Sophie Tellier - Interview (2004)

INTERVIEW DE SOPHIE TELLIER
Actrice, danseuse, chorégraphe
Fanzine Mylène Farmer Magazine (Janvier - Février - Mars 2004) et IAO (2006)

Sophie Tellier tournage du clip de Mylène Farmer Pourvu qu'elles soient douces
Sophie Tellier sur le tournage du clip Pouvu qu'elles soient douces (1988) - Photo : Marianne Rosenstiehl


Quand avez-vous rencontré Mylène ?
C'était lors du tout premier festival du clip, à Juan-les-Pins, en 1984. Je travaillais à l'époque avec Valérie Mairesse qui avait fait un disque, «Bombe anatomique», et qui avait le même manager que Mylène, Bertrand LePage. Etant dans la même équipe, on était ensemble au restaurant, on partageait la même Bentley (sourire). Elle savait que j'étais danseuse et chorégraphe. Elle a pris mes coordonnées. Et au moment où elle a préparé Libertine, elle m'a appelé.


Pourquoi a-t-elle fait appel à vous à ce moment-là ?
Afin que je l'aide à travailler le corps – le maintien et la gestuelle – pour les télés de Libertine.


Comment avez-vous atterri dans le clip ensuite ?
A la suite de ces séances de travail, Laurent et Mylène m'ont proposé le rôle de la rivale dans le clip. Ils voulaient que ce soit quelqu'un qui sache bouger et en qui ils avaient confiance. Je leur suis très redevable d'avoir révélé en moi la comédienne puisque c'était la première fois qu'on me proposait de jouer.


Vous avez enchaîné avec Tristana ?
Oui. J'ai accepté tout de suite ! Je suis fascinée par tout ce qui touche à la Russie. Ce qui m'a plu aussi, c'est que j'avais un petit texte russe à dire. J'ai donc travaillé avec une interprète, notamment pour les accents toniques. Et puis c'était étrange de tourner avec sept nains. Je me sentais vraiment dans un conte de fées.


Le clip a été tourné dans le Vercors ?
Oui. Et dans des studios de la banlieue nord de Paris. Ça a bien duré cinq jours.


Comment Mylène est-elle sur un tournage ?
Très concentrée. Très travailleuse. Je me rappelle que pour la scène où elle tombe dans la neige et dévale une pente, elle n'a pas pris de doublure, et elle l'a refaite encore et encore pour que ce soit le mieux possible. Ceci étant, ça ne l'a pas empêchée de faire des batailles de boules de neige avec moi ou l'équipe technique (sourire).


Quels souvenirs gardez-vous de Tristana ?
Je me rappelle de la scène où je dois lécher le sabre couvert de sang. J'étais assez impressionnée parce qu'il était rouillé. En tout cas, c'était une antiquité. J'avais peur (rires) ! Les séances de maquillage pour la transformation en sorcière m'ont également marqué. Au départ, on était parti sur un faux nez et un faux menton. Finalement on a gardé les traits de mon visage.


Vous avez également travaillé sur les télés pour cette chanson ?
Oui. J'ai fait la chorégraphie avec Mylène.


Puis vient Sans contrefaçon. Là vous n'êtes ni dans le clip, ni sur les plateaux télé…
Non mais, encore une fois, j'ai travaillé avec Mylène pour trouver les danseurs qu'elle souhaitait très juvéniles.


Puis vient Pourvu qu'elles soient douces, la suite de Libertine. Vous revoilà en méchante. Était-ce pénible d'être cantonnée dans ce genre de rôles ?
Non, pas du tout. Les rôles de méchantes sont souvent très intéressants à interpréter.


Sophie Tellier Mylène Farmer Tournage clip Pourvu qu'elle soient douces
Sophie Tellier et Mylène Farmer sur le tournage du clip Pouvu qu'elles soient douces (1988) - Photo : Marianne Rosenstiehl


Ensuite, vous avez continué à faire les promos TV, pour Pourvu qu'elles soient douces, puis Sans logique. Et il y a eu le Tour 89…
Oui ! J'ai fait le premier casting pour les danseurs et les danseuses. Il y avait 600 candidats au départ. C'était énorme ! Les personnes sélectionnées ont ensuite passé une deuxième audition, devant Mylène. Puis, on a choisi ensemble les trois filles et les quatre garçons.


Quel souvenir gardez-vous de cette tournée puisque vous étiez également sur scène ?
J'étais très impressionnée par l'enthousiasme du public. L'accueil était tel que je me demandais comment Mylène faisait pour monter sur scène.


Avez-vous eu des contacts avec le public ?
Oui. Dans la mesure où Mylène partait très vite de la salle, aussitôt le concert terminé – une voiture l'emmenait directement dès qu'elle descendait de scène – c'était donc nous qui avions les fans autour du car.


Un privilège ou une corvée ?
Ni l'un ni l'autre. C'était troublant de voir la façon dont ces gens se donnaient et la demande d'amour qu'ils avaient.


Etait-ce pénible que les gens viennent vers vous pour toucher Mylène par procuration ?
Non. Je savais très bien où était ma place. Je n'avais pas d'envie de vedettariat.


Et le fait qu'on vous parle encore de votre collaboration avec Mylène alors qu'elle s'est terminée voilà dix ans ?
Je le vis très bien. C'est un cadeau. Et puis ça n'arrive pas tous les jours non plus.


Mylène était-elle comme elle est aujourd'hui - très star, très secrète, inaccessible ?
Non. J'ai vu sa transformation. On a travaillé ensemble pendant plus de six ans et je l'ai vue évoluer, de par son travail, sa volonté et sa façon d'appréhender les choses.


A l'époque où vous travailliez ensemble, elle était donc plus accessible ?
Un peu plus peut-être, mais elle se protégeait déjà un peu. Elle était accessible à quelques intimes, dont j'étais. Je considère vraiment avoir été son amie. Je ne sais pas ce que Mylène en pensera…


Elle faisait en tout cas beaucoup plus de télés, y compris les émissions très populaires ?
Oui, mais à sa façon à elle. Elle était assez réservée.


Vous imaginiez alors qu'elle pouvait devenir la star qu'elle est aujourd'hui ?
Qu'elle soit la seule à ce niveau, non je ne l'ai pas pressenti. Je n'ai pas eu de nez (rires) ! Mais je sentais qu'elle ferait une belle carrière.


Comment regardez-vous son parcours ?
Exceptionnel ! J'avoue que je n'écoute pas ses disques chez moi. Mais il faut dire qu'en ce moment, je n'écoute que du Mozart et du tango argentin (rires). Ceci étant, j'ai beaucoup aimé le clip de L'Âme-Stram-Gram et la chanson California.


Pensez-vous qu'elle a été la marionnette de Laurent Boutonnat ou de Bertrand LePage à ses débuts ?
Non, pas du tout. Je pense qu'elle savait où elle voulait aller. Elle est très intelligente. Elle sent bien les choses. Mais évidemment que le trio a fait Mylène Farmer. Ils étaient complémentaires. Chacun était indispensable à son niveau : Bertrand pour le business, Laurent pour son imaginaire et Mylène pour sa sensibilité.


Quels souvenirs gardez-vous de ces années ?
Les tournages des clips étaient une expérience magnifique car c'était dans les conditions d'un long métrage. Avec le perfectionnisme poussé à l'extrême qu'on leur connaît : tout était très précis, très calculé. Ça me correspondait tout à fait, dans la mesure où je viens de la danse classique. J'ai des souvenirs idylliques de ces trois tournages.


Après le Tour 89, vous avez fait des voix en studio pour Désenchantée. Sentiez-vous le tube venir ?
Je me rappelle que souvent, quand Laurent composait un truc, il me faisait écouter un gimmick au piano, en studio et chez eux, et me disait : «Alors Sophie, c'est un tube, c'est un tube !?!». (rires) Et à chaque fois, c'était un tube.


Il a cet enthousiasme enfantin ?
Oui. Ceci étant, il est plutôt introverti et cérébral. Il ne parle pas pour ne rien dire !


Votre collaboration avec Mylène s'est arrêtée à cette époque. Pourquoi ?
Parce que je voulais jouer la comédie. Je pense que Mylène a compris que je voulais voler de mes propres ailes, mais peut-être que ça ne lui a pas fait plaisir que je me détache d'elle.


Etes-vous restées en contact ?
Pas vraiment. La dernière fois que je l'ai vue, c'était dans les loges de Bercy du Tour 96.


Donc vous n'êtes pas en froid ?
Non. Moi je ne considère pas qu'on soit en froid. Je sais que Mylène m'en a voulu pour une interview que j'ai donnée à un magazine il y a quelques années (une interview dans le magazine «Platine» en 1997, NDLR). Vu les circonstances, je peux comprendre. Ils ont détourné mes propos et les ont sortis de leur contexte, comme s'ils voulaient nous monter l'une contre l'autre. Depuis j'ai refusé toute demande. J'étais devenue méfiante.


Merci d'autant plus d'avoir accepté cet entretien. Avez-vous cherché à la joindre pour vous en expliquer ?
Non. Je ne veux pas la déranger.


Pourquoi n'avez-vous pas joué dans Giorgino ?
En fait, j'avais été pressentie pour le rôle de la gouvernante. Je ne sais pas si c'était un malentendu ou pas, mais moi j'avais compris qu'ils me l'avaient proposé. Toujours est-il qu'au final le casting est devenu international et qu'ils m'ont dit que je ne le ferai pas. J'étais déçue, mais je débutais comme comédienne, donc je comprenais.


Comment avez-vous réagi quand Christophe Danchaud a pris votre place alors que c'est vous qui l'aviez présenté à Mylène ?
J'étais ravie qu'il prenne la suite, c'était et c'est encore un ami. Vous savez, c'est aussi moi qui ai présenté Valérie Bony à Mylène, en 1989. Mais elle n'avait pas été retenue pour la tournée à l'époque.


Si Mylène vous proposait de la rejoindre pour une prochaine tournée, accepteriez-vous ?
Si elle a besoin d'une vieille dame (rires). Volontiers pour un petit clin d'œil à la rivale de «Libertine», mais pas pour une tournée de six mois.


 

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