Mylène Farmer - Interview - Cool - Mai 1987



MAI 1987


PRESSE - COOL (N°30)


  
Mylène Farmer Presse Cool Mai 1987  Mylène Farmer Presse Cool Mai 1987    


Cool : Après Libertine, Tristana une autre chanson stylée Mylène Farmer, avec toute l'originalité que ça implique ?
Mylène Farmer : A ce sujet je ne sais pas quoi vous dire. Disons que c'est une chanson qui est différente de Libertine, c'est une histoire simple. L'entrée en matière est difficile... (sourires).


Cool : La mélodie de Tristana a une couleur orientale. Hasard ?
Mylène Farmer : Pas tout à fait. On a essayé un petit peu de donner une couleur slave, une atmosphère d'Ukraine à la chanson. Bien sûr, la flûte de pan ce n'est pas vraiment russe mais cela contribue au climat. Et c'est aussi un peu oriental. J'aime bien les chansons orientales, elles sont souvent très belles.


Cool : D'où est venue l'idée de cette chanson ? Il y a un détonateur pour les écrire ?
Mylène Farmer : Non. C'est souvent à partir d'une mélodie qu'on travaille, donc déjà la musique donne l'atmosphère, l'ambiance sur une idée, sinon je n'ai pas de méthode d'écriture. Je travaille avec Boutonnat et on voit venir. Là le sujet, ça pourrait être la mélancolie, les désespoirs.


Cool : Le climat domine toujours dans vos chansons. Celui de Tristana est plus froid, plus mystérieux que celui de Libertine ?
Mylène Farmer : Oui, c'est un petit peu angoissant. Il ressemble à l'ensemble de l'album qu'on prépare. Ce sera pour septembre.


Cool : Une grande aventure, le clip. Racontez-nous.
Mylène Farmer : On a tourné dans le Vercors pendant 5 jours. J'ai adoré le tournage différent de Libertine. C'est peut-être un peu orienté vers le cinéma, puisqu'il y a des dialogues et une durée de 11, 12 minutes. C'était passionnant.


Cool : Toujours la même envie de passer devant une caméra ?
Mylène Farmer : Oui, cette envie que j'ai depuis toujours, mais à très bien gérer, donc avec patience encore.


Cool : Vous évoluez dans votre look, notamment votre couleur de cheveux a changé ?
Mylène Farmer : Sur Plus grandir mes cheveux étaient bruns, maintenant ils sont roux, donc après je ne sais pas. C'est vrai que ça évolue... j'allais dire toutes les deux semaines...


Cool : Ce sont des envies personnelles ou des exigences par rapport au métier, au côté personnage public qui doit séduire, surprendre ?
Mylène Farmer : Tout ça c'est lié. Je ne sais pas bien expliquer le pourquoi du comment. Ce sont des choses qui se font comme ça parce que je pense que c'est une couleur qui me sied bien à un moment donné. Quant aux vêtements, c'est toujours le plaisir de s'habiller, donc de changer. Comme sur Libertine, on avait beaucoup d'habits du 18è siècle, sur Tristana, j'ai axé un peu plus sur un univers russe.


Cool : Les danseuses en télévision, c'est pour fignoler le tableau dans le sens du spectacle ?
Mylène Farmer : Je crois que c'est venu comme ça, quand j'ai commencé moi à me pencher sur cette chanson et sur la façon de l'interpréter. J'ai alors tout de suite pensé à deux personnages à côté de moi et en l'occurence j'ai pris deux filles. Je voulais qu'elles aient un côté un peu rigide derrière moi, c'est à dire, je ne voulais pas exploiter complètement la danse comme on peut l'entendre. Il fallait de vrais personnages.


Cool : Il y a une image de Mylène Farmer qui n'est pas soulignée énormément par les médias. Vous ne vous exprimez pas à tors et à travers par le biais de la presse...
Mylène Farmer : Non, parce que je n'aime pas ça, je crois. Il y a une maxime qui dit "Il faut briller par son absence", mais je pense que, c'est bien de pas être toujours présente, et puis chacun voit ça d'une manière différente. Moi, c'est vrai que j'aime bien le silence quelquefois.


Cool : Ça fait partie de votre équilibre ?
Mylène Farmer : Bien sûr. Je suis comme ça depuis ma tendre enfance.


Cool : Vous n'aimez pas trop être regardée, observée, questionnée...
Mylène Farmer : Cela dépend. C'est le plaisir de se produire devant des personnes mais de choisir ces moments-là. Qu'on en soit ou les acteurs, ou les voyeurs mais pas les victimes, ça non !


Cool : Vous suivez ça de près chez les autres ?
Mylène Farmer : Non, je lis peu les journaux. Je regarde de moins en moins la télévision, donc les interviews. Mais fatalement, on voit un peu ce qui se passe autour de soi. Je n'y attache pas une importance capitale.


Cool : Vous avez participé à l'écriture du scénario du clip ?
Mylène Farmer : C'est toujours pareil, on a travaillé ensemble Laurent et moi. Maintenant, le support de cette vidéo, ça pourrait être Blanche Neige et les Sept Nains. Donc, il y avait déjà une colonne vertébrale, une trame. Après Laurent a fait le découpage. Comme il pratique le cinéma ça fait très vite visuellement, dans son esprit.


Cool : J'ai l'impression que vous suivez fidèlement votre direction sans vous préoccuper des modes, des courants pops ou autres ?
Mylène Farmer : Je crois qu'on ne peut pas trop s'occuper de ce qui se passe ailleurs. Je ne conçois pas les choses comme ça. Ce ne sont même pas des questions que je me pose. C'est faire ce qu'on a envie, point final, et puis après les personnes le perçoivent ou non. Pour l'instant, c'est plutôt agréable.


Cool : Ça aide à se sentir mieux, ça donne de l'ssurance ?
Mylène Farmer : Ça ne se passe pas réellement comme ça, ce sont des choses tellement minimes. Mais c'est vrai que ça donne une certaine confiance, certainement. Et puis on arrive au stade où ce n'est plus un 45 tours qui va être jugé mais un ensemble de choses. A partir de là, les gens vous regardent d'une autre façon.


Cool : La réussite, l'envie de prouver, c'était un but depuis toute petite ?
Mylène Farmer : Il y avait une envie de sortir des sentiers battus, c'est évident. Un besoin de se faire remarquer sous telle ou telle forme. Envie d'exister à ma façon.


Cool : Si ça n'avait pas été la chanson ?
Mylène Farmer : Peut-être le cinéma. Si ça n'avait pas été le cinéma, pourquoi pas l'écriture, mais tout ça c'est dit "peut-être".


Cool : Ça reste un des domaines artistiques avec l'envie de montrer quelque chose au public ?
Mylène Farmer : Oui. Sinon je dis toujours après élever des singes. Mais, ça sera une affaire entre les singes et moi, donc ça n'intéresse pas le public. C'est quelque chose que je pourrais faire aussi.


Cool : Qu'est-ce qu'on vous dit dans votre courrier ?
Mylène Farmer : Il y a les sempiternelles questions sur l'acteur préféré, l'animal préféré, la façon d'arriver à ce métier et puis il y a des choses plus profondes. Sans faire de généralités il y a quand même des choses qui reviennent sur l'atmosphère que je propose à travers mes albums. C'est certainement des textes et des univers qui les touchent profondément. Et il y a beaucoup de personnes désespérées qui m'écrivent, et des témoignages qui sont vraiment émouvants. Autant, c'est vrai, j'ai quelque fois du mal à dialoguer, les lettres c'est quelque chose que j'adore. Je réponds toujours. Il y a des lettres auxquelles vous vous devez de répondre.


Cool : Cette confiance que les gens vous accordent, c'est quelque chose qui étonne, qui émeut ?
Mylène Farmer : Qui émeut, oui, qui peut bouleverser. Pour moi, c'est du domaine presque de l'inquiétant, parce que c'est la question "Qu'est-ce qu'un artiste ?", "Qu'est-ce qu'il peut véhiculer ?". C'est étonnant de pouvoir avoir cette espèce de pouvoir...


retranscription le 20/07/2012


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