Portrait : FRANCES FARMER

Frances Farmer (1941)
Frances Farmer est née le 19 septembre 1919 à Seattle.
Troisième enfant de Ernest et Lillian Farmer, Frances a une soeur Edith, un frère Wesley mais aussi une demie-soeur Rita.
Frances Farmer suscite la polémique très jeune. En 1931, elle gagne un prix pour un essai intitulé "God Dies" (Dieu meurt). La presse locale titre: "Seattle Girl Denies God and Wins Prize". Beaucoup de reproches et d'accusations qu'elle confiera, plus tard, dans son autobiographie, avoir très mal vécu, cet épisode la plongeant dans le désarroi et la solitude.
En septembre 1931, elle rejoint l'Université de Washington pour une formation de journaliste avant de se réorienter vers la dramaturgie.
Elle devient membre du Théâtre Dramatique et rencontre le professeur Sophie Rosenstein. Elle excelle dans de nombreuses pièces.
En 1935, un nouveau concours gagné lui permet de voyager en URSS. Un voyage qui sera vu d'un très mauvais oeil. Elle est suspectée injustement d'être communiste.

À cette même époque, elle se lie avec le politicien Harry York qui restera proche d'elle.
Frances Farmer en 1935
En 1936, c'est son premier film: "Too many parents" de Robert F. McGowan avec Leif Erickson.
Elle enchaîne avec "Rhythm on the Rarge" dont elle partage la vedette avec le célèbre Bing Crosby et qui restera son plus gros succés au cinéma.



Walter Brennan, Edward Arnold et Frances Farmer - "Come and Get It" (1936)
Elle enchaîne avec "L'or et le femme" ("The Toast of New-York") avec Cary Grant. Un joli succés.

Cary Grant et Frances Farmer - "The Toast of New-York" (1937)
Frances Farmer se rebelle contre la Paramount refusant de céder à toutes les exigences de ce studio la considérant comme une banale starlette prête à tout pour réussir et elle s'oppose également à toute utilisation de sa vie privée.
Elle s'éloigne alors de Hollywood pour se consacrer à sa vraie passion, la scène.
Elle rencontre Clifford Odets qui lui offre le premier rôle de la pièce "Golden Boy" qui rencontre un immense succés à New-York. Le public adore, la critique est plus mitigée allant jusqu'à parfois parler d'erreur de casting.
France Farmer a une liaison tourmentée avec Clifford Odets qui n'hésitera pas à la manipuler. Malgré le succés de la pièce, elle est exclue de la tournée européenne. Elle apparaît alors dans deux autres pièces à New-York qui passent inaperçues.
C'est aussi durant cette période qu'elle commence à s'adonner à une consommation excessive d'alcool et de médicaments.

Frances Farmer - Flowing Gold (1940)
Menacée de rupture de contrat par la Paramount qui s'impatiente, elle regagne Hollywood.
Elle est obligée d'accepter de tourner dans des films de second plan.
Cette même année, arrêtée en état d'ivresse et sans permis, elle est condamnée à une peine de prison avec sursis.
Le cauchemard ne fait que commencer.
Elle subit un traitement choc par des injections de doses massives d'Insuline. Elle s'enfuit.
Devant son refus de reprendre le cinéma et, la pensant folle, sa propre mère la fait réinterner à Steilacoon (à Washington).
Pendant de nombreuses années, elle subira les pires tortures: électrochocs, hydrothérapie (plongée nue pendant six à huit heures dans des bains d'eau glacée), expérimentation de drogues, viol. On évoquera même une lobotomie mais ceci reste incertain.
Frances Farmer écrira dans son autobiographie: " J'ai été violée par des plantons, rongée par des rats et empoisonnée par la nourriture avariée. J'ai été enchaînée en cellule, enfermée dans des camisoles de force et à moitié noyée dans des bains glacés."
En 1950, elle est autorisée à rejoindre Seattle où elle s'occupe de ses parents. Elle travaille comme employée dans un hôtel. Cruauté du destin, il s'agit de l'hôtel dans lequel elle avait fêté la première mondiale de "Come and Get It" en 1936.
En 1953, reconnue saine d'esprit, elle recouvre tous ses droits échappant ainsi à la tutelle exercée par sa mère.
En 1954 elle épouse Alfred Lobley. Elle rejoint la Californie où elle sera, dans l'anonymat, secrétaire dans un studio photo.
En 1958, elle renoue avec sa carrière d'actrice. Elle apparaît dans différentes séries tv dont "This is Your Life" et "Tongues of Angeles".
En 1958, c'est aussi son dernier film pour le cinéma, "The Party Crashers".
Elle épouse Lee Mikesell dont elle se séparera quelques années plus tard.
De 1958 à 1964 elle anime une émission de télévision, "Frances Farmer Present" à Indianapolis. Diffusé l'après-midi, ce programme restera durant six ans numéro 1 dans les audiences.

Parallèlement, Frances Farmer a malheureusement renoué avec ses facheuses habitudes avec l'alcool ce qui la conduit à de nouveaux comportements excessifs et lui vaudra l'arrêt de son émission en 1964.
En 1968, elle débute la rédaction de son autobiographie.
Elle décède le 01er août 1970 des suites d'un cancer à l'oesophage.
Filmographie (cinéma) de Frances Farmer
1936
Too Many Parents – de Robert F. McGowan avec Henry Travers
Corsaires de l’air ( Border Flight ) de Otho Lovering avec John Howard
Rhythm on the Range – de Norman Taurog avec Bing Crosby
Le vandale ( Come & Get It / Roaring Timbers ) de William Wyler & Howard Hawks avec Joel McCrea
1937
L'Or et la femme
Exclusive – de Alexander Hall avec Fred MacMurray
1938
Le voilier maudit ( Ebb Tide ) de James P. Hogan avec Ray Milland
Ride a Crooked Mile / Escape from yesterday – de Alfred E. Green avec Akim Tamiroff
1940
Pago Pago l’île enchantée ( South of Pago Pago ) de Alfred E. Green avec Victor McLaglen
Flowing Gold – de Alfred E. Green avec John Garfield
1941
World Premiere – de Ted Tetzlaff avec John Barrymore
Badlands of Dakota – de Alfred E. Green avec Broderick Crawford
Among the living de Stuart Heisler avec Albert Dekker
1942
Le chevalier de la vengeance ( Son of Fury / The Story of Benjamin Blake ) de John Cromwell avec Tyrone Power
1943
Kermesse de gangsters ( I escaped from the Gestapo / No Escape ) de Harold Young avec John Carradine · Scènes coupées au montage
1958
The party crashers – de Bernard Girard avec Bobby Driscoll
(source: lesgensducinema.com)
En 1982, le film "Frances" de Graeme Clifford retrace la vie de Frances Farmer. Jessica Lange interprète le rôle de Frances.
En lisant la biographie et en découvrant cette vie tourmentée on comprend l'intérêt de Mylène pour Frances Farmer.
Mylène choisira le pseudonyme Farmer en hommage à cette actrice.
Elle lui dédie son premier single Maman a tort.
Mylène a très rarement évoqué cette actrice. Il faut remonter à une interview pour la radio NRJ en 1988:
"Est-ce que je me sens proche d'elle? Je ne sais pas. C'est un personnage qui est passionnant à interpréter, c'est une femme qui a eu beaucoup de mal et qui a été complètement écrasée par son milieu, en l'occurrence, c'était
Hollywood."
À cette époque lorsqu'on lui demandait quel rôle Mylène aimerait interpréter au cinéma, elle répondait celui de Frances Farmer.
On peut établir un parallèle entre les débuts de carrière de Frances Farmer et ceux de Mylène. Une réussite complète sur le plan professionnel mais un mal de vivre dans le privé avec des relations difficiles ou malheureuses avec les hommes.
On note aussi que dans le film "Come and get It", Frances Farmer joue deux personnages. Le thème de la dualité est cher à Mylène comme en témoignent les clips California, L'Âme-Stram-Gram et Fuck them all.
Enfin, en lisant le récit des tortures infligées à Frances Farmer durant son internement, comment ne pas penser au film "Giorgino". En particulier, les séances d'hydrothérapie subies par Frances évoquent les séquences situées à la fin du film dans lesquelles, Catherine (interprétée par Mylène), enfermée dans un asile se voit plongée dans des bains glacés et aspergée de violents jets d'eau.
