Emission talk-show sur l'actualité diffusée en
direct et en clair à 12h30 du lundi au vendredi
sur Canal Plus. Philippe Gildas reçoit aux
côtés de Mylène la
comédienne Marie-Christine Barrault.
La date exacte de diffusion de cette émission n'est pas
connue. Le tournage du clip
Tristana venant de se terminer, on peut estimer la
diffusion plutôt pour la fin du mois d'avril.
Philippe Gildas : Bonjour
Mylène ! Est-ce que le clip (Tristana, NDLR) est fini ?
Mylène Farmer : Il est terminé, oui.
Philippe Gildas :
Ça sortira bientôt ?
Mylène Farmer : Il est en montage actuellement
pendant une semaine, une semaine de mixage et la troisième
semaine sera la bonne !
Philippe Gildas
: Je voudrais bien voir Libertine au milieu des loups !
Mylène Farmer : Oui, ça va
être très, très beau je pense !
Philippe Gildas
: Vous l'avez vraiment fait avec des loups ?
Mylène Farmer : On a fait avec un loup, et puis
sinon y a des... Je vous donne pas le secret, quand même !
(rires)
Philippe Gildas
: Mais je savais depuis le début qu'elle voulait
à tout prix faire son clip dès la sortie, avant
même la sortie de Tristana, d'ailleurs !
Mylène Farmer : Oui !
Philippe Gildas
: Et vous l'avez tourné en Ardèche, non ?
Mylène Farmer : Non, non, non, on l'a
tourné dans le Vercors, avec des plaines
enneigées... Un très, très beau
décor !
Philippe Gildas
: Tristana, c'est votre combien,
cinquième 45 tours ?
Mylène Farmer : Oui.
Philippe Gildas
: C'est une carrière qui est partie à
cent à l'heure, alors ! Il y a combien de temps ? Trois ans ?
Mylène Farmer : Ça fait, depuis Maman a tort, trois
ans, oui. Avec un album, entre !
Philippe Gildas
: Et Maman
a tort,
c'était par hasard !
Mylène Farmer : Rien n'est un hasard, mais c'est
vrai que j'ai eu la chance de rencontrer deux personnes qui...
Philippe Gildas
: Boutonnat ?
Mylène Farmer : Boutonnat, oui, Laurent Boutonnat
avec qui je continue, compositeur donc qui m'a composé la
première chanson.
Philippe Gildas
: Il a eu, enfin je sais pas qui a voulu cette rencontre mais
c'était bien puisque trois ans après un album est
sorti.
Mylène Farmer : Oui.
Philippe Gildas :
Qui a combien ? Six mois ?
Mylène Farmer : A peu près, oui.
(l'album Cendres de
Lunes est en fait sorti un an avant cette
émission en avril 1986, NDLR)
Philippe Gildas
: (...) Et voilà maintenant le nouveau 45
tours, Tristana, on l'écoutera
chanter dans un instant !
(...)
Philippe Gildas :
Mylène elle adore les déguisements ! (le
débat portait alors sur les films en costumes, NDLR)
Mylène Farmer : (rires) C'est vrai, j'aime bien les
costumes, oui, les époques.
Marie-Christine Barrault : Les robes sont très,
très lourdes ! (…) Pour chanter, je suis pas
sûre que ce soit bien ! (rires)
Philippe Gildas
: Alors, Tristana, l'histoire de Tristana ?
Mylène Farmer : Que voulez-vous savoir ?
Philippe Gildas
: Après Libertine, il fallait le trouver quand
même !
Mylène Farmer : Oui ! C'est la dure reconversion de Libertine !
C'est une histoire simple, Tristana,
c'est un peu la mélancolie, un peu le désespoir.
Voilà, c'est un peu la couleur de cette chanson.
Philippe Gildas
: Pourquoi chaque fois, vous qui avez une vie professionnelle
parfaitement réussie, apparemment une vie privée
aussi dont vous n'avez pas à vous plaindre, la petite
québécoise... non c'est pas Québec,
vous hein ?
Mylène Farmer : C'est Montréal.
Philippe Gildas :
Venue en France, non pas pour chanter mais bien avant
déjà ! Vous aviez quel âge ? Dix ans,
douze ans ?
Mylène Farmer : Oui c'est ça, neuf, dix
ans.
Philippe Gildas
: Quand vous voulez retravailler, vous allez au Canada sans
problèmes : ils vous connaissent bien ?
Mylène Farmer : Ils ne me connaissent pas du tout
au Canada, non ! Non, non ! L'album est sorti, Libertine est
en train de sortir mais je n'ai rien fait dans ce pays.
Philippe Gildas
: Mais ils vous connaissent quand même ? Ils
savent...
Mylène Farmer : Certainement. Depuis Maman a tort, oui,
ils s'intéressent un peu à ce que je fais.
Philippe Gildas
: Sinon vous n'envoieriez pas vos disques en
priorité là-bas, après la France !
Mylène Farmer : Ce n'est pas en
priorité, c'est eux qui font appel à vous s'ils
sont intéressés.
Philippe Gildas
: Mais ça sert pas d'être canadienne ?
Mylène Farmer : Je ne crois pas. En ce qui me
concerne, non parce que...
Philippe Gildas
: Ils vous considèrent pas du tout comme canadienne
?
Mylène Farmer : Ben j'avoue que j'y suis jamais
retournée, que je n'ai jamais rerencontré donc
des canadiens. Il était question que j'y aille
là, en mai donc c'est en pourparlers. Donc je pourrai vous
répondre après ! (Mylène ira
finalement au Canada à l'automne 1988, NDLR)
Philippe Gildas
: La carrière de mannequin, vous l'avez
complètement abandonnée ?
Mylène Farmer : Oui, j'avais fait ça
vraiment en dilettante, c'était pour gagner ma vie. Donc
j'ai complètement abandonné parce que
inintéressant et pas du tout ce à quoi j'aspirais.
Philippe Gildas
: Alors qu'est-ce que vous ferez après la chanson ?
Mylène Farmer : Probablement élever des
singes !
Philippe Gildas
: (rires) Et pourquoi ?
Mylène Farmer : Parce que j'ai une passion de cet
animal, des animaux en général, mais c'est vrai
des singes spécialement.
Philippe Gildas
: Mais qu'est-ce que vous en ferez ?
Mylène Farmer : Bah écoutez, un
élevage probablement !
Philippe Gildas
: Mais des grands ? Des petits ?
Mylène Farmer : Plutôt des gros.
Philippe Gildas
: Oui, mais ça se reproduit ! (rires)
Mylène Farmer : Oui. Vous avez peur des familles
nombreuses ? (rires)
Philippe Gildas
: De singes, oui !
Mylène Farmer : Il y a plein de choses à faire :
l'éducation... Enfin, je sais pas, il y a plein de
découvertes à faire certainement avec ces animaux.
Philippe Gildas
: Enfin pour l'instant vous continuez la chanson ?
Mylène Farmer : Pour l'instant, je suis ravie de
chanter ! (rires)
Mylène interprète Tristana accompagnée
par ses deux danseuses.
Philippe Gildas
: Le dernier 45 tours de Mylène Farmer, Tristana. Alors en attendant la surprise
du clip, parce que si j'insiste tellement sur le clip c'est... elle
devrait faire du cinéma ! Libertine faisait combien de temps, le
clip ?
Mylène Farmer : Je crois que c'était
onze minutes.
Philippe Gildas
: Un vrai film, en plus !
Mylène Farmer : Oui. Celui-là (Tristana, NDLR) est
parti pour être un peu plus long, d'ailleurs !
Philippe Gildas :
Ah, vous allez faire encore plus long ! Mais faut faire du
cinéma carrément !
Mylène Farmer : Bah écoutez,
peut-être un jour ! (rires)
Philippe Gildas
: Libertine, vous l'aviez tourné
dans un château ?
Mylène Farmer : On l'a tourné dans un
château... euh qu'est-ce qu'on a fait d'autre ? (sourire) On
a fait de l'extérieur également. Et
là, c'est essentiellement extérieur et un peu
studio.
Marie-Christine Barrault : Vous avez combien de temps pour
tourner un clip ?
Mylène Farmer : Il y a la préparation -
je vous laisse juge, vous connaissez le métier ! Sinon de
tournage, c'était à peu près cinq
jours. Cinq, six jours mais vraiment à temps complet,
c'est-à-dire c'était de 5 heures du matin
à 11 heures du soir !
Philippe Gildas
: Mais pourquoi est-ce que par rapport à une
chanson vous faites un clip aussi long par exemple, et qui est une
autre aventure ?
Mylène Farmer : Oui, par plaisir.
Marie-Christine
Barrault : Mais alors vous changez la musique, vous l'allongez
? Comment vous faites ?
Mylène Farmer : C'est-à-dire qu'on met
ou de la musique additionnelle, dans Libertine
c'est ce qui s'est produit, il y a des moments sans musique, y a des
moments avec voix-off, enfin il y a plein de possibilités !
Et là en l'occurrence, on va mettre probablement la version
du maxi 45 tours, donc qui est un peu plus longue que le 45 tours
lui-même, avec une musique additionnelle et autre.
Philippe Gildas
: Vous préférez passer beaucoup de temps
par exemple à tourner ces clips, à les
préparer, les tourner ou bien faire de la scène ?
Ce sont deux choses très différentes...
Mylène Farmer : Cette question est très
pernicieuse, je le sens ! (rires)
Philippe Gildas
: Vous avez fait le podium Europe 1 ? (durant le printemps
/ été 1986 avec Catherine Lara, NDLR)
Mylène Farmer : J'ai fait effectivement le podium
Europe 1 et...
Philippe Gildas
: C'est une sacrée école, hein ?
Mylène Farmer : Oui, tout à fait, oui.
Très intéressant et très
agréable. Je préparerai certainement une
scène, mais je vais attendre déjà
d'enregistrer un autre album. Quant aux tournages, c'est vrai que le
cinéma me passionne, les tournages me passionnent. Et
tourner avec Laurent c'est aussi quelque chose que j'aime beaucoup.
Marie-Christine Barrault : Comment on fait ? C'est tout en
play-back ? Vous écoutez la musique quand vous tournez ?
Mylène Farmer : Non, du tout.
C'est-à-dire que chacun procède de
façon différente. Nous, c'est vrai qu'on fait
complètement abstraction de la chanson, du texte et de la
musique pendant le tournage, et ce sera effectivement en play-back
derrière.
Marie-Christine Barrault : Comme un vrai film, quoi.
Mylène Farmer : Oui, oui.
Source
retranscription : Inside Of - Référentiel des
télés - Editions Why Not.
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