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Mylène Farmer - Interview - En toute complicité - Europe 1 - 05 octobre 1994



  • Date
    05 octobre 1994
  • Média / Radio
    En toute complicité - Europe 1
  • Interview par
    Maryse Gildas et Jean Amadou
  • Fichier
  • Catégories interviews



Maryse Gildas : Mylène Farmer est avec nous ce matin sur Europe 1. C'est assez rare pour qu'on le dise plusieurs fois dans la matinée ! Bonjour, Mylène !
Mylène Farmer : Bonjour !


Maryse Gildas : Et merci d'être là !
Jean Amadou : Vous n'êtes pas, à l'évidence, un personnage facile à cerner. D'ailleurs, je suis certain que vous détestez qu'on tente de vous cerner. Tout mot qui n'implique pas qu'on vous laisse une totale liberté de mouvement doit être banni d'un dialogue avec vous. à la lecture de quelques-unes des interviews que vous avez données depuis trois ans, on s'aperçoit que les journalistes, s'ils vous ont posé des questions, s'en sont posés bien davantage à eux-mêmes pour vous définir ! "Femme-enfant", "garçon manqué" - à mon avis garçon complètement manqué d'ailleurs... ! -, (Mylène rit) "vierge libertine", "ange déchu", "divine pécheresse"... Si le journaliste s'oriente sur la piste de la tendresse, vous lui déclarez : "Je suis plus impudique que jamais", histoire de lui faciliter la tâche, car on voudrait bien vous faire entrer dans une catégorie, vous classer, vous étiqueter, pour la facilité des rapports futurs. "Ingénue perverse"... tiroir du haut, Mylène Farmer... mais ça ne marche pas, car on ouvre le tiroir et vous êtes déjà passée dans celui de la nostalgie ou de la poésie sulfureuse. Vous aimez Edgar Poe, et bien entendu Baudelaire, qui l'a traduit. Lui a-t-on assez dit, à ce pauvre Baudelaire, qu'il était licencieux, morbide, indécent, en oubliant de préciser qu'il fut avant tout un poète. La sincérité peut s'offrir toutes les audaces ! Qui pourrait vous reprocher, Mylène, d'être excessive, vous qui avez dit avant de tourner ce film : "Si je ne fais pas de cinéma, j'en
mourrai" ? Vous ne seriez sans doute pas morte, mais pourquoi prendre le risque ? Après tout, vous qui aimez Baudelaire, vous êtes un peu comme lui ! Vous trônez dans l'azur comme un sphinx incompris !
Mylène Farmer : Merci beaucoup !


Maryse Gildas : Voilà, c'est un portrait, le voici noir sur blanc, il est pour vous, Mylène ! 
Mylène Farmer : Merci, c'est gentil !


Maryse Gildas : Alors, Mylène est à la une de tous les journaux ce matin. Elle est partie pour la grande aventure du cinéma. Un premier film qui sort tout à l'heure, à 14h. Dans quel état vous êtes ? Mal ?
Mylène Farmer : Anxieuse ! (Petit rire)


Maryse Gildas : Anxieuse ! Giorgino, dont elle est l'héroïne avec Jeff Dahlgren... on parlera de lui tout à l'heure... un film romantique, plutôt noir...
Jean Amadou : Plutôt noir, oui, c'est le moins que l'on puisse dire !
Maryse Gildas : ... qui arrive après dix ans de collaboration étroite avec son metteur en scène qui a signé tous ses clips, c'est-àdire Laurent Boutonnat. Mylène, la fille spirituelle d'Edgar Poe et de Baudelaire, c'est ce que Jean disait tout à l'heure...
Mylène Farmer : Oui, c'est un joli compliment ! J'aime ces auteurs.


Maryse Gildas : C'est vrai que pour que Mylène tourne son premier film, il fallait que ce soit original, il fallait que ce soit étrange, il fallait que le personnage de Catherine se rapproche d'elle. Le rôle est écrit sur mesure !
Mylène Farmer : Je crois que j'ai eu de la chance pour ça, mais j'ai attendu avant tout, j'allais dire, un bon metteur en scène et un bon scénario. Il est vrai que je connais la caméra de Laurent Boutonnat, donc il est plus facile...


Maryse Gildas : (qui parle alors que Mylène n'a pas fini sa phrase) Vous l'aviez sous la main, quoi !
Mylène Farmer : ... et que j'aimais son scénario !


Maryse Gildas : Alors, le personnage de Catherine, c'est une femme-enfant. Elle est fragile, toute en émotions, mais avec une violence intérieure terrible. C'est ça, le personnage de Catherine ?
Mylène Farmer : Oui, on peut le résumer de cette façon. C'est quelqu'un qui évoque la différence et qui est condamnée pour cette différence. Donc violentée, donc persécutée, d'une certaine façon...


Maryse Gildas : Mylène... comme je disais ce matin dans la première partie de l'émission... ce matin, quand je suis arrivée, plein de jeunes filles vous attendaient devant le 26 bis, (Maryse Gildas parle de l'adresse d'Europe 1 : 26 bis, rue François 1er, 75008 Paris, ndlr) devant la porte d'Europe ! Déjà donc, il y a beaucoup de questions, vous l'imaginez ! On va passer aux questions !
Mylène Farmer : D'accord !


Maryse Gildas : Et puis on reparlera du film tout à l'heure ! Alors, il y a une question minitel, là, qui est un peu longue parce que ce sont trois questions, en fait ! Il s'appelle Alain (Maryse donne ensuite son nom et son lieu
de résidence) et il vous dit : "Avez-vous participé à l'écriture du scénario ? Si oui, sur quel plan ? Laurent et vous, c'est l'histoire d'une rencontre. Pourriez-vous être dirigée au cinéma à travers un autre oeil ? Et dans ce film, où la glace fait place à l'émotion à chaque mouvement de caméra, quelles ont été les scènes les plus difficiles à tourner ? Et enfin, tous mes voeux de réussite !" Voilà, j'ai tout dit !
Mylène Farmer : Merci beaucoup ! (Rires) Pour répondre à la première question, étant...


Jean Amadou : Un autre metteur en scène que Laurent...
Maryse Gildas : Oui, est-ce que vous pourriez tourner avec un autre metteur en scène que Laurent Boutonnat ?
Mylène Farmer : C'est mon souhait ! J'espère que ce sera le souhait d'un autre metteur en scène. Une fois de plus, j'ai eu de la chance que de commencer avec Laurent Boutonnat. Maintenant, j'ai envie de faire ce métier...


Maryse Gildas : Vous voulez continuer dans le cinéma ?
Mylène Farmer : Oui, j'aime jouer !


Jean Amadou : Ça a été un tournage qui a été terriblement difficile quand on voit le film. Vous avez pelé de froid pendant tout le temps du tournage, quoi ! Ça se voit, d'ailleurs !
Mylène Farmer : (qui a un petit rire) Il a fait très, très froid ! Et le tournage a duré assez longtemps, mais il y a eu des périodes, aussi, de studio...


Jean Amadou : Oui, il y a eu quelques périodes de studio, heureusement !
Mylène Farmer : Non, épouvantablement chaud !


Jean Amadou : La scène dans l'eau glacée, ça doit être très, très dur ?
Mylène Farmer : Oui, ça c'était un moment assez pénible...


Jean Amadou : "Après votre film Giorgino", demande Marie-France, (Jean Amadou donne ensuite son nom et lieu de résidence) "Envisagez- vous de continuer dans le cinéma ou avez-vous une préférence pour la chanson?" Est-ce que vous allez brusquement privilégier le cinéma ? Parce que, bien sûr, après un film comme ça et le rôle que vous avez, il est évident qu'on va vous proposer des choses. C'est évident !
Mylène Farmer : Ça, je ne sais pas...


Jean Amadou : Vraisemblablement dans le même style, d'ailleurs. Parce qu'en général les gens ont peu d'imagination dans ce domaine. Donc il faudra, si vous voulez changer de style, que vous le fassiez vous même !
Mylène Farmer : Vous me volez les mots, mais... (Rires)


Jean Amadou : Parce que les rôles de femme-enfant un peu au bord de la folie, on va vous en proposer quelques-uns ! (Mylène rit)
Maryse Gildas : J'ai l'impression !


Jean Amadou : Est-ce que vous privilégierez plus le cinéma ? Ou est-ce que vous resterez... ? Parce qu'il y aura un choix à faire, un moment donné !
Mylène Farmer : Non... Enfin je laisse la vie décider pour moi, d'une certaine façon. Si j'ai des propositions cinématographiques qui m'intéressent, j'irai vers elles. Mais la chanson... En aucun cas, je ne vais délaisser la chanson ! J'aime ça, j'aime écrire et j'ai envie de remonter sur scène !


Maryse Gildas : Vous êtes en attente d'un album, là ?
Mylène Farmer : Oui, je dois faire un album. J'ai envie de faire un album !


Maryse Gildas : Vous attendez que Laurent soit prêt ?
Mylène Farmer : Voilà ! Laurent doit délaisser maintenant ses caméras et rentrer en studio. C'est vrai que là, c'est une période encore un peu difficile puisque le film vient de sortir, donc c'est...


Maryse Gildas : (qui la coupe) Il sort tout à l'heure, à 14h ! Laure (elle donne ensuite son nom et lieu de résidence)... ça sera notre dernière question... : "Que retenez-vous de Catherine ? Auriez-vous envie d'interpréter des personnages plus extravertis un jour ?"
Mylène Farmer : J'ai envie d'interpréter tous les rôles, j'oserais dire, si j'en ai le talent ! Oui ! Maintenant, jouer dans une grosse comédie (rires) qui ne me sied pas, je pense que ça serait une mauvaise idée. Mais j'aime tous les genres du cinéma !


Maryse Gildas : Mais là, vous êtes trop imprégnée de Catherine encore pour, peut-être, en parler... ?
Mylène Farmer : Plus de sa sortie et de ses angoisses, oui...


Maryse Gildas : Vous vous souvenez du duo que vous avez fait avec Jean-Louis Murat ?
Mylène Farmer : Bien sûr !


Maryse Gildas : On va l'écouter... Là, il est seul ! Par mégarde... Et puis on se retrouve après, Mylène.


Diffusion de Par mégarde de Jean-Louis Murat.


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Maryse Gildas : Meredith, bonjour !
Meredith Duquesne : (Meredith est l'astrologue d'Europe 1, ndlr) Bonjour !
Maryse Gildas : Alors, Mylène Farmer ! Elle est née un mardi. (Elle s'adresse à Mylène) Elle se souvient de ça, qu'elle est née un mardi ?
Mylène Farmer : (qui rit) Oh, non !


Maryse Gildas : Un mardi 12 septembre, il était 5h, à Montréal, au Canada. Mylène est vierge ascendant vierge...
Meredith Duquesne : Oui, et donc Mylène Farmer oscille en permanence entre la sagesse et le risque, la démesure et l'audace. Elle est capable d'analyser toute situation épineuse avec une lucidité à toute épreuve. Elle est très sensible à la notion de justice, mais se défend faiblement lorsqu'il s'agit de défendre sa cause, alors qu'elle peut se montrer intraitable pour les autres. Elle est parfois impatiente, et son dynamisme peut se transformer en agitation. Elle réagit très fortement aux émotions. Et enfin, je crois que Mylène Farmer est excessivement intuitive !
Maryse Gildas : Trois jumeaux, donc, pour Mylène ! Alors on commence avec qui ?
Meredith Duquesne : Oui ! Jean Le Poulain, Elsa Triolet et Michel Drucker ! Trois jumeaux très différents, mais nés le même jour.
Maryse Gildas : Alors Mylène, de qui, comme ça d'emblée, vous pourriez vous rapprocher ?
Mylène Farmer : (qui rit) Je n'en ai pas la moindre idée !


Maryse Gildas : Michel Drucker, vous connaissez... Jean Le Poulain, vous voyez qui c'est... Et Elsa Triolet...
Jean Amadou : Les yeux de Mylène, quand même ! Les yeux d'Elsa ! (Jean Amadou parle ici du recueil de poèmes de Louis Aragon, publié en 1942, ndlr) Les yeux de Mylène...
Meredith Duquesne : Oui, je crois effectivement que c'est Elsa Triolet, absolument !
Maryse Gildas : J'aurais pensé la même chose !
Meredith Duquesne : Parce que dans les deux thèmes, on retrouve un peu le même esprit en fait, très critique, un petit peu développé, la même exigence, en tout cas, de perfection, le même besoin aussi de faire ses propres expériences, d'aller jusqu'au bout. Et puis le même esprit un petit peu sauvage. Je crois que le cercle d'amis doit être un petit peu restreint. Il est difficile, je crois, d'approcher Mylène Farmer...
Mylène Farmer : Il est tout petit ! (Rires)


Maryse Gildas : Alors après le premier cadeau qu'on vous a fait... c'est le portrait de Jean... le deuxième cadeau, on l'appelle "L'instant Poilâne" ! C'est le pain encore tout chaud qui sent bon. Vous aimez le pain, Mylène ?
Mylène Farmer : (qui rit) J'adore le pain !


Maryse Gildas : C'est le pain Poilâne, mais à votre nom, et il y a même la caméra de Laurent Boutonnat avec Giorgino ! (Maryse donne une création de chez Poilâne à Mylène, ndlr)
Mylène Farmer : Merci beaucoup ! C'est magnifique, merci !


Maryse Gildas : C'est pour vous ! Dans un instant, avec Mylène, nous parlons de son premier film cinéma, Giorgino !


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Maryse Gildas : Mylène Farmer est avec nous ce matin pour parler de Giorgino, le premier film... le premier long-métrage, puisqu'il fait 2h57... de Laurent Boutonnat. Laurent Boutonnat qui est, on peut dire, un homme-orchestre. On va parler un peu de lui parce que je trouve que l'on n'en parle pas assez ! Il est à la fois scénariste, réalisateur, producteur... Il a mis du temps à trouver les sous, d'ailleurs !
Mylène Farmer : Oui ! Compositeur...


Maryse Gildas : Cadreur, compositeur, et il n'a que 32 ans ! Il faut dire qu'il fait du cinéma depuis l'âge de 10 ans !
Mylène Farmer : Oui ! Oui, il rêve de cinéma depuis tout petit. Peut-être même avant !


Maryse Gildas : Je crois que c'est dans Première ou dans Studio que j'ai vu ça. Il dit, lui, à propos de Giorgino, qu'il a fait un film sur l'enfance. Vous êtes d'accord avec ça ? C'est vrai ? (il s'agit bien d'une interview accordée par Laurent Boutonnat au magazine Studio daté d'octobre 1994.,ndlr)
Mylène Farmer : Oui, sur la différence et l'enfance, oui !


Maryse Gildas : L'histoire, en quelques mots, c'est un jeune médecin qui, après avoir combattu à Verdun... on est pendant la guerre de 14-18... tente de retrouver des enfants attardés dont il s'occupait avant la guerre. Dans ses recherches, il arrive jusqu'à un vieux manoir habité par Catherine, une jeune fille mystérieuse que joue Mylène, que l'on soupçonne d'avoir fait disparaître les enfants. C'est ça, le thème ?
Jean Amadou : Oui, les enfants ont disparu, on ne sait pas très bien comment, parce que personne n'ose le dire. On finit par savoir qu'ils se sont noyés d'une manière assez accidentelle sans savoir jamais, d'ailleurs...
Mylène Farmer : (qui le coupe) C'est une supposition.


Jean Amadou : C'est une supposition. C'est un film sur l'enfance, sur tout ce village avec toutes ces femmes qui sont des veuves en puissance, puisque leurs maris sont partis au front... qui sont des femmes qui sont dures et qui manquent d'hommes !
Mylène Farmer : Oui...


Jean Amadou : Et l'arrivée d'un homme, en plus, déchire brusquement cet univers !
Mylène Farmer : Les fragilise et les rend encore plus violentes, plus agressives...


Jean Amadou : C'est une succession de tableaux, on le disait à l'instant. Et c'est vrai ! Pour moi, ça m'a donné l'impression d'être une succession de Goya !
Mylène Farmer : Sans le soleil ! Ce n'est pas la Californie !


Jean Amadou : Sans le soleil, puisque c'est sous la neige en plus. Mais ce sont des personnages qui sont durs, ils sont violents... même le curé ! Le problème de tourner en anglais, ça ne vous a pas posé de problème particulier ? Vous maîtrisez parfaitement bien la langue, ça se sent d'ailleurs et ça s'entend !
Mylène Farmer : Parfaitement, ce serait un peu prétentieux. Je la maîtrise de plus en plus...


Jean Amadou : Je vais l'être pour vous puisque j'ai vu le film, donc je vais être prétentieux pour vous, allez-y !
Mylène Farmer : (qui rit) Mais c'est une langue agréable. Très agréable...


Jean Amadou : En plus, entourée de comédiens anglophones...
Mylène Farmer : Oui, donc pas le choix ! (Rires)


Maryse Gildas : Alors parlons justement de Jeff Dahlgren ! C'est un premier film pour lui aussi...
Mylène Farmer : Oui. Oui, oui ! Son tout premier rôle !


Maryse Gildas : Vous êtes devenus amis depuis le tournage ? Vous vous voyez ?
Mylène Farmer : C'est, je crois, aujourd'hui, mon meilleur ami. C'est quelqu'un avec qui je m'entends merveilleusement et nous avions une complicité incroyable sur le film. Et je crois que ça a aidé notre relation, en tout cas celle qui vit au travers du film. C'est quelqu'un qui a une fragilité, c'est quelqu'un qui...


Maryse Gildas : Mais la première fois que vous vous êtes rencontrés avec Jeff Dahlgren, vous vous êtes dit : "Oui, c'est lui !" ?
Mylène Farmer : La première fois que je l'ai vu à l'écran, c'est-à-dire quand Laurent Boutonnat a fait son casting, il s'est, oui, totalement imposé. Il a un charisme que beaucoup n'ont pas, je trouve... Ça n'engage que moi ! Il a un visage...


Jean Amadou : (qui la coupe) Ça fonctionne très, très bien ! C'est-à-dire qu'il joue toute la première partie du film à l'économie d'ailleurs, parce que tout est dans l'oeil...
Mylène Farmer : Oui...


Jean Amadou : ... et brusquement à la scène de l'asile où il va vous chercher dans votre baignoire, où il vous sort avec le revolver à la main... une scène d'une violence !
Mylène Farmer : Et là, on sent l'animal, oui, oui !


Jean Amadou : L'animal, oui ! Une violence et un mec qui a fait la guerre et pour qui, donc, la mort... Il est très sensible à la mort puisqu'il sauve le cheval au début...
Mylène Farmer : Oui !


Jean Amadou : Pour 600 Frs, ce qui est quand même cher pour un cheval !
Mylène Farmer : Oui, c'est son âme d'enfant, là, qui sort...


Jean Amadou : Et en même temps, on sent l'homme qui a fait la guerre et qui, donc, est blindé contre un certain nombre de choses, et qui devient d'une violence extraordinaire !
Mylène Farmer : Mais qui ne tue pas !


Jean Amadou : Il tire dans le genou, quand même !
Mylène Farmer : Il va tirer plus bas, ce qui est assez révélateur du personnage.


Maryse Gildas : Le film ne vous appartient plus à partir de 14h tout à l'heure, Mylène. Il va falloir l'abandonner aux autres ! Ça, c'est quelque chose qui vous chagrine, qui vous blesse ?
Mylène Farmer : Non, qui va me... et nous... soulager, très certainement !


Maryse Gildas : Parce que ça doit être quand même très lourd, je veux dire. Ça a été deux ans difficiles, non ?
Mylène Farmer : Oui, difficiles pour moi et pour le metteur en scène, bien évidemment ! (Rires) Je vais parler en son nom, mais c'est vrai que c'est quelque chose d'énorme sur ses épaules. Et fatalement sur les miennes aussi. Mais je pense que ça sera un soulagement. J'espère que le public viendra, c'est la seule réponse et le seul réel intérêt.


Maryse Gildas : Laurent Boutonnat a aussi signé la musique, qui est absolument sublime !
Mylène Farmer : Oui, j'aime cette musique !


Maryse Gildas : Eh bien, on va se quitter avec le thème de Giorgino, alors !
Mylène Farmer : Merci beaucoup !


Maryse Gildas : Merci ! Merci, Mylène !
Mylène Farmer : Merci à vous !


Maryse Gildas : Bon vent. Et puis à bientôt, j'espère, pour le prochain album !
Mylène Farmer : Oui, c'est d'accord !


Maryse Gildas : Rendez-vous est pris !


Diffusion d'un extrait de la bande originale de Giorgino.

Source retranscription : Styx Magazine spécial Mylène Farmer / Référentiel des radios - 2013 - Editions Sunset Publishing


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