MF 24/7 : les brèves

La discothèque idéale FNAC...
non stop people special MF
Photo récente L. Boutonnat
Technique : concert 2019
maxi 45 tour réedition
Album Indissociables Youtub...

Interview - NRJ - 20 avril 1988






Dominique Duforest :  Alors, Ainsi soit je... : c’est un très bel album. Ce titre Ainsi soit je... et puis, il y a une poupée à ton effigie sur la pochette de l'album...
Mylène Farmer : Oui, c'est la poupée qui était présente dans le clip de Sans contrefaçon.


Dominique Duforest : Ainsi soit je..., la poupée à ton effigie, ça a une signification tout ça ? Tu te regardes ?
Mylène Farmer : C'est difficile de résumer un titre comme ça. Moi, je donne beaucoup d'importance aux trois points de suspension d' Ainsi soit je.... Si on peut résumer Ainsi soit je..., ce serait un portrait.


Dominique Duforest : Ce sont des points de suspension lourds de sens ?
Mylène Farmer : Lourds de sens en ce qui me concerne, oui.


Dominique Duforest : Pourquoi ? Parce que ce que tu racontes dans l’album c’est la partie immergée de l’iceberg ?
Mylène Farmer : Probablement, oui. C’est vrai que c’est un exutoire que d’écrire des chansons. Là, en l’occurrence, c’est un album qui est, c’est vrai, très, très, très proche de moi.


Dominique Duforest : Oui, bien personnel, quand même. Alors, tu cultives quand même depuis le début, depuis le premier disque, depuis Maman a tort, un personnage un peu ambigu, un peu mi-fille, mi-garçon, souriante, loin du monde...
Mylène Farmer : Je suis d'accord pour tout, sauf pour le terme 'cultiver'. Parce que je pense qu'on ne peut pas tricher... C'est-à-dire qu'on ne peut pas tricher quatre ans...


Dominique Duforest : J'ai pas dit que tu trichais, j'ai dit que tu cultives...
Mylène Farmer : Non, non, je sais. C'est vrai que le mot 'cultiver' quelquefois m’ennuie un peu.


Dominique Duforest : Mais l’air lointain, tout ça, c’est toi ?
Mylène Farmer : Oui !


Dominique Duforest : Tu as toujours été un peu détachée, comme ça, du monde... du monde bas ?
Mylène Farmer : Détachée, parfois complètement impliquée et en avoir très peur. Mais, très souvent, on cherche toujours son lieu de prédilection et il est rare.


Dominique Duforest : Je pense qu’on en parlera beaucoup tout à l’heure avec les auditeurs. Et, dans un instant, ce sera Libertine. (...)


Diffusion de Libertine.


Dominique Duforest : (…) Je pense que nous avons un premier auditeur en ligne... Olivier, bonsoir.
Auditeur 1 :  Bonsoir.
Mylène Farmer : Bonsoir…

Auditeur 1 :  Vous allez bien ?
Mylène Farmer : Très, très bien, merci !


Auditeur 1 :  Alors, ma question : Mylène, peux-tu me dire à quel âge as-tu commencé la musique, et quelle passion as-tu à part ce métier ?
Mylène Farmer : Oh... La première question est plus facile. J’ai commencé à l’âge de 22 ans. Quant à la passion, elle est toujours là. C’est une découverte, c’est une succession de découvertes.


Auditeur 1 : Ça a été un coup de foudre ?
Mylène Farmer : C’est un coup de foudre, oui. Je pense qu’on ne pourrait pas exercer ce métier sans ce coup de foudre.


Dominique Duforest : C’est indiscret de te demander ce que tu faisais avant de chanter ?
Mylène Farmer : Non. Avant, je faisais beaucoup d’équitation et, parallèlement, je suivais des cours de théâtre.


Dominique Duforest : Ah, d’accord ! Donc, tu avais déjà quand même un pied dans un domaine artistique.
Mylène Farmer : Une fibre artistique...


Dominique Duforest : Une fibre artistique ! Olivier, merci de ta question.
Mylène Farmer : Merci !


Dominique Duforest : (…) Si tu veux bien, on va écouter un autre extrait de ce superbe album Ainsi soit je... et, c’est une chanson que tu n’as pas écrite, c’est une chanson qui était chantée au départ par Juliette Gréco.
Mylène Farmer : Absolument : Déshabillez-moi.


Dominique Duforest : C’est une référence pour toi la chanson ou Juliette Gréco ou les deux ?
Mylène Farmer : Non. J’avoue que je connais peu Juliette Gréco. Cette chanson en l’occurrence, je l’aimais beaucoup et j’avais très envie avec Laurent Boutonnat de la réactualiser, à savoir faire d’autres...


Dominique Duforest : Un autre style...
Mylène Farmer : Un autre style, oui.


Dominique Duforest : Alors, Déshabillez-moi par Mylène Farmer, qui a laissé à tout le monde un souvenir ému le soir des "Oscars de la mode" à la télévision... (Rires de Mylène) (référence à la prestation de Mylène lors de cette soirée sur cette chanson pendant laquelle un petit bout d'un sein de Mylène avait dépassé de sa robe).


Diffusion de Déshabillez-moi.


Dominique Duforest : On rappelle la chute quand même : c’est "Déshabillez-vous", pour ceux qui ne connaissent pas la chanson.
Mylène Farmer : C’est évident, il faut la réciproque !


Dominique Duforest : Alors, une question tout de suite au standard. Allo ?
Auditeur 2 : Salut Mylène !
Mylène Farmer : Bonjour !


Dominique Duforest : Bonjour ! Ton prénom ?
Auditeur 2 : Martin (...)  Alors, je voudrais savoir comment est-ce que tu définis ton style de musique, selon toi ?


Dominique Duforest : Ah ! Question fondamentale !
Mylène Farmer : Fondamentale et difficile une fois de plus. Je pense que j’essaye de privilégier avant tout l’émotion. Quant à définir le style musical, je ne sais pas. Je pense que c’est du domaine de la variété... J’avoue que j’ai pas la notion des castes et que ça ne m’intéresse pas. Voilà ! L’émotion avant tout, je pense.


Dominique Duforest : La réponse te satisfait Martin ?
Auditeur 2 : Je suis très content.


Dominique Duforest : Merci de ta question.
Mylène Farmer : Merci Martin !


Dominique Duforest : L’émotion existe dans la variété : nous l’avons rencontrée, elle s’appelle Mylène Farmer.


(...)


Mylène Farmer : Bonsoir Nadège.


Auditeur 3 : Alors, tout d’abord, je voudrais féliciter Mylène pour tout ce qu’elle fait.
Mylène Farmer : C’est gentil.


Auditeur 3 : Je trouve que tu es vraiment une très grande chanteuse !
Mylène Farmer : Merci beaucoup !


Dominique Duforest : Ça commence bien ! La suite...
Auditeur 3 :  Ma question : comptes-tu faire un concert, notamment à Paris ou en région parisienne ?
Mylène Farmer : C’est quelque chose à laquelle je pense, que je n’ai pas encore défini. Si il faut donner des dates, je pense d’ici un ou deux ans.


Dominique Duforest : Oui... Parce que je te signale qu’en dehors de la question de Nadège, les questions sur ce sujet sont très, très nombreuses au standard. Tout le monde veut absolument te voir sur scène.
Mylène Farmer : J’en ai très, très envie aussi. C’est vrai que je veux le faire absolument aux côtés de Laurent Boutonnat qui, lui, parallèlement a d’autres projets. Donc, nous allons privilégier ces projets. Et puis le temps de la préparation, aussi, de penser cette scène me prendra une année ou deux années.


Dominique Duforest : Voilà, Nadège. Merci de cette question qui a permis de satisfaire beaucoup de gens qui voulaient avoir une réponse. Laurent Boutonnat et toi, ça fonctionne vraiment d’une façon incroyable. Cest vraiment un duo de travail extraordinaire...
Mylène Farmer : C’est fabuleux. Je crois qu’on a peu de rencontres, en tout cas, en ce qui me concerne, peu de rencontres comme ça.


Dominique Duforest : C’est ton pygmalion, un peu ?
Mylène Farmer : On peut dire pygmalion, mentor, on dit ce qu’on veut ! C’est avant tout quelqu’un que j’aime énormément évidemment et avec qui il y a un parallélisme, une correspondance énorme dans tout domaine artistique.


Dominique Duforest : En tout cas, entre autres, sur cet album Ainsi soit je..., vous avez commis une autre superbe chanson qui s’appelle Sans Logique. Elle fait partie de celles que tu aimes ?
Mylène Farmer : Bien sûr. J’espère ! (rires)


Dominique Duforest : Alors, on l’écoute !


Diffusion de Sans Logique.


Dominique Duforest : C’est Sans Logique et c’est sur NRJ et c’est Mylène Farmer. Encore une belle chanson. On va en écouter d’autres tout à l’heure, je vous promets, de cet album. On va en découvrir parce que c’est vraiment très, très bien. On a sûrement quelqu’un au standard de NRJ (...)


Auditeur 4 :  Bonjour. (...) C’est Isabelle ! (...)  Je voulais savoir pourquoi on parle si peu de Mylène Farmer dans les magazines à part quand elle sort un disque, tout ça. C’est vraiment dommage parce qu’on aimerait vraiment en savoir plus sur cette chanteuse qui a plein de talent...
Dominique Duforest : En tout cas, on va parler d’elle ce soir !
Mylène Farmer : C’est quelque chose qui est, là, volontaire. A savoir que je pense que trop parler de soi, déjà, c’est quelque chose qui ne m’est pas propre. Depuis ma tendre enfance, j’ai beaucoup de mal à parler de moi-même. D’autre part, je pense que ça démystifie très, très, très vite quelqu’un et que le public peut se lasser d’une personne... A savoir aussi bien les prestations télévisées que les interviews. Je pense qu’il faut les raréfier, voilà.


Dominique Duforest : Il est bon de se faire rare, de se faire envier, de se faire désirer je veux dire...
Mylène Farmer : C’est vrai que je préfère ça, moi.


Dominique Duforest : Parce que tu as peur de rien, toi. Je me souviens que je t’ai vue chanter devant 50 000 personnes à Marseille "Je suis libertine, je suis une catin"... Faut quand même oser, dans un stade...
Mylène Farmer : Oui. Ça, ça ne me dérange pas !


Dominique Duforest : Ça ne te dérange pas dans un cas comme ça. Tu es devant 50 000 personnes à qui tu chantes "Je suis libertine, je suis une catin". Qu’est-ce qui se passe dans ta tête à ce moment-là ?
Mylène Farmer : Je serais incapable de vous le dire !


Dominique Duforest : Tu ne peux pas ?
Mylène Farmer : Nonn ! Incapable !


Dominique Duforest : Bon, ça fait rien. On le regrette !
Mylène Farmer : C’est quelque chose d’enivrant mais, c’est la seule chose que je pourrais dire.


Dominique Duforest : En tout cas il y avait quelque chose qui nous avait bien enivré, qui avait enivré beaucoup de gens, c’était une superbe chanson qui s’appelait Tristana. Elle a quelque chose de particulier pour toi, cette chanson, Tristana ?
Mylène Farmer : Elle m’évoque la neige. C’étaient mes débuts, à savoir je suis née au Canada. J’aime la neige et la Russie.


Dominique Duforest : Ah !  Tu es née au Canada ? Ah bon ? Et, tu es canadienne de nationalité ?
Mylène Farmer : J’ai les deux nationalités.


Dominique Duforest : Aa, très pratique !
Mylène Farmer : Pas pour les impôts, je vous le garantis ! (Rires)


Dominique Duforest : Ah bon, d’accord ! (Rires) Tristana.  Mylène Farmer avec nous sur NRJ jusque 20 heures.


Diffusion de Tristana (Remix Club).


Dominique Duforest : Tristana sur NRJ, Mylène Farmer, dans sa version remix. D’ailleurs, il y a toujours des remixes importants sur tes chansons.
Mylène Farmer : Oui, j’adore ça, et Laurent aussi ! J’avoue qu’on prend un plaisir incroyable en studio que de faire des remixes.


Dominique Duforest : On dit : "On va mettre un petit bout là, on va faire ci, on va faire ça..." (Rires de Mylène)
Mylène Farmer : Oui. On travaille aux côtés d’un ingénieur du son qui s’appelle Thierry Rogen et qui adore ça aussi, donc c’est...


Dominique Duforest : Ça s’entend parce qu’en général, ils sont extrêmement réussis. (...)


Auditeur 5 : Sylvie
Mylène Farmer : Bonsoir Sylvie.


Auditeur : Je voudrais savoir quel personnage Mylène aimerait-elle interpréter au cinéma ?
Dominique Duforest : Il y a beaucoup de questions sur le cinéma. Il y a des projets d’ailleurs ?
Mylène Farmer : Pas actuellement. Je vais répondre à brûle-pourpoint. Le premier rôle qui me vient à l’esprit, ce serait le rôle de Frances Farmer.


Dominique Duforest : Joli rôle...
Mylène Farmer : Qui a été interprété par Jessica Lange...


Dominique Duforest : Et dont tu portes le nom...
Mylène Farmer : Et dont je porte le nom. Je ne l’ai pas fait exprès, presque ! (Rires)


Dominique Duforest : Tu l’as fait exprès, non ?
Mylène Farmer : Un petit peu, oui ! Et... que dire d’autre ? Voilà, c’est une femme... Est-ce que je me sens proche d’elle ? Je ne sais pas. Je pense que c’est un personnage qui est passionnant à interpréter. C’est une femme qui a eu beaucoup de mal et qui a été complètement écrasée par son milieu, en l’occurrence c’était Hollywood.


Dominique Duforest : Tu es très femme, si j’ose dire, dans tes textes etc. Quelles sont les femmes que tu admires, dans celles qui ont compté dans l’Histoire ? Il y a des femmes que tu admires en dehors de Frances Farmer ? Est-ce qu’il y a d’autres actrices, des femmes politiques, des gens comme ça, que tu admires ?
Mylène Farmer : Oui. J’aime Greta Garbo.


Dominique Duforest : Tu aurais aimé interpréter des rôles comme Greta Garbo éventuellement ?
Mylène Farmer : Je ne sais pas. C’est la femme qui m’inspirerait plus que ses rôles. Il y a une femme que je ne connais pas du tout mais vers qui je vais aller, qui s’appelle Lou Andreas-Salomé, qui a été le femme de, entre autres Freud et de Rilke, qui était un poète, et qui en l’occurrence elle aussi écrivait. Et, c’est une vie qui me passionne, vers qui je vais aller.


Dominique Duforest : (...) On a un disque maintenant que nous a demandé Mylène. C’est un groupe australien qu’on adore alors ce choix nous a ravi : c’est le groupe INXS (...)


Diffusion de Need you tonight par INXS.


Dominique Duforest : INXS sur NRJ, Need you tonight...
Mylène Farmer : Et, on peut se faire cette réflexion que de ne pas comprendre un texte, si l’on n’est pas bilingue en l’occurrence, là, ce n’est pas du tout important. C’est l’ambiance qui compte.


Dominique Duforest : Oui. Et puis le texte n'est pas très compliqué. Il est provocant d’ailleurs, comme les tiens. Et puis, je signale aux demoiselles qui ne connaissent pas encore ce groupe que le chanteur est quand même extrêmement mignon.
Mylène Farmer : Et, très, très sensuel !


Dominique Duforest : Il faut bien le dire, il faut bien le dire ! Dans un instant, on écoutera un autre extrait d'Ainsi soit je..., une chanson qui s’appelle Jardin de Vienne. C’est très beau, ça évoque quelque chose de particulier pour toi ?
Mylène Farmer : Oui, très particulier puisque j’ai connu cette personne, et c’est une personne qui s’est effectivement pendue dans un jardin de Vienne.

(...)

Diffusion de Jardin de Vienne.


Dominique Duforest : Jardin de Vienne sur NRJ, Mylène Farmer. Il est toujours extrêmement cruel de couper une chanson, surtout quand elle est très belle et, en plus quand on a l’auteur et l’interprète à côté de soi. Je suis vraiment désolé, mais il y a vraiment beaucoup de gens au téléphone qui veulent te poser des questions et tu es quand même là pour ça. Alors, on fait : allo.
Auditeur 6 : Estelle. (...) Je voulais savoir pourquoi Mylène a adopté un look spécial pour chaque chanson.


Dominique Duforest : Pourquoi pour chaque chanson un look différent ?
Mylène Farmer : Pour chaque chanson... Je pourrais appeler ça presque la toilette de l’âme. Et pour être un peu plus terre à terre, parce chaque chanson suscite un univers. Par exemple, sur Tristana ça pouvait évoquer la Russie, donc j’avais des habits qui pouvaient évoquer aussi la Russie. Sans contrefaçon, c’était un petit garçon, donc c’était abordé avec la casquette. Et puis, c’est avant tout un plaisir que de s’habiller et que de changer.


Dominique Duforest : C’est le goût du costume, c’est le goût du théâtre, c’est le goût de l’art en général, quoi…
Mylène Farmer : Oui, je crois que les personnes qui sont devant leur poste de télévision aiment aussi ce goût-là, ont le goût de l’habit, de la représentation et...


Dominique Duforest : Ça fait partie du métier...
Mylène Farmer : Je porte très, très mal le blue-jean en plus ! (Rires)


Dominique Duforest : Raison supplémentaire ! (...) Alors, à propos de clip justement, celui de Ainsi soit je... va bientôt sortir ?
Mylène Farmer : Il va sortir je crois le 17 avril... non... mai ! (Rires)


Dominique Duforest : Oui, plutôt le 17 mai puisque nous sommes déjà passé le 17 avril !
Mylène Farmer : Oui, oui. Je vais être en tournage dimanche prochain.


Dominique Duforest : Ah bon, très bien. Et alors, il y a une question qui est posée très, très, très souvent aussi. Alors, si on veut écrire à Mylène : une seule adresse, c’est la bonne, le courrier est à adresser à la maison de disques qui s’appelle Polydor (...)
Mylène Farmer : C’est très important pour moi !


Dominique Duforest : C’est très important, le courrier…Tu lis beaucoup le courrier qu’on t’envoie ?
Mylène Farmer : Je lis tout, j’ouvre tout moi-même, je réponds moi-même. Très souvent, on me dit  "Je pense que ça sera quelqu’un d’autre qui signera à ma place". Ça, c’est quelque chose que je me dois de faire. Par contre, c’est vrai qu’on a beaucoup de retard, parce qu’il y en a beaucoup et qu’on n'a pas toujours le temps. Donc d’avance, je m’excuse de ce retard !


Dominique Duforest : Alors, si vous voulez donner du boulot à Mylène, écrivez ! Sans contrefaçon sur NRJ.


Diffusion de Sans contrefaçon.

(...)

Auditeur 7 : Alors, je voudrais savoir ce que vous aimez comme lecture, et j'aimerais vous faire une proposition de scénario-roman, mais je ne sais pas où m'adresser.
Dominique Duforest : Ah. Alors ?
Mylène Farmer : Je réponds à la première question ?


Dominique Duforest : Réponds à la première question.
Mylène Farmer : Le genre de lecture... Je crois que j'aime avant tout les auteurs qui ont des âmes tourmentées. J'ai un livre de chevet, des livres de chevet d'Edgar Poe. J'aime beaucoup Baudelaire. J'aime bien August Strindberg, que j'ai découvert justement quand j'étudiais le théâtre. Mais je peux aussi aimer tous les contes, des contes extraordinaires. Je peux passer très facilement du morbide au merveilleux.


Dominique Duforest : Les bonnes lectures du soir de Mylène Farmer... Alors pour la deuxième partie de ta question, je pense que tu peux tout simplement envoyer ton projet à l'adresse que j'ai donné tout à l'heure pour le courrier de Mylène Farmer, chez Polydor (...)
Mylène Farmer : Bien sûr...


Dominique Duforest : Et ça sera transmis, c’est promis !
Auditeur 7 : Parce que je l'ai déjà fait, et puis j'ai toujours pas de réponse.
Dominique Duforest : Et bien, tu auras une réponse, Mylène a dit tout à l'heure qu'elle s'excusait, qu'elle avait beaucoup de retard. D’accord ? On te fait un gros bisou, au revoir.
Et juste avant de te quitter, je voudrais détailler, Mylène, deux, trois petits symboles qu'il y a dans le petit bouquin splendide qui a été envoyé à toutes les radios avec l'album. Alors, il y a un landau d'abord, avec deux dates qui sont 62 et 85. C'est quoi ça ? Le landau... ça a une signification ?
Mylène Farmer : Pas réellement. Le landau fait plus allusion à un corbillard ou à une tombe qu'à un landau.


Dominique Duforest : Oui, d'ailleurs il est pas très gai, ton landau... Pourquoi il y a Bambi également dans les photos ?
Mylène Farmer : Bambi, parce que je crois que c'est le personnage au monde que je préfère. J'ai vu Bambi énormément de fois et, je voudrais me réincarner en Bambi... pourquoi pas.


Dominique Duforest : Baudelaire, maintenant, on vient de savoir pourquoi : tu aimes les tourmentés et là, tu es gâtée ! Louis II de Bavière ?
Mylène Farmer : Louis II de Bavière, on avait dédicacé sur le disque de Maman a tort : 'à Louis II de Bavière', parce que c'est un homme dont la vie me fascine, c’est...


Dominique Duforest : Tourmenté également...
Mylène Farmer : Tourmenté également, oui.


Dominique Duforest : Bon, Laurent Boutonnat, maintenant on sait que vous vous adorez. Edgar Allan Poe ?
Mylène Farmer : Edgar Poe parce que, comme je le disais, c'est aussi quelqu'un qui a une écriture qui,  pour moi est l'une des plus belles écritures et puis, qui a un univers qui me fascine et dans lequel je me complais volontiers.


Dominique Duforest : Ainsi est elle : c'est Mylène Farmer. On vient de passer une heure avec toi. On en est ravis.
Mylène Farmer : Moi aussi.


Dominique Duforest : Merci Mylène ! On espère te revoir très vite. On attend avec impatience la sortie de ce clip et puis et puis... que tout aille bien. "Ainsi soit je..."
Mylène Farmer : Ainsi soit-il ! (Rires)


Diffusion de Ainsi soit je...

Recherche Interviews

Rechercher dans les interviews
de Mylène Farmer