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Olivier de Sagazan - Interview (2013)



    INTERVIEW DE OLIVIER DE SAGAZAN

    Peintre et sculpteur
    Avril 2013
    Styx Magazine spécial Mylène Farmer Monkey Me



Comment Mylène et vous êtes entrés en contact pour travailler sur le clip de A l'ombre ?
Il y a un an, un ami de Mylène avait vu ma vidéo sur You Tube et lui en a parlé. Elle avait trouvé ça très intéressant et il fût question de créer un lien sur internet entre une de ses dernières chansons de l'époque et ma performance sur You Tube. Mais ce qui m'intéressait, c'était d'aller vers une vraie hybridation entre son monde et le mien. Finalement, un an après, nous sommes arrivés à cette idée du clip A l'ombre.


Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris que Mylène Farmer, star très éloignée de votre univers plus intimiste, voulait travailler avec vous ?
D'abord je me suis posé des questions car mon travail est plutôt à l'opposé de l'esprit divertissant propre au showbiz. J'évolue plutôt entre la liturgie orthodoxe, les chants pygmées, ou la techno métal. Finalement, après discussion avec Mylène et Laurent Boutonnat, j'ai compris qu'il y avait avec eux deux un réel espace de création où nos mondes pourraient s'exprimer, dès l'instant où certaines options seraient prises.


Quelles étaient-elles ?
Que je ne sois pas là juste pour tourner quelques images qui fassent une sorte de fond, il fallait qu'il y ait une vraie cohérence dans l'ensemble du clip, que les danseurs soient eux aussi dans la boue, que Mylène accepte de jouer le jeu de se mettre de la terre sur le visage etc.


Justement, comment cela s'est-il passé ?
Même si elle avait de petites inquiétudes naturelles sur la façon dont on respire sous la terre par exemple, elle a volontiers joué le jeu. Nous avons fait une répétition ensemble la veille et c'est tout.


Avez-vous eu droit de regard sur le montage du clip et les images de votre performance ?
J'ai laissé Laurent à sa création. Ça m'a fait peur d'ailleurs, car ma création était alors entre les mains de quelqu'un d'autre et que d'habitude, dans mon travail, je contrôle tout.


Et qu'avez-vous pensé du résultat ?
Le clip est monté chronologiquement, en fonction du développement de ma performance qui constitue une sorte de squelette du clip, avec Mylène et les danseurs qui se déploient là-dedans de façon très cohérente. Les images sont superbes, et avec la musique, cela fonctionne bien. Je regrette juste cette mode qui fait que, pour j'imagine conserver l'attention du spectateur, il n'y ait jamais un plan qui dure plus de deux secondes. C'est assez consternant !


Avez-vous également coaché les danseurs qui, eux aussi, sont dans la boue ?
Je n'ai rien contrôlé à ce sujet. J'avais juste suggéré à Laurent que la terre fasse lien durant tout le clip.


Comment avez-vous trouvé Mylène sur le tournage ?
Pleine de modestie et prête à jouer le jeu. Je garde donc un très bon souvenir de cette expérience.


Laurent et Mylène ont-ils eu des exigences particulières ou vous ont-ils laissé totalement libre dans l'exécution de votre travail ?
J'ai fait mon travail en totale liberté et avec le plus de sincérité possible. Souvent, à la fin de mes performances de "Transfiguration", je rentre dans une forme de transe. Je me tape la tête contre le mur et, pour me pousser un peu, je crie : "Olivier, tu dors, ça fait 50 ans que tu dors !". Et là, j'étais tellement dans mon truc que j'ai crié : "Mylène, tu dors, ça fait 50 ans que tu dors !". Ça a d'ailleurs dû créer une onde de choc dans le studio, et ça a fait sourire Mylène…


Vous pensez que Mylène dort ?
Dans le sens où je pense que Mylène ne travaille pas à plein régime. Elle a une carrière derrière elle, elle n'a plus rien à prouver, elle pourrait aller plus loin, si elle prenait davantage de risques, en allant vers le Dionysos en elle par exemple, et toute sa part d'ombre.


Parlons davantage de votre travail en général. Qu'est-ce qui le nourrit ?
La métaphysique, comprendre qui je suis, ce que je suis et ce que j'ai à faire dans ce monde. Je sais que la plupart des gens se sont posés ces questions à une époque de leur vie mais se laissent ensuite prendre par le flux de la vie et les oublient. On peut considérer qu'à partir d'un certain âge, continuer de se les poser est une forme d'adolescence attardée, mais moi, je ne capitule pas. Ces questions nourrissent mon travail toujours axé sur la question du corps et de la défiguration.


Comment ces questions vous ont-elles amené à "Transfiguration" ?
"Transfiguration" est une tentative de mettre à mal cette vision bornée et conformiste que l'on a de nous-mêmes et de notre visage. La défiguration en art est un processus créatif pour réactiver notre vision du réel et le voir comme quelque chose de fantastique, ce que notre accoutumance à la vie a tendance à nous faire oublier. En général il faut des événements radicaux et essentiels comme la mort de proches par exemple pour que, tout à coup, la vie reprenne un relief immense. Moi je ne veux pas lâcher cette inquiétude existentielle car elle est fondatrice de l'art en général et de mon art en particulier. Et partir d'un visage pour aller vers l'effacement de celui-ci, puisque c'est de ça dont il s'agit avec "Transfiguration", c'est une manière de dire : "Vous voyez, j'étais un petit fonctionnaire lambda, bien habillé, en costard cravate, et tout à coup, il n'y a plus rien, ou du moins il y a bien quelque chose mais je ne sais pas qui c'est, ce que c'est, ce que ça veut".


Quels ingrédients utilisez-vous pour "Transfiguration" ?
De la terre et des pigments noirs et rouges, comme d'autres jadis dans les grottes.


Avant le clip A l'ombre nous n'avions jamais vu Mylène se grimer autant. Vous avez réussi une sacrée performance !
Si ça n'avait tenu qu'à moi, j'aurais poussé plus loin ! Il y a une performance que je fais qui s'appelle "Hybridation" 1. J'en avais parlé à Mylène qui avait dit : "Pourquoi pas !" mais finalement, ça ne s'est pas fait. Je suis sûr que ça aurait fait des images fantastiques ! Il reste que pour une star du show-biz, avoir accepté cette défiguration est assez admirable.


Chaque performance de "Transfiguration" repose- t-elle sur l'improvisation ?
Bien sûr ! J'ai une idée de base qui est ce surmodelage du crâne et de la face, mais je ne sais jamais où cela va me mener, quel monstre va sortir. La puissance créatrice de « Transfiguration », c'est ce travail à l'aveugle, qui exclut tout jugement et censure sur les visages qui apparaissent, je redeviens comme un enfant qui dessine comme il sent, et non comme il sait.

MF 24/7

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