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Mylène Farmer - Interview - Lazer - M6 - Mai 1987






Mady Tran : Sur le plateau de "Lazer" aujourd'hui est tombée comme par magie une poussière de cendres de lune : j'ai avec moi Mylène Farmer. Je suis très excitée à l'idée de recevoir ce personnage, car c'est vrai, dans la production actuelle en France c'est un personnage, c'est une image tout à fait à part. Merci Mylène d'être venue nous voir !
Mylène Farmer : Bonjour !


Mady Tran : Comment vas-tu ?
Mylène Farmer : Très, très bien, merci !


Mady Tran : Je suis très contente de te recevoir, d'autant que ce dernier 45 tours que tu es venue nous présenter nous plaît. Alors j'espère que je vais le faire aimer à tout le monde parce que ça, c'est un genre de challenge qui me plaît et qui m'intéresse. Je voudrais tout simplement pendant une heure et demie faire connaissance avec toi et te proposer de la musique, et parler de toi pour tous ceux qui nous regardent.
Mylène Farmer : D'accord !


Mady Tran : D'où viens-tu, Mylène ?
Mylène Farmer : Je suis née à Montréal, donc au Canada, et je vis en France depuis l'âge de 9 ans. Que dire d'autre ? Je ne sais pas !


Mady Tran : Ce que je voudrais, moi, dire, c'est rappeler un petit peu les chansons qui nous ont marqués. Le premier 45 tours...
Mylène Farmer : Le premier 45 tours s'intitulait Maman a tort...


Mady Tran : Et là vraiment, genre de flash, quand même, pour nous tous car c'était très particulier. On se demande toujours quand on te regarde évoluer si c'est un vrai personnage sorti d'une légende ou si c'est quelque chose que tu as eu envie de fabriquer, d'élaborer au fil des années et de ton travail.
Mylène Farmer : C'est vrai que ce mot de "fabrication" est quelque chose qui me dérange, mais chacun pense ce qui lui plaît, comme on dit. Non, c'est certainement mon personnage qui est illustré par des chansons, par des clips, par plein de choses.


Mady Tran : Des clips qui marquent eux aussi, et on parlera un petit peu plus tard de la projection que tu donnes de toi dans ces clips. On parle de toi en terme de libertine, et c'est pas un doublon par rapport à la chanson : c'est vrai qu'on y a pensé dès le départ ! Maman a tort c'est quoi, en fait ? C'est un SOS ? C'est un cri ? C'est quoi ?
Mylène Farmer : Maman a tort, c'était une façon de parler d'amours étranges qu'on peut avoir quand on est adolescente ou adolescent, rencontrer une personne... Et c'est vrai que là, c'était un domaine hospitalier avec une infirmière, c'est une projection, comme ça, de la mère. C'est un amour interdit qu'on peut avoir avec une personnalité féminine, pourquoi pas.


Mady Tran : Mais tout dans tes chansons suggère l'interdit, mais d'une manière très magique.
Mylène Farmer : Tant mieux ! Mais j'aime les interdits.


Mady Tran : Alors, je voudrais qu'on reparle du deuxième 45 tours, qui là aussi...
Mylène Farmer : Qui était On est tous des imbéciles.


Mady Tran : On est tous des imbéciles, et là c'est déjà beaucoup plus agressif dans le titre.
Mylène Farmer : Je sais pas si c'est réellement agressif... C'est certainement provocateur. Et moi j'aime bien mettre en exergue cette phrase qui disait : "On est tous des imbéciles, mais ce qui nous sauve c'est le style". Et je pense que c'est vrai ! (rires)


Mady Tran : C'est pas dénué d'humour, de toute façon !
Mylène Farmer : Non, de toute façon.


Mady Tran : Alors, tu es venue nous présenter ce 45 tours, mais avec aussi un clip fabuleux. J'aimerais que tu nous racontes, après la chanson, le tournage. Régalez-vous : plus de onze minutes de rêve et de magie ! Mylène Farmer, Tristana.


Le clip Tristana est diffusé en intégralité y compris le générique de fin.



Mady Tran : Difficile de faire mieux dans la beauté et dans la magie ! Il suffit de la regarder pendant que nous découvrions ce clip – parce que je crois qu'à chaque fois que vous le verrez, vous le redécouvrirez, c'est du vrai scope et pendant qu'on regardait ce clip, Mylène avait la tête penchée. On a l'impression que c'est quelque part un peu comme le message de Prince – Dieu sait s'il y a pas vraiment de corrélation entre vous deux ! –   que quelque part tu livres quelque chose et que ça ne t'appartient plus et que c'est aux autres de le recevoir. Je suis très, très émue devant ce clip !
Mylène Farmer : Je le suis aussi ! C'est-à-dire que moi, c'est toujours le générique aussi, de prendre le parti de passer le générique... Le générique lui-même, c'est tellement une histoire ! C'est la concentration de tout un tournage. Et je trouve très beau un générique en cinémascope !


Mady Tran : C'est magique, tout à fait. Il y a plein de choses à souligner dans ce clip. La première chose qui m'a frappée, hormis la beauté et hormis la merveilleuse lumière, c'est la dédicace : "A Papa". Elle vient de toi ou elle vient du réalisateur ?
Mylène Farmer : Non, je pense qu'elle ne peut venir que de moi !


Mady Tran : Bien sûr.
Mylène Farmer : Je préfère taire les circonstances parce que là, j'ai beaucoup de pudeur à cet égard. C'est vrai que de mettre ça sur un écran, "A Papa", c'est un paradoxe mais j'avais envie de le faire.


Mady Tran : Mais le personnage est bourré de paradoxes. Il suffisait simplement de souligner cette dédicace et ça suffit, je crois. Alors le tournage : est-ce que c'est toi qui parles en russe, d'abord ?
Mylène Farmer : C'est moi qui parle en russe. J'ai appris le russe en seconde langue, donc, à l'école. J'en ai oublié quasiment la totalité, si ce n'est les bases : j'arrive à relire le russe, donc l'alphabet. Et donc c'était un... comment dire ?


Mady Tran : Retour aux sources ?
Mylène Farmer : Un peu un retour aux sources. J'adore cette langue, j'aime ce pays et c'était une façon, comme ça, de rendre hommage à ce pays et de retrouver des personnages qui sont réellement russes dans ce clip.


Mady Tran : Alors, vu le titre de la chanson, j'ai pensé bien évidemment...
Mylène Farmer : A Buñuel ? (Le film Tristana avec Catherine Deneuve sorti en 1970, NDLR) (rires)


Mady Tran : ... au film de Buñuel.
Mylène Farmer : Que je n'ai pas vu, je rassure tout le monde ! (rires)


Mady Tran : Mais je suis sûre qu'il te plaira car il y a vraiment tout, quoi, je veux dire, toute la palette des sentiments...
Mylène Farmer : C'est vrai que Tristana est plus un nom espagnol et moi quand je pensais Tristana, je pensais russe, mais en fait il faudrait dire "Tristania" ! Donc c'est un petit peu plus complexe à retenir.


Mady Tran : Alors je te rassure : Deneuve y est perverse à souhait et vachement séduisante ! (rires) Donc, je pensais à ce film et je découvre en regardant ce clip que c'est davantage plus proche du conte de fées, avec tout ce que ça peut avoir de cruel.
Mylène Farmer : C'est ça, c'est un doux mélange. C'est Blanche-Neige et les sept nains transposé en Russie, avec de la violence, avec un romantisme poussé à l'extrême. C'est tout ce que j'aime.


Mady Tran : Et des paysages d'une région de France qui est le Vercors...
Mylène Farmer : Que vous connaissez, je crois !


Mady Tran : Que je connais bien !
Mylène Farmer : Que moi je connaissais absolument pas. C'est vrai que j'ai découvert des paysages magnifiques ! On a eu beaucoup de neige, alors que partout ailleurs la neige avait fondu et ça, il y a de ça un mois, et c'était prodigieux comme tournage.


Mady Tran : Alors tu nous donnes beaucoup de joie avec cette chanson et ce clip et ça, je crois qu'il faut le dire car c'est pas toujours le cas, et je t'en donne en retour avec cette chanson de U2.

(...)

Diffusion du clip de U2, With or without you.

(...)


Mady Tran : Je me tourne vers mon invitée d'aujourd'hui, Mylène Farmer, qui est venue nous présenter son 45 tours Tristana, et j'ai envie de aire un petit retour en arrière encore une fois avec Libertine. Alors, tous les clips de Mylène Farmer sont très particuliers, il y a une ambiance, il y a un climat. Ils sont même pour certains osés, pour d'autres intéressants. Quelle a été la réaction des gens par rapport au fait que d'une part tu te dénudes dans tes clips, et toi comment tu le vis, ça ? Est-ce qu'il y a une raison de se dénuder dans un clip ?
Mylène Farmer : Il y a une raison à partir du moment où c'est quelque chose que le réalisateur et moi-même avons déterminé. En l'occurrence, c'était dans une histoire avec des libertins, un salon libertin, une histoire romantique, une rivale, un amoureux, une amante donc...


Mady Tran : Un duel !
Mylène Farmer : Un duel. C'était un moment qu'on avait envie de privilégier. Que moi, ça me dérange d'être nue à l'écran, je l'ai fait dans ce clip parce que c'était une volonté. Jamais je n'irai me mettre nue ni dans un journal, ni ailleurs. C'est quelque chose qu'on décide.


Mady Tran : Et qu'on ressent.
Mylène Farmer : Certainement. C'est difficile, c'est vrai, de se mettre nue à l'écran mais pas plus difficile finalement que de venir faire un interview !


Mady Tran : Est-ce que tu te sens à l'aise dans cette époque-ci ?
Mylène Farmer : 87 ?


Mady Tran : Oui, les années 80, l'an 2000 qui arrive...
Mylène Farmer : J'avoue que je ne sais pas si je suis à l'aise ou mal à l'aise. Je crois qu'il y a des hauts et qu'il y a des bas, mais dans n'importe quelle époque.


Mady Tran : Et ce métier d'artiste, est-ce que c'était ça ou rien, ou est-ce qu'il y avait d'autres tentations dans la vie, à savoir la création dans le stylisme ou dans la mode ?
Mylène Farmer : Non. Je crois que ma vraie naissance c'était le jour où j'ai enregistré Maman a tort. C'est le jour où j'ai rencontré cette personne qui est Laurent Boutonnat, qui est donc également le réalisateur de ces clips, qui est également compositeur. C'est le jour où j'ai pu naître, oui, c'était une naissance.


Mady Tran : Alors, on parlera plus avant de ton équipe, parce que je sais que tu es quelqu'un qui fonctionne en équipe, malgré que tu aies l'air comme ça très solitaire et très mystérieuse.

(…)


Diffusion du clip Demain c'est toi de François Feldman.


(...)

Mady Tran : Aujourd'hui sur le plateau de "Lazer", c'est Mylène Farmer, énigmatique et très mystérieuse. C'est difficile d'essayer de cerner un personnage sans le déflorer, mais on va quand même essayer de le faire parce que je crois que ce qui fait tout l'intérêt du tien personnage, de ton personnage, c'est justement ce côté mystérieux. Alors, bon on en est resté au tournage de tes clips, qui passent pas inaperçus, et je voudrais savoir comment tu vis ton quotidien dans ce métier. Est-ce qu'il est difficile d'évoluer dans la production française aujourd'hui en ayant une telle personnalité et en étant quelque part tellement typée que ça t'isole probablement du système ?
Mylène Farmer : Oui, mais je crois que c'est un isolement qu'on s'impose un peu. Je veux dire, je ne suis pas réellement tout ça. C'est vrai que quelquefois je ressens un divorce énorme d'avec cette famille soi-disant du show-business, que quelquefois je suis profondément déçue de l'attitude de ces personnes qui font le show-business, que cette famille a essayé d'installer une dite loi et que eux-mêmes ne respectent pas cette loi. Et ça, c'est quelque chose, c'est un manque d'intégrité, c'est peut-être la chose qui me choque le plus. Maintenant, depuis Maman a tort, je fais à peu près ce que je veux, je crois, avec le plus de passion possible et de plaisir. Quelquefois, on se heurte à des murs mais ça ne m'empêche pas moi de continuer et d'aimer ça, et c'est le principal je crois.


Diffusion du clip Carrie de Europe.


Mady Tran : Voilà. Mylène est avec moi sur le plateau de "Lazer" sur M6, Mylène Farmer. On parlait tout à l'heure de ce métier et je voudrais moi développer cette notion d'équipe qui semble t'être chère, quand même. Tu travailles avec beaucoup de monde ?
Mylène Farmer : Non, très peu, avec essentiellement Laurent Boutonnat. J'ai une personne qui est avec moi depuis pratiquement le début, la fin de Maman a tort, qui est Bertrand Le Page, qui fait office de manager, qui a un statut plus important. Et puis une attachée de presse qui travaille avec moi, qui est Danyèle Fouché.


Mady Tran : Qui est là !
Mylène Farmer : Et puis bien sûr la maison de disques. Mais j'ai réellement trois personnes à côté de moi.


Mady Tran : Et ce sont des gens qui ont compris les subtilités de ton personnage et qui t'ont aidée à l'enrichir ou tu es complètement responsable de tes choix ?
Mylène Farmer : Responsable, je sais pas ! Cette rencontre avec Laurent, moi je la qualifie du domaine de l'exceptionnel, c'est-à-dire les rencontres qu'on a très peu dans sa vie, qu'on doit privilégier. C'est vrai que cette rencontre avec Laurent, c'était extraordinaire pour moi parce que c'est quelqu'un qui a énormément de talent dans beaucoup de domaines, qui a des choses qui l'attirent qui moi m'attirent, des choses qu'on a en commun. Et c'est vrai que c'est fascinant de trouver un personnage comme ça. Voilà, donc Mylène Farmer c'est un peu de moi, c'est certainement un peu de Laurent Boutonnat, c'est beaucoup de choses.


Mady Tran : Tu penses que dans ce métier il est indispensable qu'il y ait une osmose entre un auteur, une interprète, un musicien ?
Mylène Farmer : Pour la longévité, oui, je crois. C'est-à-dire pour un léger équilibre qu'on peut avoir, parce que c'est difficile de l'avoir, c'est fondamental, oui, pour moi.


Mady Tran : Est-ce qu'on peut fonctionner longtemps avec la même personne, toujours dans un cadre très professionnel ?
Mylène Farmer : Ça, c'est des choses qu'on ne peut pas dire. Je ne sais pas.


Diffusion du clip Les envahisseurs de Arnold Turboust.

(...)

Mady Tran : Aujourd'hui j'ai une sorte de personnage magique sur le plateau de "Lazer". J'aime bien appuyer sur cette notion...
Mylène Farmer : C'est gentil ! (rires)


Mady Tran : Car c'est comme ça que je te reçois, et peut-être que les autres te reçoivent différemment, et donc, pour reprendre cette image de toi qui est presque irréelle et venue d'une autre époque, de par le look, de par les couleurs et la gestuelle aussi, ça on oublie trop souvent d'en parler ! C'est vrai que quand on te regarde à la télévision, y a des gestes, y a une manière de bouger et de se mouvoir qui est tout à fait particulière. Alors Mylène Farmer, elle fait son marché comment le matin ? En jogging baskets ou en queue de pie ? (rires)
Mylène Farmer : Elle fait rarement son marché ! (rires)


Mady Tran : Tu manges comment ?
Mylène Farmer : Je mange n'importe quoi, je n'aime que le sucré ! J'ai très peu de goût culinaire, malheureusement.


Mady Tran : Tes goûts sont exotiques dans tous les domaines ?
Mylène Farmer : Je ne sais pas si on peut qualifier ça d'exotique, mais ils sont certainement étranges, oui ! (rires)


Mady Tran : Tes références - on ne va pas citer le mot de "culture" parce que c'est très souvent galvaudé - tes références en matière de cinéma, de littérature : tout ce qui fait tes clichés à toi, c'est quoi ?
Mylène Farmer : Je cite toujours un auteur, mais parce que je l'aime réellement, ce serait presque un livre de chevet, c'est Edgar Poe. J'aime le fantastique, j'aime l'imaginaire, j'aime l'étrange, le morbide. J'aime bien Maupassant... En ce moment, je lis plutôt du Strindberg, que j'avais effleuré, mais côté théâtre. Là, je lis plutôt les nouvelles. Mais il y a énormément d'auteurs dont je ne connais pas d'ailleurs la totalité de leur œuvre.


Mady Tran : Et dans le cinéma ?
Mylène Farmer : Dans le cinéma, il y a un film que j'ai vu récemment, mais j'ai surtout lu le livre, qui est donc Dracula et qui est un livre fantastique et qui n'a jamais été porté à l'écran de la même façon, avec autant de talent que l'écriture elle-même. Sinon le cinéma, j'aime beaucoup Roman Polanski, spécifiquement Le locataire, j'aime bien Tess. J'aime bien Zulawski, Kubrick...


Mady Tran : Des gens qui sont...
Mylène Farmer : J'aime beaucoup le cinéma russe, également, Tarkovski. J'aime bien Bergman...


Diffusion du clip Nothing's gonna stop us now de Starship.

(...)


Mady Tran : Sur les plateaux de télévision, il y a des gens qui travaillent, il y a des gens qui participent à l'élaboration, à la réalisation d'une émission et puis de temps en temps, on voit des visages inconnus. C'est le cas aujourd'hui sur ce plateau de "Lazer" et sur M6 : il y a quelqu'un qui suit Mylène Farmer partout où elle se déplace, et je crois que je ne dévoile pas un secret en disant qu'il y a une jeune fille qui te suit, qui t'aime...
Mylène Farmer : Oui, je viens de l'apercevoir ! Je crois que chaque artiste a une ou deux personnes, c'est vrai, qui suivent quotidiennement sa carrière, ses prestations de télévision. Et c'est vrai que cette jeune fille qui s'appelle donc Nathalie, pour lui donner une identité, est une personne qui me suit depuis le début et qui est très, très opiniâtre !


Mady Tran : Au-delà de ça, au-delà de l'affection et de l'admiration que peuvent porter des gens à un artiste, est-ce que de n'avoir qu'une fan, qu'une admiratrice qui vous suit partout, je trouve ça très, très étrange mais est-ce que c'est une sorte de miroir pour vous ? Est-ce que c'est réflecteur de quelque chose ? Est-ce que vous en avez besoin ? Je dis "vous" parce que je pense qu'il y a d'autres gens comme toi qui ont une admiratrice ou un admirateur qui les suit.
Mylène Farmer : Besoin, je ne sais pas. C'est quelque chose, moi, qui m'émeut, mais également qui, je dirais pas qui m'étonne, mais c'est un peu une interrogation que j'ai par rapport à ce genre de personnes. C'est vrai que c'est assez étonnant cette assiduité, cet amour comme ça que vous recevez, mais c'est vrai qu'un artiste a besoin de ça, que ce soit l'artiste de variété, que ce soit dans le cinéma, tous les artistes.


Mady Tran : A propos Mylène, tu te situes où dans la musique, aujourd'hui ? On parle de rock, on parle de new-wave, on parle de musique pop, on parle de...
Mylène Farmer : J'en sais rien. J'ai du mal moi-même à mettre des étiquettes et des références. Je ne sais pas. C'est de la chanson française ! (sourire)


Mady Tran : Est-ce que tu situes ton public ? Est-ce que tu sais qui t'aime, qui achète tes disques et qui te suit ?
Mylène Farmer : Je crois que c'est probablement la chose la plus difficile à définir. Quand on voit ce fameux Top 50, qui est cette Bible et qui va vous donner un peu la couleur du public, des envies du public, c'est quelque chose qui est quasiment impossible, si ce n'est par le courrier : ça c'est quelque chose que j'arrive un peu à déterminer, et j'ai du courrier qui est assez fantastique, des personnes qui sont très, très souvent un peu désespérées, qui ont besoin de communiquer, comme toutes les personnes qui écrivent, mais qui disent des choses assez profondes et assez troublantes.


Une nouvelle pause musicale avec le clip Coûte que coûte de Gangster d'amour.

(...)

Mady Tran : On parlait de diversité dans la musique en France, aujourd'hui. Alors c'est vrai qu'il y a un retour par exemple aux années 60 avec des reprises, il y a aussi les artistes qui se fabriquent un personnage à partir d'autres personnages connus de la BD, comme Lio ou même Gangster d'amour. Toi, on a l'impression que tu n'imites rien ! Je veux dire, tu proposes quelque chose de tout à fait original.
Mylène Farmer : J'espère ! C'est vrai que je n'aime pas l'imitation, que je préfère être une personne à part entière, une personnalité à part entière.


Mady Tran : Tu disais aussi que tu savais pas mettre d'étiquette sur la musique que tu proposes et ce que tu crées...
Mylène Farmer : Non, parce que je pense que c'est pas très intéressant. Une fois de plus, le principal c'est de faire ce qu'on aime.


Mady Tran : Et pourtant avec Maman a tort, ça a été quand même un démarrage bien évident. A quel moment on sent qu'on touche les gens et que ça marche ?
Mylène Farmer : Je crois qu'on a besoin d'un... ce qu'on appelle le succès commercial, pour avoir ce qu'on appelle un peu le coup de pouce parce que c'est vrai que quand j'ai eu Maman a tortOn est tous des imbéciles ensuite Plus Grandir, que j'ai eu ce gain de popularité sur Libertine et...


Mady Tran : Mais si tu avais commencé par Libertine, est-ce que tu penses que les choses auraient été aussi évidentes ?
Mylène Farmer : Je pense que c'est fatalement différent puisqu'on ne vit pas les mêmes choses au même moment. Maintenant, si je puis dire, dans la colonne vertébrale c'est la même chose !


Mady Tran : Et dans l'album que tu vas préparer cet été, est-ce qu'il y aura des choses très différentes et surprenantes ?
Mylène Farmer : J'espère différentes, mais ça sera de la même veine donc c'est forcément un peu le même univers. Maintenant, c'est à moi et à Laurent de trouver chaque fois des choses nouvelles et j'espère étonnantes.


Diffusion du clip Everything I own de Boy George.

(...)

Mady Tran : (elle évoque les problèmes de Boy George avec la drogue, NDLR) Est-ce que tu es d'accord pour qu'on étale comme ça les problèmes des gens et que les gens viennent eux-mêmes témoigner sur leurs problèmes en télévision ou en radio ?
Mylène Farmer : Lui, en prenant son exemple, c'est devenu un phénomène médiatique. Son actualité, c'était ses faux-pas vers la drogue donc je pense qu'il y a un moment donné où oui, il faut être présent et puis parler, s'expliquer. Mais d'ordinaire, je préfère c'est vrai qu'on se taise et qu'on dise le moins de choses possibles sur soi, parce que je pense que le silence est quelque chose de bien.


Mady Tran : Parce que quand même, on est en 87, y a plus rien qui ne soit inavouable et on a l'impression qu'il suffit d'un problème de drogue autour d'une star, on a l'impression que l'opinion publique est restée finalement très puritaine, parce qu'aussi on se souvient des Who...
Mylène Farmer : Nous sommes dans un pays puritain, mais je crois que l'Angleterre est un pays excessivement puritain également.


Mady Tran : Parce que le problème de drogue ou de sexe dans le rock, c'est pas nouveau ! Et ça n'a jamais empêché les gens d'êtres des stars et d'être des...
Mylène Farmer : C'est parce que la drogue c'est quelque chose qui fait très, très peur et qui est aussi assez terrifiant. Je crois qu'il ne faut pas occulter ces sujets-là. Ce ne sont pas des sujets tabous mais ce sont des sujets qui effraient, je crois, la masse populaire.


Diffusion du clip Duel au soleil d'Etienne Daho.

(...)

Mady Tran : Mylène, je suis très, très contente de t'avoir reçue sur ce plateau de "Lazer". J'espère simplement qu'on a amené quelque chose de supplémentaire au personnage sans l'avoir défloré, sans avoir touché à son secret, à son mystère.
Mylène Farmer : Non, aucun problème ! C'était un réel plaisir aussi !


Mady Tran : Tu fais beaucoup de promotion, beaucoup d'interviews de radio, de télévision...
Mylène Farmer : Non, peu d'interviews ! Et le maximum, oui, de promotion, des prestations télévisées. Pratiquement pas de galas, parce que j'en ai fait sur Libertine et puis chaque chose en son temps !


Mady Tran : Et peut-être un projet de scène à Paris un jour ?
Mylène Farmer : Nous en aurons un.


Mady Tran : Et je suis sûre qu'on aura un climat et un décor très particuliers !
Mylène Farmer : Si Laurent Boutonnat reste avec moi, certainement ! (sourire)


Mady Tran : Je crois qu'il en meurt d'envie, entre nous ! Merci, Mylène !
Mylène Farmer : Merci à vous.


Source retranscription : Inside Of - Référentiel des télés - Editions Why Not.

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