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Mylène Farmer - Interview - 7 à Paris - 26 avril 1989






Provocatrice :
Si je suis provocatrice, c'est à la manière d'Oscar Wilde, dans une ambiguïté permanente, à cheval entre le clair et l'obscur. Mon public ne s'y trompe d'ailleurs pas. Comme celui de Tintin, il s'étage de 7 à 77 ans. Composé d'honorables sexagénaires, de bambins (séduits par les singes captifs qui peuplent mon célibat) et de nombreux homosexuels des deux sexes. Pourquoi ? Probablement parce qu'ils ont une sensibilité d'écorchés vifs.


Le show-business :
Je déteste la vulgarité et la superficialité de ce milieu.


La célébrité :
Je n'ose pas sortir dans la rue de peur d'être reconnue.


Paradoxale :
(On me dit) Kamasoutra, je réponds Oscar Wilde. J’aime l'odeur du café, mais en déteste le goût. (On me dit) "Top 50", je réplique Ionesco, Desproges et Woody Allen.


Elle crée le scandale :
Si je fais scandale, c'est simplement que je ne respecte pas les tabous usuels.


Lesquels ?
Eh bien... la mort et, euh, le... euh... sexe ?


Incomprise comme Baudelaire :
Il faut se détruire pour vivre intensément et souffrir le martyr pour être véritablement artiste. J'aime l'aventure, les extrêmes, le risque physique.


Son idéal masculin :
Il a 40 ans, le regard d'un enfant (sans l'innocence), il est fort (mais fragile), il est triste (mais immature), lucide et fan de Baudelaire.



Retranscription le 16 mars 2013

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