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Optimistique-Moi

 

Optimistique-moiNouveau clip, nouvel univers… Mais pour Optimistique-Moi, une fois n’est pas coutume, Mylène et le réalisateur Michaël Haussman font de magnifiques clins d’œil au cinéaste Charles Chaplin. Simple exemple, l’image de Mylène, équilibriste, accompagnée par un singe qui reprend celle de Chaplin-vagabond dans le film le plus douloureux de Chaplin, Le cirque (1927) où l’on peut voir l’acteur, funambule, lui-même assailli par des singes.

Du point de vue du scénario, Optimistique-moi est une espèce de long travelling entre le rideau de la scène, ou se déroule le générique et les applaudissements, et la malle magique, sorte de porte ouverte sur un autre monde. De la, commence un parcours initiatique semé d’embûches pour la frêle équilibriste. Que ce parcourt se situe dans l’univers du cirque, n’a rien de plus étonnant, si l’on applique à ce beau clip, métaphore amoureuse, la phrase d’ouverture du film de Chaplin : « Un univers de sciure, de rires et de larmes, le cirque ». Substituez le mot amour au mot cirque, et tout le mystère des images semble révélé.

Le film de Chaplin raconte l’histoire d’une jeune fille, Merna, écuyère et équilibriste, qui est maltraitée par son père directeur du cirque. L’amour d’un funambule et sa fuite du cirque la mèneront au bonheur. Pour Haussman, c’est d’un père au rôle ambigu et difficile à cerner que Mylène, dans une tenue légère, quasiment en tenue de nuit pour « Maman à tort » en 1984 cherche à se défaire. Innocente et pure, elle est maintes fois associée aux colombes et aux plumes blanches (elle en tient dans sa main, des plumes volent un peu partout, sa robe se termine comme une queue de colombe). Oscillant entre crainte et désir, la jeune fille n’a qu’un souhait : Ne pas tomber. Un illusionniste, du reste pas inquiet, lui ouvrira les yeux en lui permettant de sortir de cette vie infernale. Ultime but et havre de paix, cette sortie n’est-elle qu’un songe ? On est en droit de se poser la question.

On retrouve beaucoup d’images chaliennes dans le clip : les clowns tristes qui miment la douleur de Mylène enfermée et sur le point d’être libérée, avec une force particulière donnée au clown blanc (personnage omniprésent dans le film de Chaplin) ; l’image de la femme aux sabres (mylène dans la malle qui est figurée sur une affiche chez Chaplin ; le père montreur qui est aussi Monsieur Loyal et directeur et qui maltraite sa fille dans l’œuvre cinématographique ; la présence des fauves, images ambiguës du danger et de l’attirance réconfortante (des tigres et des lions chez Chaplin) ; la boule de baudruche sur laquelle roulent chaplin et Mylène ; les spectateurs (des nains hideux, des animaux) accrochés au numéro des sabres, le fouet claquant et cinglant…

Du point de vue de la scénographie, le clip respecte la règle du film de Chaplin : l’axe de la profondeur (le regard du spectateur) est plus travaillé que celui du plan (l’axe de l’écran). La profondeur devient le champ de la violence, du désir et du drame. Beaucoup d’éléments apparaissent dans cet axe. En revanche, l’axe latéral de l’écran est celui du refuge, du cocon provisoire de l’enfance et de l’innocence. Espace du plaisir, c’est sur cette ligne imaginaire qu’évolue Mylène. Ainsi la corde sur laquelle elle progresse coupe et fend l’espace, sous le feu, les masques, et le rire sarcastique de l’aguicheuse brune attachée.

Rondeur et ligne s’opposent tout le long du clip comme chez Chaplin : le chapiteau du cirque, les clowns aux visages ronds, les nuages factices, les volutes et arabesques du décor, l’éléphant et le contorsionniste, le ballon que lancent deux pieds à l’arrière plan, la roue qui sert de cible, les lampes que tiennent les nains, les ampoules, la queue du singe en arc, les cerceaux pour les dressages des fauves, les formes féminines et factices, la cage, le gros ballon sur lequel est placé Mylène ; et en face les lignes dessinées sur le chapiteau la malle rectangulaire, le sabre, la corde, le fouet, , les crocs acérés, les tabourets carré des fauves, les barreaux de la cage, les quilles de jonglage, le corps tendu de Mylène pour rester en équilibre, les ombres coupantes du cracheur de feu et des clowns qui lacèrent la piste. Comme l’explique F.Bordat dans son analyse du Cirque, la brutalité de la violence et du désir (la ligne) fend l’espace du plaisir et du rire (la courbe). Clip ou film, la mise en scène prime sur la mise en thème. Dans cette logique des formes, le mouvement qui consiste à mettre en concurrence ligne et courbe est caractéristique du génie de Chaplin dans le cirque. La mise en scène du clip par Haussman n’est pas non plus vide de cette concurrence, ni de mouvements rectilignes qui déchirent l’espace arrondi. C’est d’abord une trapéziste qui se déplace de gauche à droite au dessus de Mylène et qui vient comme annuler son déplacement de l’arrière à l’avant plan. Il en est de même pour ce couteau qui vient de la gauche, et sort à droite de l’écran. La boule (rondeur) sur laquelle est placée Mylène par une trompe phallique se déplace aussi sur une ligne qui fuit à l’avant plan et rends perceptible cette dramatique profondeur de champ. Les lions donnent de violents coups de griffes dans l’image. A l’opposé, la malle rectangle est lancée dans un mouvement circulaire.

Les mouvements de caméra sont rares dans le début du clip, comme dans le cirque, et quasiment inexistants lors des déplacements de mylène-équilibriste, comme pour éviter les mouvements qui la déséquilibreraient et la tentation de bouger. Cette inertie s’oppose aux trois mouvements de la fin du clip lorsque Mylène part à l’arrière du véhicule. D’abord nous la suivons dans le même mouvement qu’elle (elle nous précède), ensuite nous passons devant elle, c'est-à-dire que nous nous déplacions avec elle en annulant son mouvement puisque nous percevons le mouvement du véhicule que par le rapport à notre inertie. L’action est presque présentée comme une illusion. Enfin, sitôt que la colombe a quitté sa cage, nous voyons Mylène partir vers le fond de l’image. Nous sommes immobiles, elle suit la route et se dirige vers l’arrière plan. C’est la fuite, la « libération ». Ces trois mouvements d’appareil sont caractéristiques du travail Chaplinien.

Tout tient dans cet équilibre précaire entre la cage froide, l’univers familier mais si peu attractif, et cette route qui fait rire Mylène où volent papiers et ordures. La cage aux lions où flottent des plumes d’un oiseau déchiré par le fouet et les crocs, c’est la vision de l’enfance mise en pièce, lacérée, du père qui détruit l’enfant. Sur le fil Mylène s’est rendue aux yeux de l’amour, plus fort que la raison. Un illusionniste qui la révèle en tant que femme, comme si l’enfance n’était qu’une illusion. Et cette révélation se fait aussitôt après le dernier couteau a percé le ballon, métaphore de l’hymen virginal perforé, que l’on retrouve sous la forme d’un cerceau de papier chez Chaplin.

Comme un chant prémonitoire, la chanson de générique du film de Chaplin rappelle la leçon de vie que Mylène nous offre dans ce clip :

 

Swing, little girl, swing   high to the sky
And don’t have a look to the ground
If you’re looking for   rainbows, look up to the sky
You’ll never find rainbows if you’re looking   down.
Life may be dreary, but never the same
Someday it’s sunshine,   someday it’s rain.
Swing, little girl, swing high to the sky
And don’t   have a look to the ground
If you’re looking for rainbows, look up to the   sky
But never, no never, look down.

 

Balance toi petite fille,   jusqu’au ciel
et ne regarde pas le sol
si tu cherche des arc-en-ciel,   regarde vers le ciel
tu ne trouveras jamais d’arcs en ciel si tu regarde si   tu regarde vers le bas
 La vie peut être monotone, mais aussi jamais la même,
Parfois le soleil brille, parfois il pleut
Balance toi petite fille,   jusqu’au ciel
et ne regarde pas le sol
si tu cherche des arc-en-ciel,   regarde vers le ciel
Mais ne regarde jamais, non jamais, vers le   bas.

 

Source : Mylène Farmer Magazine, N°22/Janvier - Février - Mars 2002
Texte d'Olivier Jourdain

 

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