Ce clip est le second de
la carrière de Mylène (après celui de
Maman
a tort qui
n'avait coûté que 5 000 francs), mais le premier
pouvant être assimilé à
un vrai court-métrage scénarisé: d'une
durée de plus de sept minutes, il a
été tourné en cinémascope
et a bénéficié d'un budget de 330 000
francs.
"Pour moi, le clip est un moyen de raconter une histoire"
(Laurent
Boutonnat - Starfix N°35)
On retrouve Mylène au début du clip
dans un
cimetière, poussant un landau avant de s'arrêter
devant une tombe qui porte son nom, une date de naissance (il est
noté 1962 et non 1961 l'année de naissance de
Mylène, peut-être un moyen pour Mylène
de faire comprendre qu'il ne s'agit au final pas vraiment d'elle) et
une date de mort (1985).
Place à un flash-back dans lequel on retrouve
Mylène dans
un château lugubre où règne une
ambiance oppressante
Déjà beaucoup de symboles que l'on retrouvera
souvent
dans l'imagerie farmerienne: les références
à la religion, les angoisses ou cauchemards de l'enfance,
le difficile passage à l'adolescence (ou à
l'âge
adulte?) avec les paradoxes liés à cette
difficile transition dans
la vie de chacun symbolisé dans ce clip par un acte
sexuel semblant à la
fois redouté et désiré.

Laurent Boutonnat, le réalisateur a obtenu une aide
financière de
Polydor. Mylène venait de signer un contrat avec
Polygram-Polydor pour trois albums et le storyboard a séduit
la maison de disques qui a alors accepté de
devenir co-productrice de la
vidéo.
Laurent Boutonnat avait déjà
réalisé avant ce clip, à
l'âge de seize ans, un long métrage
intitulé "La Ballade de la fée
conductrice" distribué dans les cinémas d'art et
d'essai.
Laurent Boutonnat a essayé de faire enregistrer le
clip auprès du CNC (Centre National du Cinéma)
afin qu'il soit considéré comme un
court-métrage.
Comme ce sera le cas pour d'autres clips de Mylène les
années suivantes,
Plus
Grandir a été diffusé en
avant-première dans un cinéma (le Kinopanorama)
le 13 novembre.
Le tournage a duré cinq jours.
Une journée en extérieur (cimetière de
Saint-Denis en banlieue parisienne) et quatre jours dans les Studios
Sets à Stains.
Trois heures de maquillage et trois maquilleurs professionnels ont
été nécessaires pour vieillir
Mylène de cinquante ans.
La photo du clip est signée par Jean-Pierre Sauvaire. Venu
de la pub, il collaborera sur de nombreux clips de Laurent Boutonnat.
La presse est élogieuse
Des articles dans Starfix, Numéro1, OK... (
à lire dans la rubrique presse du
single Plus grandir
ici)
Et déjà la censure!
"
Bonsoir le clips
(
émission
diffusée à l'époque sur Antenne2 vers
minuit) n'en a pas voulu parce qu'il le trouvait trop
morbide
(...) Refusé par les juke-box à clips. Une
compagnie américaine qui est en train de monter un
long-métrage avec une sélection des meilleurs
clips de tous les pays m'a renvoyé la cassette en disant
qu'ils l'adoraient mais qu'il ne fallait pas toucher à la
religion" (Laurent Boutonnat - Starfix N°35).
Mylène dans la création du clip:
"J'ai fait le story-board et j'ai confectionné la
poupée
que l'on voit dans le clip et surtout je me suis
intéressée de A à Z à
l'histoire".