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Mylène Farmer - Beyond my control - Analyse du texte




Single Beyond my control





Analyse de « Beyond my control » (texte / musique) par Arno Mothra (extrait de "Styx Magazine" spécial « L'autre... » paru en avril 2011)


Après deux singles jugés plus adultes, moins polissons que les provocations eighties, et un « Je t’aime mélancolie » revanchard sans être racoleur, Mylène met les points sur les i avec « Beyond my control » en donnant une claque à ceux qui la pensaient assagie. L’exploitation de l’album « L'autre... » se termine donc de manière plus trash qu’elle ne l’a commencée, tel un bouquet final explosif.


Avec un texte peu alambiqué et plutôt simple (pour du Farmer), « Beyond my control » va directement à l’essentiel en reprenant une recette que Mylène apprécie tout particulièrement : une fin tragique.

Probablement inspirée par le libertinage dramatique des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos (tout en s’accaparant une réplique de John Malkovitch – campant le rôle du vicomte Valmont – samplée sur le film de Stephen Frears), cette chanson met en scène l’adultère, le plaisir volage de l’homme, sa bassesse, devant la jalousie et le désir de représailles de la personne salie. Lassée de la tromperie dont elle est victime, Mylène s’élance dans une vengeance sadique jusqu’à la mort de son amant : c’est d’ailleurs ici la prise de conscience de la violence de l’auteur après le meurtre exécuté qui est relatée, et non l’acte en lui-même.


Encore choquée et donc peu lucide de ses agissements, telle une enfant dont l’innocence lui masque la réalité, Mylène balbutie, voit trouble, se veut protectrice, bienveillante, auprès de l’homme qu’elle aime et qu’elle retrouve blessé. L’arme du crime, ses propres mains, couvertes de sang, l’acheminera progressivement vers la raison en lui remémorant l’instant fatal. L’ambiguïté de ses bras qui ceignent le corps de l’homme s’efface : de l’amour est née la mort. On pourrait comprendre le refrain comme symbolisant l’essence même du meurtre, de la sauvagerie de la jeune femme répondant d’elle-même à ce que prétendrait son amant pour sa défense. Le leitmotiv vocal des « It’s beyond my control » s’apercevrait alors telle une obsession responsable de la folie, du manque de maîtrise, de sang-froid.


Dans la contemplation de ce qui l’a conduite à la démence, Mylène conçoit enfin l’irréversibilité de son geste et se fond dans le remord, le désespoir de la solitude irrévocable qui l’attend. Une tragédie qui n’est pas sans rappeler le clip de « Sans logique », dans lequel les amoureux se livrent naïvement à la violence, au combat entre eux, sans saisir la fatalité de la mort. Peut-être parce que l’amour rend aveugle et conduit, d’un côté comme de l’autre, à l’excès.


Pour conclure le texte de la chanson, la dernière pensée de Mylène, pleurée dans une frayeur intense, sera celle de sa propre mort, provoquée délibérément ou tout simplement par le chagrin (« Je te rejoindrai peut-être »). Une façon, peut-être, de regretter ce désir de possession délétère.


Dans l’image paroxystique d’une femme dominatrice, « Beyond my control », pas plus optimiste que les singles précédents, évoque assez tristement la non fiabilité de l’autre, de l’homme, guidé mécaniquement par son enveloppe charnelle en oubliant ses propres sentiments. La seule possibilité de garder l’être aimé (malgré tout), c’est de le tuer, de ne garder que son âme, l’accompagner en lui ôtant la vie, le corps, faible et vaniteux. Une allusion à la folie déjà présente dans l’album à travers « Psychiatric », ainsi qu’aux relations complexes homme / femme, pareillement déjà présentes dans l’œuvre farmerienne (notamment dans les clips, où la figure masculine finit majoritairement K.O.).
    

Comme d’habitude, Mylène n’oublie pas de glisser quelques références discrètes à la spiritualité (« Ange », « Dors en paix »). À remarquer également une allusion au corbeau de la pochette de L’Autre… qui point au gré d’un vers (« Je veillerai ta sépulture »), dans un rôle protecteur et accompagnateur (« Je soignerai bien tes blessures ») et qui apporterait au titre de l’album ainsi qu’à sa photo une signification pour le moins obscure.


 Accompagné par une musique et des arrangements d’une incroyable richesse (le groupe gothique allemand Lacrimosa, par ailleurs très ouvertement influencé par Mylène Farmer, ne cessera d’en vanter les mérites), « Beyond my control », charnel et agressif, est le premier morceau de Mylène à être dirigé par une guitare acoustique, laquelle lui confère un certain accent hispanique (surtout dans sa version single, remixée légèrement pour l’occasion). Point d’orgue de la créativité de Laurent Boutonnat, qui aura d’ailleurs le bon goût de ne pas s’auto-caricaturer en essayant de renouveler l’opération, « Beyond my control » transparaît dans l’album, aux côtés de « Psychiatric », telle une curiosité, artistiquement très substantielle.


À la fois fragile, innocente, forte et menaçante, la voix de Mylène, aérienne et presque noyée dans la réverb, s’adapte au fil des paroles et de la prise de conscience évoquée précédemment. Le leitmotiv des parties samplées attribue à la chanson une ambiance particulière, noire et chronique, sublimée en final par quelques notes de flûtes, rappelant à la new age.



MF 24/7

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