Engouement
C'est du jamais vu pour un clip de Mylène !
Le clip Des lols et des quoi, réalisé par Thierry et Didier Poiraud, mis en ligne sur YouTube vendredi 11 septembre à midi, vient de dépasser le million de vues en moins de 6 jours (5 jours et 18 heures précisément).
Un résultat incroyable si l'on compare à des clips précédents, ayant pourtant eux aussi réalisé de gros scores :
En 2022, À tout jamais avait mis 40 jours pour atteindre ce seuil.
En 2018, Rolling Stone cumulait le million de vues en 43 jours. Grosse performance en duo avec LP, cette même année, le clip N'oublie pas ayant franchi le cap du million en 8 jours.
Même Stolen Car, dont les scores étaient pourtant boostés par la présence de Sting, n'avait pas autant performé : 1 million en 7 jours.
Très bon démarrage également sur les plateformes de streaming.
Sur Spotify, 255 762 streams en 5 jours et 4ème titre le plus écouté ; si l'on compare à Rayon vert, le deuxième single du précédent album, c'est nettement supérieur.
Sur Deezer, le titre est déjà numéro 1 parmi les titres de Mylène les plus écoutés devant Désenchantée et C'est à qui le tour.
Débats et polémiques
Les paroles
Les nombreux commentaires postés sur notre site ou ailleurs, ainsi que les articles des médias, démontrent qu'une lecture trop partiale de ces paroles semble irrémédiablement vouée à l'échec.
Beaucoup sont convaincus d'une mise en exergue navrée de l'appauvrissement de notre langue ce qui conduit, selon la sensibilité de chacun, à traiter Mylène de "réac" ou, a contrario à la désigner porte-parole d'une cause sociétale proclamée essentielle, qui s'apparenterait à un vrai déclinisme.
Les échanges sont parfois houleux au point que certains deviennent contempteurs envers ceux qui ne partagent pas la même lecture.
L'écriture de Mylène aime jouer sur l'ambiguïté et ne se veut pas toujours explicite afin de laisser justement chacun faire sa propre interprétation jusqu'à s'approprier la chanson.
On se souvient des paroles du titre À tout jamais qui, lors de sa publication en 2022, avaient conduit à des décryptages aussi divers que convaincants avant que ne soit révélée la thématique de l'emprise.
Sans entrer dans une analyse détaillée (beaucoup l'ont déjà fait et avec brio), on peut ressentir après la lecture du texte que le français est une langue vivante et qu'il doit le rester. Pour cela, il faut peut-être accepter son évolution, même si elle peut parfois interroger, déconcerter ou déplaire ("Ronsard est las"). On peut contribuer à cette évolution sans pour autant renier l'acquis ni le passé ("Ronsard est là").
Il est amusant de noter qu'à la fin du titre, Mylène enchaîne des expressions argotiques issues d'époques différentes. Comment mieux symboliser la dynamique imparable de notre langue ?
Enfin, beaucoup ont focalisé sur la (presque) conclusion de la chanson : "MF C'est le S... sexy".
Deux hypothèses :
Hypothèse 1 : référence à l'expression marseillaise "C'est le S(ang)" (c'est-à-dire la famille) remise au goût du jour par Jul : "J C'est le S". Mylène l'a fait sienne, avec une possible référence au "C'est Sexy" de California (ou aux "Sexy" répétés de Dégénération) et une harmonieuse allitération puisque la langue a une musique.
Hypothèse 2 : "MF - C'est le S... sexy" : ça va faire fureur lors des prochains concerts !
Laquelle préférez-vous ?
Le clip
Le respect des mots ("Les mots sont nos vies") est essentiel : l'usage qu'on en fait, en particulier dans nos échanges et les conséquences fondamentales que cela induit dans l'évolution d'une société.
Le clip, dans son ambiance dystopique, démontre de façon très explicite ce que représente une censure des mots si élective. Ne plus respecter la liberté des mots est le signe annonciateur ou révélateur d'une censure plus large, d'une dictature de la pensée.
Le clip précédent, C'est à qui le tour, abordait déjà cette thématique de l'amputation de nos libertés et des dangers de la censure.
Une petite analyse parmi tant d'autres. Mylène, à travers ses créations, n'a décidément pas fini de nous faire réfléchir sur bien des sujets affectant nos vies. "C'est comme ça. Ah, la la la la."
Un anonyme
le 17/09/26 à 09:16 top comm'