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Mylène Farmer - Interview - JT de 20 heures France 2 - 12 décembre 2010



  • Date
    12 décembre 2010
  • Média /TV
    JT de 20 heures - France 2
  • Interview par
    Laurent Delahousse
  • Fichier
  • Catégories interviews




Laurent Delahousse : Bonsoir Mylène Farmer !
Mylène Farmer : Bonsoir !


Laurent Delahousse : Merci d'être avec nous, ce soir.
Mylène Farmer : Merci à vous.


Laurent Delahousse : On va d'abord parler de la neige. Vous savez, elle a marqué l'actualité de la semaine. Ca reste l'un des paysages qui vous pasionne le plus, toujours, aujourd'hui ?
Mylène Farmer : Que je trouve le plus joli. J'ai grandi au Canada, j'y suis née. Et, je trouve que ça embellit une ville, un pays.


Laurent Delahousse : Alors, je le disais, il y a eu cette série de concerts. Il fallait tourner une page. Elle a été dure à tourner ? Après cette série de concerts, vous avez parlé d'un vide abyssal. C'est important...
Mylène Farmer : Je ne sais pas si le vide abyssal est important mais, c'était un vide abyssal. C'est difficile. On est... comme quand on fait du sport, l'endorphine, on est gonflé, et puis après, c'est un grand vide qui lui est abyssal et, c'est presque comme une petite mort. On a l'impression de n'être plus rien, de ne servir à rien. Et, c'est là...


Laurent Delahousse : Et donc, vous vous êtes retrouvée face à cette feuille blanche. C'était ça aussi le pari, se retrouver en face de cette feuille, écrire, retrouver l'inspiration. C'est ça qui vous a...
Mylène Farmer : C'est une rencontre avant tout. C'est Moby qui m'a envoyé - l'artiste Moby - qui m'a envoyé, je crois dix-sept chansons. Et, parce que ce vide abyssal, tout d'un coup, je me suis dit, il faut que je le remplisse, parce qu'on a l'impression comme je le disais de n'être rien. L'ennui vous gagne, l'ennui de soi. Toutes ces choses.


Laurent Delahousse : Et il ne vous a pas fallu tellement de temps pour écrire ces textes. On va y revenir. On va parler justement de cet album. Evolution, révolution. On passe de la lumière au sombre, du bleu au noir. Nouveauté, évolution mais aussi continuité. On y retrouve votre écriture, votre style. Le nouvel album s'appelle donc Bleu Noir. C'est un chapitre de plus du roman à succès que vous écrivez. C'est ce que nous raconte Abdel Mostefa, Jean-Jacques Le Garrec. Et, on se retrouve juste après.


Diffusion du reportage.


Laurent Delahousse : Alors, Mylène Farmer, le mystère opère toujours. Certains cherchent toujours à décrypter ce mystère. Est-ce que finalement, ce qui vous caractérise le plus, c'est la liberté ?
Mylène Farmer : En tout cas, la liberté de dire 'non' ! Et c'est un vrai privilège. Et puis, après le 'non', le 'oui' arrive.


Laurent Delahousse : C'est une belle liberté pour une artiste aujourd'hui de faire des choix, de faire ce qu'elle a envie de faire, avec qui elle a envie de le faire.
Mylène Farmer : (Mylène acquiesce) C'est une liberté. C'est vrai qu'au sein même de ma maison de disques, c'est une liberté. Je fais ce que je veux. J'ai effectivement un patron de maison de disques qui me suit, qui est quelqu'un de formidable, de compréhensif, d'intelligent. Et puis, à nouveau, cette liberté, oui, de faire ce que je veux, au moment où je le veux. Et une fois de plus, le non est important. Parce que c'est un privilège une fois de plus.


Laurent Delahousse : Et, liberté de choisir les gens avec qui vous avez travaillé. Moby, vous en avez parlé, Archive...
Mylène Farmer : Oui.


Laurent Delahousse : C'est ça ? Je ne me trompe pas ?
Mylène Farmer : Un groupe anglais.


Laurent Delahousse : RedOne
Mylène Farmer : RedOne également. Oui...


Laurent Delahousse : C'est une page qui se tourne aussi. En tout cas, c'est une nouvelle séquence puisque vous avez toujours, quasiment, travaillé avec Laurent Boutonnat, je crois...
Mylène Farmer : Oui, et je continuerai de travailler avec Laurent Boutonnat, bien évidemment. Laurent, lui, est en train d'écrire un scénario, va réaliser probablement ce long métrage. Et puis, c'est surtout une histoire de rencontres plus que quelquechose de très préméditée. Une fois de plus, Moby m'a envoyé ce cd de démo. Et puis, parce que, ce vide, parce que, ce manque, cet ennui de moi, cet ennui de tout. J'ai eu envie de mettre des mots sur une page qui fut blanche mais qui ne l'est plus. (Rires.)


Laurent Delahousse : On continue avec ce mot 'changement'. Une voix qui est plus présente. C'était une vraie volonté ?
Mylène Farmer : C'est une volonté. J'avoue, souvent, j'ai demandé à Laurent, puisqu'on en parlait de mettre ma voix plus en avant et, là puisque finalement j'étais chef d'orchestre, je me suis dit: "allez, permettez, j'allais dire et permettons" de mettre ma voix plus en avant.


Laurent Delahousse : Et puis, on retrouve également de la mélancolie avec une chanson, Leila, qui est écrite, en fait, en destination de la fille du shah d'Iran qui s'est donnée la mort. C'est cela ?
Mylène Farmer : Là encore, c'est une rencontre. J'ai rencontré la maman de Leila, je ne la connaissais pas, et, j'ai rencontré une femme d'une grande dignité, une femme très belle. Et puis, la personne qui m'a présenté cette femme, m'avait dit que sa fille, donc, Leila qui est décédée, écoutait beaucoup ma musique, ce qui m'a évidemment beaucoup touchée, sans narcissisme aucun... c'est juste, son histoire m'a touchée. Le fait qu'elle ait due partir de son pays, et puis, voila... Et puis, j'ai rencontré à nouveau, une deuxième fois, cette femme et je lui ai présenté et la chanson ,et le clip qui illustrait cette chanson. Et, c'était un moment qui était incroyable d'émotion, de pudeur aussi. Et là, actuellement, je lis la biographie donc de sa maman qui semble être extrêmement et touchante, et intéressante. Passionnant.


Laurent Delahousse : Dernière question, sur cette musique, sur cette chanson qui s'appelle "Diabolique est mon ange" (sic). Le tic tac du temps qui passe. Il vous fait peur parfois ce temps qui passe, ou pas ?
Mylène Farmer : Il est effrayant puisque Baudelaire disait : "Horloge", "L'Horloge" , le fameux poème: "Horloge - Dieu sinistre effrayant impassible" etc, etc. Oui, ça m'obsède, ça m'angoisse mais...


Laurent Delahousse : En revanche, il y a des parenthèses enchantées. 'Heureux', ce n'est pas un mot qui est exclu de votre vocabulaire, bien au contraire ?
Mylène Farmer : Non. Je crois que comme tout le monde, il y a des moments de joie, des moments plus sombres, des moments de doutes. Mais, non, je n'ai pas l'impression de me distinguer...


Laurent Delahousse : Il est si diabolique que ça votre ange ?
Mylène Farmer : Il est diabolique. (Rires.)


Laurent Delahousse : Réellement diabolique. Un mot, un dernier mot. Du cinéma. On en avait parlé la dernière fois où on s'était rencontrés et également sur ce plateau. C'est un projet que vous avez toujours en tête 
Mylène Farmer : Toujours en tête.


Laurent Delahousse : Qui aboutira dans les mois qui viennent ?
Mylène Farmer : Je le souhaite. Maintenant, on sait que le cinéma c'est quelque chose qui est long. Il faut être patient, il faut être confiant. En tout cas, c'est un joli projet, je le pense toujours.


Laurent Delahousse : Merci beaucoup. C'est toujours très agréable de vous avoir sur ce plateau.
Mylène Farmer : Merci à vous.


Laurent Delahousse : Merci beaucoup Mylène Farmer d'être venue ce soir. Ça s'appelle Bleu Noir et c'est déjà en tête des ventes. On vous reverra en concert bientôt ?
Mylène Farmer : Je le souhaite mais je vais prendre un petit peu de temps car c'est un travail de longue haleine.


Laurent Delahousse : Nous aussi, et on va viendra vous voir.
Mylène Farmer : Merci.


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