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Mylène Farmer - Interview - France Soir - 19 novembre 1988



  • Date
    19 novembre 1988
  • Média / Presse
    France Soir
  • Interview par
    -
  • Fichiers
    Mylène Farmer Presse France Soir 19 novembre 1988
  • Catégories interviews



Mylène Farmer : Le bonheur je ne sais pas ce que c'est. Je ne connais que des moments d'extase ponctués de désespoir et d'anéantissement.


France Soir : Pour la première fois elle a pris la plume et écrit les textes de son album disque de platine Ainsi soit je...
Mylène Farmer : J'ai le démon de l'écriture. J'y pensais depuis longtemps et j'ai mis fin à mes inhibitions. Ecrire, c'est à la fois un viol et une jouissance. 


France Soir : La chanson Pourvu qu'elles soient douces.
Mylène Farmer : J'avoue. C'est une chanson pamphlétaire. Elle s'adresse à la grande perversion des hommes, du moins celle qu'ils pensent s'accorder.


France Soir : Car la perversion n'est pas l'apanage de la seule gent masculine.
Mylène Farmer : Je ne pense pas être une perverse sexuelle. Et puis, une perversion, cela peut être la normalité non ? Tout dépend de ses propres valeurs.


France Soir : Le sexe est-il la seule chose qui importe dans la vie de Mademoiselle Farmer ?
Mylène Farmer : Je crois que je pourrais vivre sans. Mais pas sans fantasme : je vis de fantasmes et c'est une mortification de savoir que je ne pourrai pas tous les assouvir.


France Soir : Son fantasme habituel : vivre avec trois hommes sans qu'aucun ne connaisse l'existence des deux autres.
Mylène Farmer : Trois amants car trois est le chiffre parfait.


France Soir : Bien qu'elle se dise pudique, elle n'hésite pas à se montrer fort dénudée dans ses clips.
Mylène Farmer : Quand je me vois à l'écran, je n'ai pas l'impression que c'est moi. Je suis d'une pudeur maladive. Je suis gênée quand je me déshabille, même devant l'homme que j'aime.


France Soir : A défaut d'enfants (elle n'en désire pas) elle élève deux singes capucins. Comme eux elle possède de multiples facettes qui la rendent insaisissable.
Mylène Farmer : Je suis sincère. Je vis dans mon monde pour oublier la réalité. J'ai peur du noir. Quand je suis dans le noir, je ferme les yeux


France Soir : Quelle serait la pire des audaces ?
Mylène Farmer : Vous embrasser sur la bouche, là, immédiatement.

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