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Une analyse du clip "Stolen Car"

Par mylene.net, le 15/10/15 - 20:50
Modifié le 25/11/15 - 19:50
lu 41 548 fois
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Le clip Stolen Car, l'histoire d'un homme marqué par la vie, perdu dans sa vie qui au détour d'un tour dans une voiture volée s'invente une vie nouvelle ou se souvient d'une vie ancienne.

Nombreux sont les fans à avoir noté les clins d'oeil aux clips California (détails dans l'analyse de Cyril ci-dessous) et Q.I.
Et il faut admettre que l'on aime particulièrement retrouver dans un clip comme celui-ci, calibré pour les chaînes musicales et le "grand public" ces petites références que seuls les fans pourront reconnaître.

Clip Q.I - Capture Clip Stolen Car - Capture
Clips Q.I et Stolen Car



« Stolen car : la banalité du mal » par Cyril H

Stolen car de Bruno Aveillan avec Sting et Mylène Farmer serait banal pour certains... Pas si sûr...


Prendre le temps de planter le décor...

Dès le départ, la photo adopte des tons bleu noir pour filmer l'étrange cathédrale gothique de Notre-Dame de Paris (le Paris d'hier), des immeubles modernes (le Paris d'aujourd'hui) puis les éléments, l'eau, le ciel, la terre : le bruissement de la Seine, le ciel de l'aurore, le pavé ruisselant... avant le feu ! Une ouverture contemplative à rebours de l'impression de montage ultra rapide qui s'installe progressivement par la suite...

Clip Stolen Car - Capture


Un homme qui a perdu ses repères...

Un SDF, Sting, le vrai héros du clip, preuve une fois de plus de la modestie de Mylène, va se mettre à fantasmer la vie d'un homme riche à la faveur d'une méprise... Il cherche un lieu où dormir, un lieu où se réfugier pour échapper au froid... Il vient sans doute de passer la nuit sous une pluie d'hiver, d'où cette vision de Paris, belle et froide, celle d'un homme fasciné mais qui vient de dormir dehors.

Les voitures lui restent fatalement fermées, signe d'exclusion, du refus d'offrir un refuge. Cet homme est « prisonnier de ses failles », et de sa classe : « there's a wire in my jacket ». Les voitures sont parfois menaçantes : un chien aboie furieusement. On est loin de la Leelo du clip A l'ombre de Laurent Boutonnat, force de vie parmi des hommes mis en terre par une élite dystopique dégénérée et défigurée.

Clip Stolen Car - Capture

Ce SDF ne cherche donc pas simplement à voler. La preuve, il abandonne très vite l'idée de voler une moto, occasion d'un échange de regards homme-machine ou oeil-rétro parfaitement cadré à mon sens... Comme un message... Allez... Emprunte la voiture, « don't be afraid », rêve un peu, « affole ton imagination », « it only takes a moment »... La voiture protège du froid, elle. Elle est souvent le dernier refuge, le dernier asile pour ceux qui ont tout perdu... Le dernier refuge avant la rue.

Clip Stolen Car - Capture

Sting est assez incroyable en mec marqué par la vie. Ses chaussures ne semblent pas si usées qu'on pourrait le penser : son état est-il récent ? Le fantasme est-il plutôt un souvenir de sa vie d'antan : la roue tourne, l'homme riche d'hier peut très vite aujourd'hui devenir SDF...

Personne ne le remarque, en tout cas. Même le propriétaire de la voiture qu'il va « voler » le regarde à peine et le prend pour un voiturier : manifestement, pourtant, il n'en a pas l'air... Le voiturier, le vrai cette fois-ci censé récupérer le véhicule volé est à peine surpris de voir un homme très simple en sortir à la fin du clip.

Le SDF imagine la vie du propriétaire en fouillant partout. Il essaye de retrouver les sensations de cet inconnu. Il se fiche de son identité (de ses papiers). Il repousse avec dégoût les signes extérieurs de richesse qui l'exaspèrent (balles de golf, car oui le clip n'est pas un film de boules). En revanche, il se sert des photos d'enfants comme une porte vers son propre fantasme d'amour perdu ou tant désiré.
Le reflet de Sting sur la portière est comme une image qui se désagrège... comme son quotidien qui un instant va devenir autre chose...


Le fantasme commence...

Just a poor boy in a rich man's car... Il a peur, il est comme en cavale... Mais le toucher du cuir lui rappelle la sensualité de la femme aimée, la chaleur du foyer perdu... Effectivement on peut lier cette vidéo à celle de California pour le parallélisme entre les vies de classes sociales différentes qui soudain s'emmêlent.

Clip California - Capture Clip Stolen Car - Capture
Clips California / Stolen Car

Clip California - Capture Clip Stolen Car - Capture
Clips California / Stolen Car

Clip California - Capture Clip Stolen Car - Capture
Clips California / Stolen Car

Le mouchoir filmé voletant dans la rue rappelle le sac en plastique d'American Beauty de Sam Mendes (oui je divague... pas de doute). D'ailleurs le jeune héros du film parle de la beauté étrangement divine d'une clocharde morte de froid (tiens, tiens...). Pour lui, ce sac en plastique est comme un enfant qui l'inviterait à danser (please take me dancing tonight), comme une porte vers autre chose que le monde visible, une porte vers la beauté du monde. Ici, on retrouve le même thème de la misère, la même étrange esthétique de la rue, le même entrebâillement, la même attraction vers un monde supérieur et envoûtant...

American Beauty - Scène Sac Plastique Clip Stolen Car - Capture
Film American Beauty / Clip Stolen Car

... juste avant l'apparition du fantasme Mylène. Elle porte un châle comme si elle venait d'un autre temps, de l'époque des films noirs par exemple. Elle est tantôt floutée, tantôt filmée derrière une vitre, comme irréelle.

Mylène est charmante, lumineuse, en femme fantasmée ou souvenir d'un passé révolu. Le bijou retrouvé semble rappeler le réconfort de la femme aimée perdue ? L'homme laisse pourtant tomber l'objet, comme un souvenir de souffrance, comme il a peut-être laissé s'échapper sa vie d'avant, sa femme d'avant : « sa vie glisse entre ses doigts ».

La lumière rouge et or renvoie peut-être à la chaleur perdue, en tout cas fantasmée par l'homme qui a froid et qui rêve de partir à Rome... D'ailleurs la chevelure lâchée de Mylène à la fin est elle aussi rouge et or. Le contraste est visible entre la chaleur nocturne du fantasme (« late at night in summer heat ») et la réalité du matin d'hiver, entre l' « empty street » du rêve et les passants indifférents. Les plans suivants visent peut-être à exorciser le lieu de souffrance, les ponts de Paris où dorment des SDF, qui devient le lieu du fantasme et de la rencontre avec la femme aimée. Un déluge d'étreintes et de caresses, doigts, bras, lèvres, épaules, cous que le personnage de Sting tente de recréer dans la réalité en joignant ses doigts en même temps qu'il rêve.


Le fantasme s'emballe avant de disparaître...

La Seine est en ébullition (« ignition »), elle devient mer et vagues. De même un peu plus tard, les reflets sur la paroi du pont... Et tournoie...

La lumière des réverbères devient soleil dans la nuit du fantasme.

Les mouvements de la danseuse, qui elle aussi appelle à lui un homme, symbolisent peut-être la libération du corps engourdi du SDF dans le lieu même de cet engourdissement : le pont sous lequel il a dormi. Une libération des corps « très Aveillan »... On se souvient du Farmer Project pour cela et pour l'introduction de la danse contemporaine et du style de Nataly Aveillan.

La découverte du mot d'amour et de ses lèvres rouges déclenche le fantasme érotique. La voiture, puis la chambre sont des microcosmes qui s'opposent à la rue glacée que Sting regarde par la fenêtre avant de se lancer dans la partie la plus folle du fantasme.

Clip Stolen Car - Capture

Le montage est de plus en plus saccadé, une cascade d'images pour un moment fugace : tous les espoirs avortés de cet homme ressurgissent en même temps, à vive allure.

La voiture accélère comme le fantasme, signe de sa fin : Sting extériorise sa rage. Briser la létargie du SDF transi de froid, devenu transi d'amour. Dire aussi que le fantasme est éphémère comme une « liggering cologne ».

À la fin, ce fantasme devient d'autant moins clair (image floue, vitre incandescente) qu'il devient émotionnellement fort. L'étreinte sexuelle est trop forte pour être réelle.

Enfin, retour à la réalité et un franc sourire, signant la folie mais aussi la nécessité de ce moment.



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Un anonyme

le 15/10/15 à 21:46 top comm'
119
Ce genre de texte est tellement plus intéressant que les commentaires de grincheux qu'on lit souvent sur le site... Please, more !
Répondre 

Un anonyme

le 17/03/18 à 22:24
0
et si c'était simplement un clip sans prise de tête ?
Répondre 
Un membre du site le 12/11/15 à 22:03
1
Alors moi je ne comprend pas pourquoi dans la majorité de ses clips, elle se dénude, absurde
Répondre 

Un anonyme

le 26/10/15 à 10:08
0
Comme plus bas,je pense qu'on peut lire le clip de plusieurs manières.mais c'est du MF ça c'est sûr.On retrouve donc des références et du connu.Moi aussi j'adore le sourire et le hochement de tête de Sting à la fin!Je m'y attendais s'il l'avait pas fait,le clip aurait été comme une soupe pas assaisonnée ;-). Du coup j'ai lu le clip un peu différemment avec ma vision personnelle de l'infidélité.
Répondre 
Un membre du site le 24/10/15 à 11:00
1
En tous cas, merci !
Répondre 
Un membre du site le 24/10/15 à 10:59
0
J'avais pas vu : à 2'40, y a un glissement temporel : seule la voiture de Mylèsting est à vitesse normale quand les autres sont accélérées. Là aussi pour signaler que le ressenti du fantasme vous projette dans un autre espace-temps, loin de la frénésie moderne ?
Répondre 

Un anonyme

le 22/10/15 à 10:34
0
C est une option....quoi qu il en soit la lumiere et la compositin du cadre ne sont pas a la hauteur
Répondre 
Un membre du site le 21/10/15 à 19:53
4
Très bonne analyse! Très bon clip! Images, symboles, scenario, esthétique... J'aiiime!
Répondre 

Un anonyme

le 21/10/15 à 15:42
3
Pas mal du tout comme analyse, même si évidemment chacun aura sa propre lecture du clip. C'est marrant, pour moi le moment le plus intéressant du clip est le sourire de Sting à la fin, et son hochement de tête un peu blasé en regardant l'hôtel... Beaucoup d'interprétations possibles !
Répondre 

Un anonyme

le 20/10/15 à 20:50
1
Une analyse....Je ne ferai aucun commentaire. Il en faut bien pour consoler les masses.
Répondre 
Un membre du site le 20/10/15 à 17:30
3
Ou plus precisement l'adultere qu'il a vecu et subi... Il se met alors dans la peau de ce "company director"...
Répondre 

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