Mylène Farmer - Interview - TV Hebdo - 17 avril 1988
-
Date17 avril 1988
-
Média / PresseTV Hebdo
-
Interview parFrançois Cardinalli
-
Fichiers
-
Catégories interviews
Après coup, un artiste est parfois étonné du succès de certaines chansons. Surtout si les thèmes ne sont pas évidents pour le grand public. Je n'ai pas eu intentionnellement en écrivant le réflexe de brouiller les pistes. Même si des chansons de mon dernier disque sont très proches de ma personnalité, de ma vie.
Une image d'androgynie qui hante certains textes :
Je n'ai pas de souvenir précis de mon enfance. Mais, quand j'étais petite, on me disait souvent : "mon petit garçon", j'en avais la silhouette et le comportement. Comme si je n'avais pas d'identité.
Mi-ange, mi-démon :
J'exprime cette dualité que d'autres ressentent aussi dans Sans logique. Dans la vie, je suis effectivement lunatique et peux passer soudain d'une réelle euphorie au désespoir le plus total.
Laurent Boutonnat :
Avec Laurent, je crois que nous avons une prédisposition à la mélancolie. Comme une espèce d'état d'âme naturel. Si j'osais, je dirais même un certain penchant au désespoir. Même si, compte tenu du succès, pareille réflexion semble étrange...
L'Horloge :
Sur la mélodie de Laurent, le texte s'est imposé comme une évidence. Et puis, la fuite du temps me terrifie.
Le libertinage :
Le beau est fatalement lié au triste, la jouissance mène au tragique.
Le cinéma :
J'ai refusé des scénarios. C'est le metteur en scène qui pourrait me décider. Avec des réalisateurs qui me fascinent comme Roman Polanski ou Jean-Jacques Annaud...

