Mylène Farmer Tour 2009 - Interview Dimitri Vassiliu
Sommaire des interviews Mylène Farmer Tour 2009
INTERVIEW DE DIMITRI VASSILIU
Créateur des lumières du Mylène Farmer Tour 2009
Vidéo Mylène Farmer Stade de France (Bonus "Le rayon vert") - 2010
Ce que j'aime, moi, c'est faire la conception et tenir la console. Faire de la lumière. C'est la première fois qu'on travaille ensemble. Thierry (Suc, ndlr) m'a demandé si je voulais le faire et j'ai répondu, "Bien sûr !". La question ne s'est même pas posée une seconde, parce que j'aime bien Mylène et que j'ai toujours été voir ses shows pour prendre du plaisir à voir un show. Il y a un esprit, une direction. Quand tu bosses avec eux, tu pars avec eux dans leurs délires.
Moi, j'ai beaucoup bossé avec Laurent (Boutonnat, ndlr), en accord complet avec lui sur ses décisions, sur ses goûts. Il m'a apporté beaucoup dans la création des lumières.
Le premier rendez-vous, j'ai découvert le projet de décor. Travailler sur un décor de Mark Fisher, c'est plutôt sympa (rires). Puis, on a travaillé sur le décor, sur les matières du décor avec l'équipe qui fabriquait le décor. On est allé faire des repérages, plusieurs fois. Voilà, c'est tout un petit puzzle qui s'est assemblé au fur et à mesure.

J'ai eu une vraie angoisse, c'était de me retrouver sans fumée et qu'on ne voit pas les faisceaux lumineux. Donc, le challenge c'était d'arriver de faire de la fumée en stades.
Il y a plein de contraintes techniques. Le moindre angle de projecteur qui se projette sur le sol et qui va éclairer une statue, c'est un cauchemard. La moindre poursuite qui va éclairer le musicien alors qu'il ne joue pas, tout ça, c'est... on ne peut pas y échapper. Mais, c'est pas mal car, c'est ça qui fait avancer. C'est d'essayer d'éviter des contraintes qui fait qu'on découvre des choses.

Travailler avec la lumière, avec l'image et avec les musiciens tout en même temps, c'est un confort. On sait ce qu'on doit faire, on sait où on doit éclairer, il n'y a pas à réfléchir quand on a un réalisateur comme ça . Une artiste qui va se placer là où elle a envie de se placer, c'est parfait.
J'ai monté une équipe de quatre consoles dont moi. Chacun avait sa mission. Il y en avait un qui ne s'occupait que du mur, qu'on appelait le mur de ? qui est au fond sous le décor, qui est en fait une sorte de vidéo avec des lampes, qui gérait tout ce qui est LED, LED qu'il y a partout dans le décor, qui descendent, qui montent, tout ça. Et, des chorégraphies. Les chorégraphies, c'est aussi dur à éclairer que les décors parce qu'il faut qu'on les voit sans détériorer les costumes, qui prennent du relief, qu'on voit les mouvements, qu'ils ne restent pas sur une ligne. Et, c'est pour ça qu'on a mis une personne que pour ça, qui a appris en fait les chorégraphies. Il y en avait un autre qui, lui, s'occupait d'éclairer les musiciens, le public et puis, derrière le décor. Et, un autre qui, lui, avait tous les effets lumière, tous les mouvemements, tout ça. Et moi, je m'occupais des lasers.
Je les connais bien et, chacun avait sa mission. Ils savaient qu'il ne devait pas polluer l'autre et faire de la place aux autres. C'est à dire que de temps en temps, quand ils peuvent se couper, ils se coupent.
Il n'y a pas une image d'Alain (Escalle, concepteur des images de scène,ndlr) qui est pareille. Je ne suis pas allé en opposition. J'avais préparé, moi, des teintes qui allaient avec ces images. Et puis, des fois, lui, il laissait la place complètement, parce que quand on voit l'échiquier qui passe, ça sert à rien de l'éviter. Il y avait juste à rajouter un petit peu de blanc pour éclairer les chorégraphies et puis c'est tout. Et puis, prendre la place de temps en temps quand il y a un creux dans l'image, reprendre ma place. C'est un nouveau tableau à chaque fois, vraiment différent. Chaque titre a une histoire, un vécu, quelque chose à raconter. Passer du techno au rock, du gothique au sexy.

Moi, je voulais mettre du laser que pour des raisons recherchées c'est à dire pas mettre du laser gratuitement dans les titres où ça bouge spécialement. Je voulais mettre du laser pour qu'il parle d'un truc et, la voir au milieu de ce cône de laser avec Yvan Cassar, j'avais vraiment envie de ça. Et puis, faire entrer les gens dans le laser avec elle. Et, le cône pour ça c'est génial, les gens ont vraiment l'impression d'être sur scène avec elle.

L'étoile c'était juste le passage piano-voix, donc le passage intime. Et puis, ça s'est transformé en un lieu magique. Là, il a fallu le faire vivre. Pour finir, on l'a mis en couelur.
J'ai rencontré Yvan (Cassar, ndlr) sur cette tournée. Je ne le connaissais pas avant. Et, c'est un mec génial. Il se passe quelque chose, c'est un vrai échange. Ce rapport avec Mylène quand ils ne sont que tous les deux, c'est génial.
Quand elle retourne sur scène pour disparaître avec les projos qui se lèvent, j'avais mis en valeur l'endroit et puis, quand je l'ai vue revenir, je me suis dit, si à chaque fois qu'elle marche sur un truc ça se lève, ça peut être magique.
Il fallait vraiment que les gans fassent partie du show. C'est quelque chose dont on a parlé avec Laurent et avec Mylène. Que les gens ne se sentent pas isolés du spectacle. Qu'ils la voient sur scène et en grand sur les écrans et que, eux, ne se sentent pas passifs. C'est eux le show aussi. Quand ils applaudissent, quand ils sont debout, quand ils pleurent.
Voir la scène, voir l'écran, me tourner, voir les gens, c'était un vrai plaisir.

La caméra qui passe au-dessus, l'éclairage du public, moi, je me suis régalé.
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