Les années Anamorphosée et Tour 1996

Le Mag - MCM, le 08/06/1996

Il y a des musiciens qui sont vraiment formidables. Je suppose qu’on dit ça à chaque fois qu’on fait une tournée ou un album, mais là, j’avoue que j’ai une chance énorme. Ils sont pour la plupart, si ce n’est la totalité en fait, américains sauf Yvan Cassar, qui est le chef d’orchestre. Les musiciens français sont très bons musiciens; on n’est pas en train de faire des séparations. J’ai également des danseurs qui sont de New York. Donc c’était plus simple aussi pour les répétitions.

Le Mag - MCM, le 08/06/1996

C’est quelque chose que j’espère ne jamais perdre cette émotion que me procure le public. Et moi, j’essaie de donner autre chose que justement des choses très établies, très structurées.

Le Mag - MCM, le 08/06/1996

Dans la mesure où plusieurs personnes vous posent cette question : « Mais quel est votre public aujourd’hui ? », j’avoue que j’y ai pensé moi-même, que je l’ai un petit peu entraperçu sur l’album – des visages nouveaux. Et ma foi, là, j’ai un public, je crois, plus d’hommes aujourd’hui que je ne l’avais avant. En tout cas, un public vraiment chaleureux. J’ai une chance énorme pour ça, vraiment !

Le Mag - MCM, le 08/06/1996

Faisant référence au dernier clip, avec Abel Ferrara, quand on a parlé donc du sujet du clip, je voulais, moi, interpréter une prostituée, et il m’a demandé : « Mais quel type de prostituée ? ». Je lui ai dit : »‘Pas une victime. Je ne veux pas être une victime dans ce clip ».

Le Mag - MCM, le 08/06/1996

Il y a des prostituées dans la vidéo. Pour la plupart, ce sont de réelles prostituées. Et, j’ai eu ce sentiment qu’elles n’étaient elles-mêmes pas des victimes, qu’elles avaient réellement choisi leur métier. Où est la vraie vérité, la réalité ? Je n’en sais rien. Mais une sensation de liberté, en tout cas, dans leur métier.

Le Mag - MCM, le 08/06/1996

Totale liberté, total contrôle, et surtout total plaisir et c’est bien plus intéressant que le contrôle lui-même.Chaque département, c’est vraiment important, aussi bien l’image, cette idée de l’écran, et puis toutes les surprises qui se passent pendant ce spectacle. J’ai moi-même quelques chansons qui sont chorégraphiées par moi. Et j’ai fait appel à deux autres chorégraphes : un qui est français, et qui est sur scène également, qui est un des danseurs et puis un autre qui vient des Etats-Unis qui a illustré, donc, une chanson.

Le Mag - MCM, le 08/06/1996

Pour ce spectacle, ça s’est fait relativement spontanément. J’avais envie de parler de ce spectacle, c’est vrai. J’avais envie de faire partager ça avec les personnes qui m’aiment bien.

Le Mag - MCM, le 08/06/1996

Optimiste, je ne pense pas. Positif, oui, j’essaie de l’être. Et ça, c’est ma quête d’aujourd’hui : essayer de rendre les choses un peu plus faciles, un peu plus vivantes, et de ne m’intéresser qu’au moment présent. Et, dans le fond, c’est ça, il me semble, la vraie force que moi j’ai pu trouver, et que n’importe qui peut trouver. C’est essayer de ne plus être envahie ni par un passé qui peut être ou encombrant ou douloureux, et essayer de ne pas trop se projeter dans le futur qui est toujours une source d’interrogations ou de grands vertiges. C’est la réponse que j’ai trouvée, c’est vivre le moment présent et essayer de comprendre que c’est important.

Le Mag - MCM, le 08/06/1996

J’ai commencé ce métier il y a près de douze ans, je crois, le clip commençait d’être quelque chose d’important pour la chanson. J’ai eu la chance de travailler avec Laurent Boutonnat, donc d’avoir quelqu’un de grand talent, et à la fois d’idées et de conception. L’idée de jouer est quelque chose que j’aime. J’aime l’image. J’aime le cinéma profondément. C’est quelque chose que j’aime toujours faire. Ça fait partie de désirs, c’est-à-dire de ne pas se dire : »Tiens encore une chanson, encore un clip ». Mais, à chaque fois, de ré-envisager la chose, et de se dire que c’est toujours aussi important. Et ça l’est réellement pour moi.