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Giorgino - Interviews - Bonus DVD - 2007



  • Date
    2007
  • Média
    Bonus DVD Giorgino
  • Interview par
    Grégoire Melin
  • Fichier
    -
  • Catégories interviews



Mylène Farmer (actrice) : Quatorze ans ont passé. C'est la première fois depuis quatorze ans que je redécouvre ce film.
L'auteur a dit : "On ne peut embrasser Catherine sans embrasser la folie". Inquiétant pari que d'interpréter ce rôle, pour moi, mon premier rôle.
J'ai, malgré moi, peu de souvenirs du tournage aujourd'hui. J'ai d'ailleurs très peu de souvenirs en général. Pourtant, je me souviens très bien des paysages enneigés, de magnifiques paysages. Je me souviens de ce froid hivernal qui complique tout mais qui me replongeait instantanément dans mon lieu de naissance qui est le Canada. J'aime le froid. J'aime particulièrement la neige. J'ai le sentiment qu'il me protège, qu'il m'anesthésie.
Giorgino est un projet atypique, son sujet n'est pas classique. Le film est à la fois onirique, cynique, désespéré et si novateur, envisagé comme un conte mais qui se termine tragiquement. C'est un film qui est singulier dans son rythme, qui est d'une grande lenteur. C'est un film noir. Très, très noir, qui est vain, il n'y a pas de moralité. On est dans un genre peu commun, le conte. Avec une imagerie très forte, des maquillages appuyés, une blancheur spectrale. C'est un film très remarquable au sens premier du terme. Il dérange mais il ne laisse pas indifférent.


Laurent Boutonnat (réalisateur) : Giorgino, j'aimais bien ce nom et, en plus, en italien, c'est le diminutif de Giorgio. Et Giorgino, ça veut dire 'Petit Georges'. Et, c'est un peu l'histoire de ce garçon. Et le thème de ce film, c'est l'histoire d'une espèce d'enfant ou, qui est pris par les autres pour un enfant.
Comment ce projet est né, de quoi il est né ? C'est un petit peu mystérieux. J'étais très lié à l'époque avec Gilles Laurent avec qui on a écrit ensemble Giorgino. Petit à petit, on s'est mis à inventer, à rêver, à fabriquer cette histoire étrange.


Jean-Pierre Sauvaire (chef décorateur) : Laurent a commencé à me parler précisément du film. On a commencé à regarder les images, les films en référence et, sérieusement penser au film, au tournage, aux décors, aux repérages, à la lumière, comment on allait traiter ce film, quelles allaient être les directions artistiques pour ce projet.


Laurent Boutonnat : On a commencé le film par les extérieurs, janvier 1993. On savait qu'on avait à peu près deux mois et demi d'extérieurs dans la neige. A l'époque, on va tourner en Slovaquie. On a choisi cette endroit pour des raisons évidemment esthétiques mais aussi parce que on avait la certitude, après des études qu'on avait regardées sur 200 ans d'un enneigement à cette période de l'année.


Jean-Pierre Sauvaire : On avait choisi cet endroit parce qu'on était à peu près certain d'avoir du mauvais temps, des ciels chargés. On cherchait surtout pas en tout cas du soleil ni du beau temps ni du ciel bleu. On cherchait du froid, de la neige, des ambiances comme ça un peu lourdes.


Laurent Boutonnat : Et, dans la première semaine de tournage : redoux. Redoux, donc, la neige commence à fondre. Je me dis : "dans deux semaines, y'a plus de neige et on peut plus tourner". Je resserrais de plus en plus les plans en mettant du blanc dans le fond. On a ré-enneigé avec des machines à neige.


Didier Lavergne (chef maquilleur) : On s'est retrouvés dans des conditions extrêmes tous ensemble, bloqués dans un même endroit et, c'était : "t'es dans la tempête sur le bateau et il faut que t'avances". Sinon, le film, il existe pas. Non, non, c'était très atypique pour l'époque de tourner en Slovaquie, là.


Jean-Pierre Sauvaire : C'était très compliqué, d'abord parce qu'on apportait de la neige, mais il ne neigeait pas parce qu'il faisait froid, les machines gelaient. Donc, c'était très, très compliqué.


Laurent Boutonnat : On a prévu de tourner un décor en intérieur qui est toute la scène de l'auberge, deux mois ou trois mois après. A Prague, au studio Barrandov. Et, très vite, j'ai demandé au décorateur, Pierre Guffroy, si il pouvait construire en même pas dix jours, le décor de l'auberge.. parce uqe j'ai tous les acteurs qui sont là : les américains, les anglais, les français. Tout le monde est là et, dans dix jours, si ça continue comme ça, on ne peut plus tourner. Est-ce que, en dix jours, vous pouvez me construire l'auberge, n'importe où, dans un hangar, dans un... n'importe où, où vous voulez pour qu'on puisse continuer à tourner le moment où il n'y aurait plus de neige. Et, Pierre m'a dit : "Banco ! J'y vais !". Et, avec son chef constructeur, René, ils ont construit en à peine dix jours l'auberge. Heureusement, on a eu ce décor. Tous les acteurs étant là, on a pu tourner toutes les séquences d'auberge. Pendant ces quinze jours, la neige est revenue et cette fois, c'était encore plus de neige et il faisait très, très froid. (rires) Quand on tournait en extérieur, les moteurs des caméras gelaient, etc.

Dans l'écriture de Giorgino, l'acteur qui est existant dans l'écriture, c'était Mylène. ce n'est pas quelqu'un qui est arrivé après. Je suis dit : "Tiens, ce serait bien que Farmer puisse faire le rôle". Non, non, pas du tout ! Mais, Mylène a vraiment été la personne qui est là depuis le début dans cette histoire
Pour avoir déjà beaucoup travaillé avec Mylène, la connaissant très bien, l'ayant filmée beaucoup, il y avait une vraie confiance. Je connaissais très bien certaines choses que je souhaitais et que je voulais capter chez elle. Il y a souvent des gestes, des attitudes qu'on retrouve chez les enfants autistes.
Mylène était dans ma tête depuis le début dans le rôle, dans l'écriture du rôle. Et, bien sûr, que ce n'est pas Mylène, non plus, le personnage de Catherine. C'était une vision aussi que j'avais de Mylène, où j'aimais en tout cas voir Mylène. On n'a pas besoin de se parler énormément. je pense qu'elle comprend très vite ce que je veux. Quand on est habitué à travailler avec quelqu'un, les choses sont beaucoup plus simples. Par contre, c'est vrai que souvent, avec les gens qu'on connaît bien, les gens qu'on estime, les gens qu'on aime, on est souvent plus dur qu'avec les autres.


Mylène Farmer : Laurent a créé une vraie atmosphère. La personnalité de Laurent, elle aussi est atypique. Il a fait appel pour son tout premier film à deux personnes qui jouaient pour la première fois. Laurent est quelqu'un qui a le goût du risque et il sait emmener les autres dans un chemin long et tortueux de ses aventures. Il se met en danger et déploie une énergie considérable pour arriver à ses fins. Laurent est multi-talent : il écrit, il réalise, il cadre, il compose la musique. C'est à la fois impressionnant et démesuré selon le point de vue. Il est troublant d'être dirigée en tant qu'actrice par un réalisateur avec qui nous n'avons plus de secrets. Sur ce film, la direction d'acteurs reposait plus sur la confiance et passait par des regards, des non-dits que par les mots. Je me dis avec le recul que, finalement, ce manque de mots, cette absence de dialogue a créé chez moi, donc chez Catherine un chaos peut-être nécessaire ou intéressant pour le rôle. Je ne sais pas, c'est à lui d'y répondre.


Laurent Boutonnat : Ce n'était pas un rôle facile pour elle. La scène des douches était difficile. Elle avait des longs moments à passer dans une baignoire en zinc dans l'eau, fermée et avec une douche qui lui tapait sur la tête. je veux dire, c'est toujours quelqu'un Mylène qui va jusqu'au bout.


Jeff Dahlgren : Mylène est quelqu'un de très talentueux. Son écriture, sa manière d'être, de mener à bien son métier et sa vie. C'est vraiment quelqu'un d'unique. Après ma rencontre avec Laurent, je suis certain qu'il lui a parlé pour lui dire qu'il pensait à moi pour le rôle, que nous pourrions bien nous entendre tous les deux. Ce qui était capital car la relation entre les deux personnages de Giorgio et Catherine est au cœur de l'histoire. Elle m'a toujours aidé, elle m'a toujours tendu la main, et grâce à elle, ça s'est très bien passé.


Laurent Boutonnat : J'ai pensé pour le rôle de Giorgio à beaucoup d'acteurs différents. Un jour, j'ai rencontré par hasard Jeff parce que c'était l'ami d'une amie, un soir à dîner, etc. J'ai été frappé par son visage, par son regard et, quand je suis allé faire des essais, des tests avec des acteurs à Los Angeles, j'ai proposé à Jeff de venir si ça l'intéressait, etc. Et, pour ces essais, c'était vraiment un petit texte qui avait quelque chose à voir avec le film, un espèce de petit monologue et, j'avais juste amener un manteau et un chapeau. Et, Jeff, je l'avais trouvé bien mais, d'autres acteurs m'avaient un peu plus impressionné au moment des essais et,quand je suis rentré à Paris, la chose très curieuse, c'est que, le lendemain matin avec le décalage horaire, je me suis levé très tôt et, là, j'ai regardé la cassette des essais. Et, la personne la plus impressionnante à l'écran était Jeff. Là, j'ai vu Giorgino. J'étais vraiment impressionné parce qu'il dégageait... il avait une espèce de chose angélique, touchante, blessée et il faisait rien. Mais, je crois qu'il comprenait bien, il suivait. C'était assez souple, assez simple.


Jeff Dahlgren : J'ai endossé l'habit de Giorgio avec plus de facilité que je ne l'aurais cru au début. Bizarrement, au fur et à mesure il a pris le contrôle sur ma propre personnalité. Et çà de la préparation jusqu'au tournage. Un ami commun m'a présenté Mylène à Los Angeles. j'ai ensuite rencontré Laurent quand il est venu nous y rejoindre. Je ne parlais alors que de musique, de danse, car c'est de là que je viens, mais je n'avais jamais été acteur. Et c'est là que je me suis dit : "que va-t-il m(arriver ?". C'était impressionnant.


Laurent Boutonnat : Au début, il était un petit peu... forcément un petit peu tendu, d'autant qu'on a commencé par des scènes un peu difficiles. Pour se mettre en condition, dès fois, il buvait un peu, de la bière, des choses comme ça. Et puis, finalement, très vite, il s'est aperçu que ce n'était pas nécessaire. Ça a été très, très agréable de travailler avec lui. Au final, le casting s'est avéré d'une très grande liberté vu que le financement du film n'était pas lié ni à des studios, ni à des gros groupes. J'ai été extrêmement libre. La seule personne que j'avais en tête, que je connaissais depuis Vol au-dessus d'un nid de coucou, c'était Louise Fletcher. Et, à l'époque - mais j'étais tout jeune, je devais avoir, je sais pas... dix-huit ans - j'avais écrit un scénario et j'avais vu dans un annuaire de cinéma qu'elle était représentée en France par un agent. Et, j'avais appelé cet agent et, j'ai déjeuné avec elle. Alors, j'étais vachement impressionné. Elle avait lu mon script parce qu'elle parlait un petit peu français... Elle avait lu le script, elle trouvait ça très bien, elle était adorable. Bon, les choses se sont pas faites. J'avais dix-huit ans, je voulais faire un film... bon c'était un peu.... Mais, ça m'est toujours resté dans un coin de la tête. Et, cette petite histoire a fait que, au moment de Giorgino, j'ai pensé très vite à elle. Dès le départ, elle était vraiment liée au rôle qu'elle a dans le film. Elle était quelqu'un vraiment de totalement ouverte, attendant tout de vous, écoutant, se laissant guider. Elle était très agréable avec ce côté très professionnel qu'ont beaucoup les américains, d'ailleurs.


Jean-Pierre Sauvaire : Quand je la voyais sur le plateau le matin, j'étais effectivement captivé plus par elle que par les autres. Il y avait quelque chose d'un petit peu pas mystique mais magique qui se dégageait de sa personnalité, de son regard. Et, effectivement, je dois dire que c'était un grand bonheur, une grande chance d'être auprès d'elle. Très, très grande dame. Très belle femme. Formidable, vraiment formidable.


Laurent Boutonnat : Puis, il y avait beaucoup d'acteurs différents. La majeure partie des femmes qu'on voit dans l'auberge, etc. étaient toutes anglaises et, elles étaient incroyables. Les acteurs anglais ont vraiment un truc particulier. Et puis, des acteurs tchèques aussi. Frances, quand je l'ai vue, elle était exactement ça, ce mélange de sensualité, d'hystérie, de noirceur. J'ai pas eu d'hésitations.


Didier Lavergne
: Il faisait tellement froid que, France Barber, il y avait une scène où elle devait pleurer, elle ne voulait pas que je l'aide et bon, elle a pleuré naturellement et, la larme s'est figée, a gelé sur sa joue, dans l'instant ; c'est-à-dire qu'elle est tombée, elle s'est arrêtée là (il montre la joue, ndlr), il y avait la larme et quand on en a voulu lui enlever, ça lui a fait une cicatrice, une mini-cicatrice.


Laurent Boutonnat : Et, les autres acteurs... Joss Ackland, par exemple est quelqu'un que j'avais vu jouer dans plusieurs films. Il jouait toujours des méchants, des types très durs, des parrains siciliens. J'avais toujours trouvé que ce type avait quelque chose de touchant dans son visage. Et, en même temps était inquiétant avec ses grands yeux, comme ça. Ça m'a paru naturel dans un deuxième temps de lui proposer le rôle du prêtre. Puis, le rôle aussi d'un réalisateur, c'est aussi de rassurer. Les acteurs, souvent, sont des gens qui ont besoin d'être rassurés. Ce qui était amusant, c'était les rapports entre Jeff et Joss Ackland, par exemple. Joss Ackland était, est un vieux Monsieur, un acteur confirmé qui a fait beaucoup de choses, qui est un homme assez dur avec les autres. Mais... Donc, c'était assez amusant. Parce que Jeff avait ce côté américain un peu 'Fuck You', etc. mais en même temps très respectueux. Ils avaient un rapport très étrange tous les deux.


Jeff Dahlgren : Je me souviens de la scène avec Joss Ackland dans le cimetière il faisait si froid dehors que quand on se mettait à tourner, nos lèvres étaient paralysées. Plus rien de notre visage ne bougeait, et nous devions rester dans le froid pour finir la scène, tandis que nos visages se figeaient toujours plus. C'était si extrême que c'en était vraiment drôle.


Laurent Boutonnat : Jeff a été très incroyable parce qu'il débarquait de Los Angeles où il devait faire 35° et il débarque, il arrive tout d'un coup en Slovaquie où il faisait -20°, -30°. Donc, ça fait un très, très gros écart de température. Je pense qu'il n'avait pas une grande habitude du froid.


Didier Lavergne : Je pense que c'était un personnage extrêmement zen dans sa tête et qui savait s'adapter et qui savait supporter des conditions extrêmes. Je ne l'ai jamais entendu se plaindre. C'était quelqu'un d'assez confortable à tourner.


Laurent Boutonnat : C'est un type absolument charmant, Jean-Pierre. A l'époque, il avait, je crois 82-83 ans.


Jean-Pierre Sauvaire : Il avait du mal à mémoriser son texte. Donc, ce qui se passait, on le faisait répéter un moment, jusqu'au moment du clap. Entre le moment du clap et le moment où on dit : "Action", il se passait quelques secondes et, il avait oublié.


Jeff Dahlgren : Quand j'ai rencontré Jean-Pierre Aumont je me suis particulièrement bien entendu avec lui. J'adorais qu'il me raconte ses histoires avec Ginger Rogers, Marilyn Monroe, toutes ces vieilles histoires qui lui étaient arrivées sur les quelques 70 films qu'il avait tournés. Il m'a même invité chez lui dans le Sud de la France, mais je n'ai pas pu y aller. Quand j'ai ensuite voulu y aller, il était trop tard il nous avait quittés et je m'en suis voulu.


Laurent Boutonnat : Dans sa façon de jouer, ça rajoutait ce côté fantomatique de ce personnage qui, finalement, je pense est une espèce de fantôme dans cette histoire. C'était un type incroyable, drôle... Heureusement que c'est lui qui a joué ce personnage. Je crois d'ailleurs que c'est le dernier rôle qu'il a fait pour le cinéma. Il a du tourner pour la télévision mais pour le cinéma il me semble que c'est la dernière chose qu'il ait fait.


Jeff Dahlgren : La complexité du personnage de Giorgio vient de la très grande diversité des facettes qu'il dévoile tout au long du film. En pleine forme et joyeux à un moment, puis tout d'un coup paralysé la séquence d'après. Je savais que j'aurais 127 ou 129 scènes à tourner. C'était beaucoup de travail. j'ai saisi l'ampleur de la chose en arrivant sur le tournage, quand on a commencé dans les immenses studios de Prague où on avait reconstitué l'intégralité de l'orphelinat. En arrivant, j'ai réalisé que j'avais tellement de scènes avec Mylène et Jean-Pierre Aumont que j'ai tout d'un coup saisi toute l'ampleur de la chose.


Laurent Boutonnat : Ces plateaux des studios de Barrandov à Prague sont des très vieux plateaux, très, très hauts. Des vrais plateaux de cinéma ! Et en plus, il y avait des systèmes, je me rappelle, de poulies et de chaînes accrochées à chaque arbre qui étaient des vrais arbres, qui avaient été ramenés, etc. De temps en temps, on déplaçait des arbres ailleurs pour masquer des fonds, masquer un projecteur, il y avait toute une logistique assez complexe. On avait vraiment l'impression d'être dans la neige, le froid en moins bien sûr.


Jean-Pierre Sauvaire : On occupait à peu près tous les plateaux de Barrandov, parce qu'on avait ce décor principal des marais qui était énorme, qui faisait 1 500 ou  2 000m2, c'est-à-dire tout un plateau. Et, la particularité de ce décor, c'est qu'évidemment pour qu'il y ait des fosses, pour créer des marais avec des niveaux de profondeur, il fallait qu'il soit construit en hauteur . Donc, ce décor était en hauteur, construit à environ deux mètres de haut. Donc, déjà, il y avait toute une infrastructure de base pour pouvoir supporter ce décor. Donc, c'était exceptionnel, c'était un très, très gros travail de construction des décors et de raccords lumières et de raccords d'ambiance aussi pour les acteurs et de... Mais, passionnant ! Passionnant !


Laurent Boutonnat : On avait ce côté très sourd du son parce que il y avait de la fausse neige partout et, c'était très sourd, très calme, très... Une curieuse ambiance quand on tournait ces scènes.
J'ai pu sur Giorgino, faire construire les décors que je souhaitais. D'ailleurs, on a fait avec Pierre quelque chose qui n'est pas logique dans l'architecture et dans les villages en France. C'est-à-dire que les églises sont toujours dans les villages. Mais, là, dans l'histoire, je voyais le village, l'église en dehors du village et, ensuite l'orphelinat. On a trouvé ces décors dans les Carpates... enfin dans les Tatras qui sont les Carpates slovaques. Cette petite route et ces paysages enneigés à l'infini. On a trouvé un lieu parfait avec des vues sur la montagne, etc. pour construire le village. Et, l'endroit idéal pour construire l'orphelinat. Donc, ça, c'est formidable.


Jean-Pierre Sauvaire : La collaboration artistique avec Pierre Guffroy, le chef décorateur où, là aussi c'était une collaboration, je dirais exceptionnelle . On travaillait sur plan, sur des vrais plans, des plans qui faisaient un mètre de haut par des fois cinq mètres de long. On plaçait les projecteurs sur plan. Si toutefois on ne trouvait pas de solutions, Pierre me proposait des solutions techniques qui, moi me permettaient de positionner mes projecteurs. On a fait un très, très gros travail en préparation. Et puis, il y avait une très, très collaboration avec Pierre au niveau de la matière du film, c'est-à-dire des textures, des couleurs, des patines. Et chaque fois, à chaque prise et, quelquefois jusqu'au dernier moment, on retouchait tout ça pour que ce soit conforme en tout cas à l'idée qu'on se faisait de l'image qu'on voulait. C'était un film lourd, c'était un film avec une ambition artistique forte. C'était un film un petit peu à part dans le paysage du cinéma français.


Didier Lavergne : Je connaissais le travail de Laurent à travers ses clips. Il y avait une nouvelle facture. Moi, j'imaginais à travers de ce que j'avais vu de ses clips, que c'était quelqu'un qui avait un univers donc, ça m'intéressait dans cet univers. Laurent est aussi atypique dans sa manière de tourner que dans ses scénarios.


Jean-Pierre Sauvaire : Chaque scène était chaque fois une véritable prouesse artistique, technique, de mise en scène aussi. Puis, la scène de fin, notamment, avec des chiens, qui était très difficile à mettre en boîte parce qu'il n'y avait pas de trucage numérique à l'époque. Donc, il y a je ne sais combien de chiens, 200 ou 300 chiens qui sont venus, qui ont été récupérés dans toute l'Europe avec des convois entiers. Il fallait que ce soit des chiens identiques, qui aient à peu près le même gabarit, la même couleur et qui, dans la scène de fin se dirigent vers le même endroit, vers le cimetière. Donc, il y avait 200 ou 300 chiens, comme ça qui ont été lâchés dans la nature; Mais, il fallait quand même que ces chiens soient canalisés vers un point précis avec des maîtres-chiens qui les appelaient, qui les dirigeaient.


Laurent Boutonnat : Il est bien évident qu'aujourd'hui, un projet comme ça, je ne le ferais pas comme ça. Je ne partirais pas comme je suis parti à l'époque. Je pense que si il n'y avait pas cette nécessité, cette volonté à cette période-là de faire ce film, ce film n'aurait jamais existé. Il n'aurait jamais du se faire. Son économie, la façon dont les choses se sont montées n'étaient pas rationnelles. Donc, il n'aurait pas pu exister.


Mylène Farmer : C'était impressionnant aussi que travailler avec des acteurs aussi talentueux que Jean-Pierre Aumont ou Louise Fletcher. Ils ont eu la générosité d'accueillir avec bienveillance deux acteurs débutants. Moi-même et Jeff Dahlgren. D'ailleurs, je n'oublierai jamais un fou rire avec lui, interminable. Il devait dans une scène descendre un escalier se dirigeant vers moi et disait combien il me trouvait belle. A chaque fois qu'il se retrouvait à mon niveau, un fou rire nous prenait. Nous avons du recommencer, recommencer, encore et encore jusqu'à ce que nous ne trouvons plus le moyen de nous calmer et du ramasser un clou plus que douteux par terre et que j'ai mis dans ma main pour avoir mal. Nous avons enfin pu faire la prise.
Il y aurait tant de choses à dire sur Giorgino. Ce fut difficile, parfois douloureux. Mais, j'aime ce film.

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