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Mylène Farmer - Interview - OK ! - 03 octobre 1988



  • Date
    03 octobre 1988
  • Média / Presse
    OK ! (N°664)
  • Interview par
    Véronick Dokan
  • Fichiers
    Mylène Farmer Presse OK ! 03 octobre 1988 Mylène Farmer Presse OK ! 03 octobre 1988
  • Catégories interviews



Véronick Dokan : Un désir de long-métrage :
Mylène Farmer : Je ne vais pas vous cacher qu'on y pense, Laurent et moi, et un jour, c'est sûr, on le fera. Mais ça n'est pas encore tout à fait le moment. Pour l'instant toute mon énergie est tournée vers le 18 Mai 1989, date à laquelle je ferai mes débuts sur la scène du Palais des Sports. Je ne me suis encore jamais produite en public et donc l'enjeu est grand. Il n'est pas question que je me disperse. D'ailleurs je n'en aurai pas le temps car, dès maintenant, je me prépare moralement et physiquement à cette aventure. Toutes proportions gardées, j'ai envie de dire que je me mets en condition avec autant de sérieux que Robert de Niro le fait pour interpréter un rôle. Ça veut dire régime alimentaire : j'ai remplacé le Coca (ma drogue !) et la cigarette par un entraînement physique. Ça n'est pas une mince affaire mais le défi est trop grand et trop important pour moi pour que je puisse me plaindre.


Le tournage du clip Pourvu qu’elles soient douces :
On s'est installé huit jours dans la forêt de Rambouillet car tout était tourné en extérieur. Huit jours, fin août, au rythme de 18 heures par jour. Pas facile physiquement, mais c'était tellement exaltant ! Je me souviens d'une scène de bagarre, en particulier, qui se termine dans la boue. C'était en fin de journée, j'ai passé des heures trempée, épuisée. Mais lorsque j'ai vu le résultat à l'écran, j'ai compris que cela en valait la peine.


Ce clip est la suite de Libertine :
Oui c'est vrai, Pourvu qu'elles soient douces est la suite de Libertine. D'ailleurs, sur l'affiche, en sous-titre, on a rajouté Libertine II et le clip démarre par la dernière image de Libertine. Ça nous a amusés de continuer à donner vie à ce personnage. L'histoire ? Je ne vais pas vous la raconter en détails, sachez simplement que cela se passe pendant la guerre de Sept Ans, trente ans avant la Révolution française et c'est l'histoire d'un capitaine anglais qui va tomber amoureux de Libertine. Mais après une nuit d'amour, l'armée française va décimer le camp ennemi. Voilà pour la trame, le reste étant agrémenté de scènes de cascades à cheval et de bagarres. Pour reconstituer ces armées, on a fait appel à 150 figurants choisis... dans l'armée française. Il y avait des soldats engagés et d'autres appelés, c'est-à-dire ceux qui effectuent leur service militaire, et je peux vous dire qu'ils étaient ravis d'avoir une semaine de vacances, même si on leur a demandé beaucoup de travail. Avec Laurent, nous ne nous sommes pas lancés à la légère dans cette réalisation. On en a énormément discuté ensemble. On a pensé chaque plan en détails et on s'est même fait aider par un conseiller historique qui est resté sans cesse présent sur le plateau. Pour les costumes, il s'agissait aussi d'être dans le vrai, pas question d'anachronismes ! Et justement, à cause des costumes, quelques jours à peine avant le premier tour de manivelle, on a failli tout annuler. Figurez-vous qu'à cause du bicentenaire de la Révolution française en 1989, il y a au moins vingt films qui se tournent en ce moment sur ce sujet et on a eu un mal inouï à trouver des habits de l'époque. La trouvaille d'une moindre paire de bottines prenait des allures de miracle !


Mylène aurait-elle décidé de se faire le symbole de 1789 ?
Absolument pas. D'ailleurs, lorsqu'on a commencé à penser à ce clip, l'idée que le bicentenaire était proche ne nous a pas effleurés. Ça tombe bien mais cela n'a pas été fait exprès.

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