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Review et analyse de l'album Interstellaires par Cyril H (10 novembre 2015)



Interstellaires :
de la stèle à l’étoile ou de l’étoile à la stèle ?


Au risque d’un peu trop décortiquer la crevette (^^), une interprétation de l’album Interstellaires parmi mille autres, personnelle, rien de prescriptif.

La robe de nuages de Mylène derrière un soleil d’aurore annonce un changement radical, une nouvelle ère portée par une lune de neiges, un brouillard astral, un lait d’étoiles, un soleil levant sur une planète noire. Pochette et photos du livret créent d’emblée une atmosphère.

Interstellaires est un précipité de l’album. Les ressources de la Terre sont épuisées, d’où le rêve d’un nouveau départ, de reconstruire un « monde meilleur » et la quête d’un autre monde pour échapper à une terre devenue inhabitable. Echec, échec : le voyage débouche sur un trou noir de « nébuleuses obscures ». L’homme risque un voyage dans l’immensité de l’espace, du divin (voir les chœurs), sublime mais dangereuse à son échelle. Est-il capable d’y vivre autrement que sous une autre forme, « diffuse », état ultérieur de l’Evolution tel que le montre Stanley Kubrick à la fin de 2001 l’Odyssée de l’espace ? « Si c’était moi », je n’y serais pas allée, mais j’ai accepté « pour nos rêves ». Et maintenant je manque d’air, d’oxygène cf. la répétition de « -laires » à la fin de la chanson.

Stolen Mad Max euh… Stolen car : un monde terrestre aux températures devenues insupportables, un désert, tard dans la nuit, un homme errant vole une voiture abandonnée. Il vit de trafics de « wires » qui permettent l’allumage de voitures abandonnées et l’espoir d’un exil hors de cet enfer. Le rapport avec ce nouvel abri est charnel. Il éveille le fantasme d’une autre vie, rêvée ou vécue jadis, de mots d’amour, de famille, de sensations érotiques, de fuite à deux. Danse du rêve ou de la voiture en fuite, cette promesse d’une spiritualité perdue tranche avec l’insécurité du réel où « chasseur » et « proie » s’affrontent.

A rebours aurait-il un lien avec le roman du même nom de Huysmans ? Le personnage principal se préserve des dérives du monde en s’enfermant physiquement (« barreaux » « croix ») et surtout mentalement (« comme un sourd muet ») et en s’entourant des seules marques d’un passé révolu considéré comme plus épanouissant. Des objets, des livres pour les étudier : « epsilon » « questionnant l’infini, fermant porte à l’oubli ». Le risque est de s’autodétruire en s’isolant dans un monde factice : « le réel se dérobe » et nous rattrape, « les fantômes ne nous laissent en paix ». Le monde a été créé pour qu’on y évolue, qu’on s’y rencontre, qu’on y trouve l’amour, le seul vrai moteur, « à portée d’aimer », « gagner les cimes ». « En un tour de clé », on peut choisir l’angoisse de la réclusion (« tyrannie des secrets gardés ») ou au contraire s’ouvrir au monde.

Une vie sans amour ? C’est pas moi … Allégresse de vivre et joies de l’amour associées aux joies de la création et de l’art (musique « ritournelle », dessin et écriture « crayon », « danse »). Variation du mythe platonicien, on se sent incomplet (« comme un crayon sans mine »), inerte, insignifiant (« un bout de bois ») sans sa moitié, sans l’autre qui est une part de soi. L’être aimé est un refuge « asile », une nourriture (et son absence, une « indicible famine »). Il est une oreille et une voix (« son »). Il donne du goût à la vie (« sel »). Il donne envie de faire corps avec la nature (« danser sur une grève »). Il ouvre sur le monde (« pont ») à travers le désir de l’aimé(e). Il redonne vie aux martyres devenus constellations qui nous regardent depuis l’espace (« sanglants du ciel, éclairez-moi »). Il éveille en soi le meilleur (« sève »), quitte à risquer un chemin difficile pour le trouver (« la vie mais que vaut-elle sans danger sans choix »). Mais cela vaut mieux que, comme beaucoup, nier son identité et sa liberté (« marcher sa vie entière à côté de soi, tant d’âmes se méprennent ») en agissant selon un dogme d’idées reçues (« un oui, un non, une ligne droite »). Mais n’est-ce qu’un rêve d’amour ? « J’ose, le songe est digne »… Il demeure nécessaire…

A l’aérien Interstellaires répond l’impénétrable Insondables, qui clôt pour les nostalgiques une hypothétique face A de vieux vinyle grésillant. Quelques échos qui sait de Désenchantée : « plus rien n’enchante », « chaos ». Sans doute une obscure dérive de ma part mais y a-t-il un lien avec le roman L’invention de Morel d’Adolfo Bioy Casares qui met en scène des ombres insaisissables et résolument muettes ? L’être humain ne fait plus corps avec la nature : « insondables flots/vents ». L’amour est le seul remède contre la lassitude ascendante de ce monde (« là, il contemple » puis « las de contempler ») où l’équilibre naturel est rompu. Mais le corps humain est malade de cette rupture (le « chaos du corps » « a perdu son point d’ancrage »). Rupture qu’il a peut-être provoqué : le remords est acéré (« à ses rai-sons, à ses re-mords ») comme les serres d’un faucon. La perte de la femme aimée qui enchantait le monde provoque un « silence assourdissant » et symbolise pour lui la mort du monde : « la mort porte son nom ». Il continue pourtant à se raccrocher à ce souvenir de vie même s’il en souffre : « il saignera encore jusqu’à sa mort ».

Love Song : si l’amour est mort sur terre, il renaît dans l’espace comme une complainte. Mais le chemin « d’une vie à l’autre » sera dur pour ceux qui se rappellent la folie de leurs nuits passées (« aux nuits consumées »), pour ceux qui ont préféré la compagnie d’eux-mêmes à la folie du monde (« aux solitaires ») et autres de ce monde oublié qu’est la Terre. Cette traversée de gel sidéral oblige l’homme à faire l’expérience de ses limites physiques : « pas un hiver qui ne saigne ». Il doit vaincre les « résistances » de son corps face à ce monde « dissonant », différent de celui qui l’a vu naître. Comment y arriver ? La lumière de l’amour qui porte de l’hypothèse de la mort vers l’espoir de la vie comme une balançoire dans l’espace. Se raccrocher sans cesse au son(g) de sa voix, surtout si l’on fait partie des « laissés pour compte », qui n’ont pas été choisis pour rejoindre un nouveau monde dans un vaisseau trop étroit pour accueillir l’humanité proliférante. Il y a un risque : le trou noir qui détruit, ou crée un passage vers une zone trop éloignée d’un monde habitable (« quand je vois l’ombre nous séparer du monde »). Mais face à l’oubli, un moment de grâce. Privilège de l’errant sidéral, il peut voir la lune de près danser pour lui : « pâle est la lune, bal de fortune ». On revoit les astronautes de Gravity d’Alfonso Cuaron « dancing alone » with « Sister Moon » comme dirait Sting.

Pas d’access : après sa balade astrale, l’homme perdu dans l’espace a-t-il été fait prisonnier d’un monde où jour et nuit se mêlent, signe de sa perte de repères ? Il chante encore pour se rappeler son humanité « pas de ce monde ». Mais la douceur de la love song est devenue l’ étrange ballade d’un être à demi-privé de ses sens. Le sarcophage qui accompagne le pharaon pour la pesée des âmes et ici un couloir vers la déshumanisation. Le rappel du moment de grâce face à la lune sur le titre précédent rend plus urgente la nécessité de la libération. Mais le chemin n’est plus difficile, il est impossible. Les promesses d’une autre planète où la vie serait possible n’étaient que mensonges. Fuite dans la folie ? Fuite dans la métempsychose d’humain à faucon, le symbole du chasseur qui a la liberté de l’oiseau et un lien profond avec l’homme ? Fuite dans le désir d’un retour sur Terre, là où l’homme est né (« trouver son nid ») en passant par une cathédrale, le pont entre la terre et l’espace ? Echec du vol salavateur : ce nouveau monde est comme une arme tranchante pour l’homme (on entend « je m’axe-phyxie »), à mi chemin entre le volcan (« Kamtchatka ») et le blizzard (« Sibérie »). Cette résurrection sous forme de faucon solaire, comme le pharaon protégé par Horus, le dieu à tête de faucon, dans les textes sacrés égyptiens, était une fuite de prisonnier. Pas de « ka », le double spirituel du corps égyptien antique cf « ca-thédrale » « ka-mtchatka ». Comme pour Le joueur d’échecs de Stefan Zweig, il s’agissait d’une mise en scène psychique divertissante mais dangereuse pour l’équilibre (« obscures dérives, nuits d’insomnie, lente agonie »). La voilà qui revient pourtant d’elle-même sans crier gare : « là je vole, m’affole, moi faucon, je suis birdy » La prison semble l’emporter dans le duel opposant « il n’y a pas d’access » à « je suis birdy », traumatisme et compulsion de répétition y compris dans la scansion. Mais au dernier moment, dans un cri, le faucon s’échappe. Un lien avec la Trilogie Nikopol d’Enki Bilal ou le film Birdy d’Alan Parker ?

I want you to want me : cette pause, respiration, plénitude dans la voix permet un retour en rêve à des considérations terrestres et à des peurs plus quotidiennes et finalement plus rassurantes : le désir que l’autre éprouve les mêmes envies que soi. Besoin de communion charnelle, spirituelle, affective, sentiment de manque, présence-réconfort de l’être aimé ou d’un ami. Se raccrocher aux mots d’amour prononcés… Autant de sentiments qui illuminent les objets et les petits gestes du quotidien : acheter un vêtement pour plaire à son aimé(e), décider de rentrer plus tôt du travail…

Le faucon de Pas d’access aurait-il trouvé son salut en se lovant, voire en se nourrissant de la Voie Lactée ? L’extase de sa nouvelle liberté annihile toute angoisse et pulsion de fuite, repli, suicide, rage, bruit. Elle interdit de baisser les bras en créant une évasion par le rêve et un viatique par la culture comme l’a dit Victor Hugo. Cette félicité permet d’affronter, de tenir tête, presque de se moquer des phobies expérimentées dans Pas d’access. Cette victoire sur soi « longue vie aux morts de mes nuits qui font la nique à l’ennui qui surgissent sans répit » est un préalable à l’expulsion de ces fantômes qui ont assez géné l’envol : « une part de moi qui s’en va ». On retrouve alors la beauté de la nature terrestre dans ce qu’on observe de l’espace. La voie lactée n’est pas qu’un éther éternel qui arrête le temps. Elle est une neige « flocon d’air » entre deux états et deux saisons qui allie la beauté de l’hiver à la renaissance du printemps. L’homme ou la femme-faucon semble ici retrouver une voix d’enfant à l’image du bébé à la fin de 2001…

City of love : la danse du faucon pris d’une illusion cotonneuse risque une chute dans le réel de cendres. Mais pour l’heure, il poursuit sa route et croise une cité idéale, eden d’amour, récompense du chemin parcouru. Il s’y plonge, « s’y abandonne ». Il retrouve un peu l’usage de la parole (« les mots au bout des lèvres ») et en même temps son humanité (« un chemin vers la vie »). Il continue son rêve d’enfant : « si je sais que je l’ai et le monde et l’envie » en écho à « il est à moi, le monde » de Dessine-moi un mouton. On peut aussi voir dans cette City of love une image du bonheur que l’on décide de construire pierre après pierre, avec force et ferveur, avec l’autre. Cet autre ici, on l’attend, peut-être parce que cette utopie spatiale n’est qu’une projection de l’inconscient et ne vaut pas l’amour sur terre de C’est pas moi. Les deux chansons sont d’ailleurs en vis-à-vis sur le livret. En tous cas, le faucon retrouve dans cette cité ses contradictions d’homme (peur et courage, joie et colère vont de pair), ses interrogations sur l’espace infini, du trou noir de l’incertitude à l’expérience, à l’étude et à l’émerveillement face à la neige astrale de lune-hiver. Dans son rêve, il revient donc de lui-même à son point de départ : il n’a pas quitté la voie lactée…

Un jour ou l’autre signe le retour au réel du faucon qui n’est qu’un homme perdu dans l’univers : « tout s’efface, un point dans l’univers ». La prison, la cité d’amour, la transformation en faucon, autant de projections de son esprit en fonction des sensations dans cet espace tour à tour menaçant, dangereux et sublime. On retrouve le fantasme salvateur mais factice de Stolen car et le film Interstellar de Christopher Nolan. Un homme seul, privé de toute source (« eaux solitaires » ou l’ « ocre, tout ruisselle » = eau de Mars ?) et de toute trace de vie, privé de l’autre, de son identité. Fragile humanité qui rappelle la chanson Fragile de Sting : nous sommes fragiles ici, nous le sommes encore plus là-bas. Le mirage spatial est un labyrinthe qui nous dépasse (« combien de vie se perdent en chemin »). L’enthousiasme de la conquête spatiale s’est révélé vain, au détriment de l’essentiel, la vie et l’amour sur terre : « nous irons aussi loin, nous prendrons le temps de nous ». Sursaut de l’âme tardif, nous aurions pu nous contenter de ce que nous avions, il est trop tard (« pluie de fous »). Le rêve-mensonge (« illusions à genoux ») au-delà de toute raison (« consciences endormies ») condamne l’humanité à disparaître : « l’absence et puis l’oubli ». Viennent les regrets sur ce qu’il aurait fallu faire sur Terre : l’amour de ses proches, l’amour des éléments (eau, air), respecter le ciel qui nous protège du feu asphyxiant de l’espace et pourquoi pas plutôt s’élever pour tenter de le recoudre ? Mais le ciel s’est résigné. L’homme est capable de merveilles (« des peintres de lumières ») comme d’organiser son propre trépas (« noirs mélanges ») et hypothétiquement le retour vers son créateur (« si c’est au nom du père »). Cette métaphysique tourne à vide dans l’esprit de cet homme perdu dans l’espace, car trop tardive (« des questions sans réponse »), tentation du renoncement : les océans d’illusions de jadis sont à genoux. En note finale pourtant, la voix de Mylène revient sur l’espoir incertain mais bien présent de retrouver une étoile, une terre aussi belle et bonne que la nôtre. Nous souviendrons nous ?

Triste fin ? Tout dépend de ce que nous en feront car, comme le rappelle la snare militaire du titre, il n’y a pas d’ailleurs… 

MF 24/7

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