John Nollet évoque sa longue collaboration avec Mylène : les débuts, les coiffures, les photos...
John Nollet travaille avec Mylène depuis plus de 25 ans. Il est à l'origine des coiffures inoubliables de tous les spectacles depuis la résidence Avant que l'ombre... à Bercy en 2006. Il l'a également régulièrement photographiée depuis 2008 notamment cette année pour le magazine "Shadowplay" auquel il a accordé un entretien. Morceaux choisis (100% Mylène).
Sa rencontre avec Mylène
J'ai rencontré Mylène par l'intermédiaire de Christophe Danchaud, aujourd'hui maquilleur reconnu, qui travaillait à l'époque comme danseur et chorégraphe pour elle. Nous avons commencé nos carrières dans le maquillage et la coiffure à la même période.
J'ai rencontré Mylène pour la première fois vers 1998. À l'époque, elle travaillait avec une autre équipe beauté. Christophe lui a parlé de moi. J'ai d'abord coupé les cheveux de l'un de ses amis, puis les siens.
Le courant est passé et nous avons décidé de faire un shooting photo ensemble. C'est avec elle que j'ai réalisé mes toutes premières photos argentiques. La coiffure de cette première séance a créé une véritable « vibe », et c'est là que notre collaboration a commencé.
J'ai photographié Mylène de nombreuses fois par la suite, avant de mettre la photographie de côté pour me consacrer à la coiffure. Notre premier projet officiel ensemble a été le clip tourné en Chine (L'Âme-Stram-Gram en 1999, ndlr).
Leur collaboration
Elle est faite de respect, de confiance, de discrétion, mais aussi de beaucoup de spontanéité et de joie. Nous pouvons également nous retrouver en dehors du travail.
Notre processus créatif peut commencer alors même qu'aucun projet n'existe encore. Je lui suggère une idée, elle la garde dans un coin de sa tête, et dès qu'une occasion se présente, nous nous disons : « Pourquoi pas ? »
Je me sens très libre artistiquement avec elle et elle m'inspire énormément. Elle reste toutefois très discrète sur ses intentions artistiques.
Pour vous donner un exemple, pour la coiffure avec une couronne de crucifix et un crâne dissimulé dans un chignon (pour le Tour 2009, ndlr), je ne savais pas que son concept créatif reposait précisément sur la symbolique du crâne. Je ne l'ai découvert que le jour des répétitions.
Mylène est la directrice artistique absolue de son image, tout en restant très attentive et fidèle à son équipe, et ouverte à ses suggestions, qu'il s'agisse de la musique, de la scène ou des danseurs.
La séance photo pour le magazine "Shadowplay"
Je me considère comme un artisan passionné de la beauté, guidé par mon instinct et par la confiance des personnes avec lesquelles je travaille.
Récemment, Mylène m'a proposé que nous fassions un nouveau shooting ensemble. Je voulais m'éloigner de ce qui était évident pour aller vers quelque chose de plus décalé. J'ai donc créé des moodboards avec le styliste Jonathan Huguet, avec qui j'avais déjà collaboré.
L'objectif était de construire une image légèrement différente de ce que les gens attendent, en travaillant en parfaite harmonie avec toute l'équipe, notamment Christophe au maquillage.
La séance a eu lieu dans mon studio, le Forty-One Studio, avec un décor conçu par Maurice Dabo. J'ai proposé une coupe différente ainsi qu'une couleur plus délavée afin de transporter Mylène dans un univers légèrement différent de celui auquel on pourrait s'attendre avec elle.

Le passé et le présent
Non, au contraire. Je crois que quelque chose de très profondément ancré et de constant demeure.
Malgré son immense succès, Mylène reste une personne extrêmement humble, qui se remet constamment en question, un peu comme Christophe et moi.
Même après toutes ces années, nous abordons chaque séance avec la même fraîcheur que si nous commencions tout juste nos carrières.
Nous prenons des risques, nous expérimentons, nous créons, tout en nous connaissant suffisamment bien pour pouvoir rire ensemble. Nous prenons notre travail très au sérieux, mais toujours avec une forme de légèreté.
La coiffure iconique de Mylène
Pour moi, une coiffure porte une véritable identité. C'est un peu comme le mythe de Samson, une forme d'incarnation de soi.
Des figures iconiques comme Karl Lagerfeld ou Anna Wintour, ou des personnages de fiction comme Batman, Jack Sparrow et Amélie Poulain, sont souvent reconnaissables uniquement à leur « silhouette ».
Mylène appartient à cette catégorie.
Son ADN existait bien avant notre rencontre. Je ne l'ai pas créé.
J'ai pris conscience de la puissance avec laquelle son image et ses coiffures flamboyantes l'avaient imposée comme artiste lorsque je l'ai vue pour la première fois au Zénith (lors du Tour 1996, ndlr). Tout avait déjà été soigneusement pensé : la scénographie, les costumes de Mugler...
Lorsque j'ai eu la possibilité de créer ses coiffures de scène, mon objectif était de m'appuyer sur cet ADN existant tout en y apportant ma propre touche. Les coiffures de scène sont soumises à des contraintes très particulières : elles ne doivent jamais changer entre le début et la fin du spectacle, malgré les changements de costumes et les allers-retours en coulisses. Tout cela doit être anticipé dès le début du processus de création.
Photo News : Marcel Hartmann (2022)
Un anonyme
le 07/09/26 à 10:14