Mylène Farmer - Interview - Le Guide Méridional - 12 juin 1996
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Interview par Patrick Merle "Mylène Farmer change de peau" Interview réalisée après le premier concert su Tour 1996 à Toulon. L'intégralité de cette interview sera publiée dans "Ciné Télé Revue". Sa préparation physique pour les concerts: Dans ma préparation physique, je suis plus fond que forme. Je ne mange pas de viande, plutôt des sucres lents. Rapports avec ses précédents concerts et le retour sur scène: Deux spectacles en cinq ans, cela peut paraître peu mais j’ai peur de la redite. Ce retour correspond à une nouvelle envie... et bien sûr le nouvel album. (...) (C'est une) alchimie: j'ai rempli ces quatre ans de voyages à Los Angeles, New York, Bali aussi, de liberté, d'apprentissage de la vie. Avec une volonté de déracinement du cocon, qu'il soit bon ou mauvais. (Mylène peut alors parler) d'épanouissement. Je voulais aller vers l'autre. Je me sens un peu plus légère, mes doutes sont moins profonds. De mon côté, c'est un changement radical de vivre dans l'instant présent. A Los Angeles par exemple, je recherchais une perte d'identité, au moins artistique. Le film Giorgino: J'aime jouer, mais je savais que ce serait lourd à porter. Le choix n'était pas "populaire" et j'avais envisagé l'échec. Pour autant, avec Laurent Boutonnat, la relation n'a pas été endommagée. Je travaille avec lui depuis 12 ans. Il était normal en revanche que se développe aujourd'hui un nouvel esthétisme. Il y a dans ce show un travail important sur l'image que je trouve très beau. Le show du Tour 1996: Un show avec des départements différents, dans la tradition américaine. Je ne pourrais pas m'en tenir à moi seule derrière un micro ! Le changement passe par un côté sexy. J'apprécie toujours Cioran, mais je suis moins cynique. Je remplacerais par de l'humour. Le choix de Sans Contrefaçon pour la bande originale de «Pédale Douce» (que Mylène dit avoir accepté spontanément): Je passe pour une pionnière de la cause homosexuelle. Si une part importante de mon public s'en revendique, j'en suis ravie. Mais je ne prône pas le militantisme. Plus on en parle, mieux c'est, c'est tout. Le choix du Sud pour rôder ce spectacle: J'ai commencé par le Sud car en rentrant, j'ai trouvé Paris noir plombé. J'y vis toujours mais je bouge beaucoup. En revanche, si je pourrais sans problème m'expatrier en Europe, je ne deviendrais pas américaine. La qualité de vie y est ponctuellement agréable. Le choix de Toulon (alors ville ayant un maire Front National, mouvement politique d'extrême-droite, ndlr): C'était celui d'une salle, l'une des meilleures de France, pas celui d'une ville. Personnellement, je n'ai pas envie de délivrer des messages. |
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