personnage aux cheveux courts
correspondent donc à des flash-back. Cette
dernière représentation de Mylène
rappelle bien évidemment la Mylène
juvénile du clip
Désenchantée. Doit-on
y voir une suite?
Le personnage enfermé dans une cage porte donc des cheveux
courts mais aussi une tenue sexy. Probablement l'image de la femme
moderne martyrisée jusqu'à la mort...mais par
qui???, par ce que l' Humain comporte de pire en lui ou tout
simplement par les hommes ce qui nous rapprocherait alors des paroles
de la chanson.
Ce personnage meurt écrasé par la partie
supérieure de la cage qui s'abaisse progressivement sur
elle. Cette cage semble donc être le symbole de cette
oppression insupportable et mortelle.
Les corbeaux, symboles de la mort
ou plus précisément de ceux qui ont
causé la mort sont très présents dans
ce clip: ils ont écorché le visage de la morte
alors qu'ils ne semblent pas voir l'autre Mylène dans
l'usine confirmant qu'il ne s'agit que d'un "fantôme", qu'ils
guideront vers les épouvantails.
Le sabre avec lequel Mylène combattra les
épouvantails est-il réel ou un symbole
matérialisant l'arme de la haine qui a conduit à
la mort de la femme et qui servira à présent pour
la vengeance.
Mylène
détruira les épouvantails à coups de
sabre. De leurs yeux s'écouleront des larmes noires donnant
naissance à de nouveaux corbeaux. Mylène plantera
alors le sabre dans une tâche noire au sol inhibant alors la
naissance d'un nouveau corbeau. On peut y voir la destruction de la
génèse de cette haine qui avait abouti
à sa mort. La vengeance semble avoir
été accomplie et Mylène se transforme
alors en poussière ou redevient simplement un
esprit qu'emporte le vent.
Les
épouvantails de Martial Leiter
Martial Leiter est né
à Fleurier (Suisse), en 1952. Il commença sa
carrière comme dessinateur de presse dans divers journaux
suisses, de 1974 à 1990.
Depuis 1991, il collabore avec le
Tagesanzeiger
à Zurich,
Le Temps à
Genève,
Die Wochenzeitung à
Zurich,
Die Zeit à Hambourg,
Le
Monde Diplomatique et
Le Monde
à Paris. Il expose depuis 1970 son travail de
peintre-dessinateur dans des musées, centres culturels et
très nombreuses galeries, en Suisse et à
l’étranger. Il remporta de nombreux
prix : Prix Alice Bailly, Lausanne (1979), Prix de la 9e
Triennale Internationale pour gravures originales, Granges (1982), Prix
de la Fondation pour les arts graphiques en Suisse, E.T.H, Zurich
(1983), Prix culturel de l’Union Syndicale Suisse (1994). Il
illustra des livres et publia certaines de ses œuvres, en
particulier :
Figures
séquestrées, éditions Clin
d’OEil (1981) ;
Parodies,
suite de 50 dessins tirés en sérigraphie,
éditions du Carabe (1983) ;
Du monde
moderne (1989) et
Une autre planète
(1993) aux éditions d’En Bas, Lausanne, et
éditions Limmat Verlag, Zürich (pour la version en
allemand). Il fut également créateur de
décors de théâtre, entre autres :
En
attendant Godot de Samuel Beckett,
Théâtre Populaire Romand, La
Chaux-de-Fonds ;
Le Faiseur de Balzac,
Théâtre Populaire Romand, La
Chaux-de-Fonds ;
Jardin d’hiver
de René Zahnd, Espace 2.21, Lausanne.
Martial Leiter est un talent hors du commun, aux multiples facettes,
observateur aigu des failles de l’Histoire. Sa
présence dans les grands journaux européens,
« Le Monde », « Die Zeit » et
bien d’autres, le propulse aux regards d’un public
international par son trait, miroir sans complaisance, qui capte et
traduit en virtuose une pensée d’une rare
lucidité. Mais Leiter est aussi un poète
inspiré, nourri de ressources infinies,
émouvantes ou drolatiques. Il est attentif aux reflets
infimes
qui jalonnent la vie de chacun mais que si peu voient ;
l’imaginaire de cet artiste déborde souvent le
quotidien pour le sublimer, lui imprimer une fantaisie, une folie
joyeuse et communicative qui nous embarque vers le
rêvé.